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Économie – Social

Côte d'Or : à 10 jours de la rentrée, le flou artistique des contrats aidés

jeudi 24 août 2017 à 9:27 Par Lisa Guyenne, France Bleu Bourgogne

Le 9 août, la ministre du travail Muriel Pénicaud annonçait la volonté du gouvernement de réduire drastiquement le nombre d'emplois aidés dans toute la France. Motif : ils seraient trop coûteux et inutiles. Mais les principaux concernés ne sont pas de cet avis.

La fin des contrats d'avenir ?
La fin des contrats d'avenir ? © Maxppp - PHOTOPQR/L'ALSACE

Dijon, France

Coup dur. Le lendemain de l'annonce du gouvernement, les contrats d'avenir qui n'avaient pas encore été signés au 10 août ont été... gelés, tout simplement. C'est le cas de Romuald, Dijonnais de 34 ans, qui devait signer un contrat aidé en tant que professeur de musique dans le périscolaire. Enfin, en théorie.

"Ca fait plusieurs mois que c'était prévu, pour une signature en septembre. Malheureusement, en août, je me présente à Pôle Emploi pour une formalité et là... On me dit que ce n'est plus possible de signer."

Des contrats bloqués dès le mois de juin, "aucune" directive

C'est la douche froide pour le musicien, qui assure qu'on ne lui a donné "aucune" directive, si ce n'est, peut-être, des nouvelles "à l'automne". Du côté des employeurs, c'est aussi la confusion. Denis Chauvel, délégué général de la Ligue de l'enseignement de Côte d'Or, une association éducative, a carrément vu certains de ses contrats bloqués depuis le mois de juin.

"On nous a dit, dès le mois de juin, que la signature d'emplois aidés, les emplois d'avenir en particulier, n'était plus possible en Côte d'Or."

Résultat, Denis Chauvel a dû différer des embauches et des projets. Et contrairement à ce qu'avance le gouvernement, pour lui, ces contrats avaient toute leur utilité - pour l'employeur comme pour l'employé.

"On serait tenté de précariser les travailleurs"

"Il y a 2, 3 ans, trois de nos contrats d'avenir ont pu être pérennisés et ont abouti à des CDI. Si nous n'avions pas eu cette aide, financée par l'Etat à hauteur de 75% du SMIC par personne, je ne suis pas sûr qu'on aurait pu avoir ces 3 personnes en CDI." Pour lui, la disparition de ces contrats signerait la fin d'une certaine sécurité de l'emploi pour ces travailleurs. "Si on n'a plus cette aide, on sera tenté de faire des contrats plus courts - des CDD - et donc, d'inscrire les gens dans une certaine précarité."

Seule consolation, pour l'association de Denis Chauvel qui officie dans le milieu éducatif : "On croit savoir que l'éducation nationale sera encore préservée pour certains contrats, en particulier pour les jeunes en situation de handicap."

Pour l'instant, il est trop tôt pour s'avancer, dit-il. Mais le délégué général redoute un scénario en particulier. "Si les contrats d'avenir prennent fin, certains pourraient être tentés de basculer sur des services civiques. Pour nous, ce serait une aberration : un service civique n'est en aucun cas un emploi. C'est une mission de volontariat."

D'autant que le service civique est rémunéré 500 à 600€ nets mensuels... Contre, au minimum, un SMIC pour les contrats aidés.