Économie – Social

Corneilla-la-Rivière vent debout contre le parc éolien catalan

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon vendredi 3 avril 2015 à 19:01

Les éoliennes implantées sur la commune de Pézilla-la-Rivière
Les éoliennes implantées sur la commune de Pézilla-la-Rivière © Mathieu Ferri / Radio France

Les élus du village attaquent au tribunal administratif le permis de construire de la voisine Pézilla-la-Rivière. Motif : six éoliennes de cet immense parc sont à quelques mètres à peine de la limite entre les deux communes. Et selon eux, c'est bien Corneilla qui subit tous les désagréments sans l'avoir demandé.

C'est une histoire de voisinage qui brasse beaucoup d'air, entre Corneilla-la-Rivère et Pézilla-la-Rivière. Au centre du jeu : le parc éolien catalan, en cours de construction dans le Ribéral. 35 éoliennes sont en train d'être montées sur les communes de Pézilla-la-Rivière, Villeneuve-la-Rivière, Baixas et Calce.

Sur ces 35 éoliennes, 6 posent particulièrement problème à Corneilla : elles vont être installées chez les voisins de Pézilla, mais à seulement quelques mètres de la limite entre les deux communes. En bref, depuis la village Pézilla on ne verra quasiment rien, mais à Corneilla on aura l'impact visuel sans l'avoir demandé... Corneilla a donc attaqué le permis de construire de Pézilla au tribunal administratif de Montpellier, pour le préjudice qu'elle subit en tant que commune voisine. L'audience a eu lieu le 26 mars dernier au tribunal.

Selon Marc Madine, conseiller municipal délégué à l'environnement à Corneilla-de-la-Rivière, sa commune est doublement touchée. Sur le plan environnemental, et sur le plan économique. Ces éoliennes, non-voulues par Corneilla, impactent sa qualité de vie, et dénaturent le paysage, et particulièrement les chemins de randonnées menant à Força Real, un des sommets symboliques du Roussillon.

"Nous nous sentons spoliés"

  • Marc Madine, conseiller municipal en charge de l'environnement

Quant au développement économique, il est mis à mal, plaide l'élu. Le plan de prévention des inondations interdit à Corneilla de se développer au sud. Seule possibilité : le nord-est, aujourd'hui impacté par la construction des éoliennes. Et sachant qu'il est impossible de construire à moins de 500 mètres d'un mât, les élus de Corneilla se sentent spoliés. Et la loi pourrait porter cette limite à 1 km. "On nous vole 1.000 mètres sur 3 kilomètres de long " insiste Marc Madine.

Une éolienne en cours de montage à Pézilla-la-Rivière - Radio France
Une éolienne en cours de montage à Pézilla-la-Rivière © Radio France

A Pézilla-la-Rivière, le maire Jean-Paul Billès avoue avoir été "surpris " par la démarche de ses voisins, mais assure qu'"il n'y a pas de contentieux avec Corneilla ". Et pour lui, tout est "question d'appréciation". Et d'ajouter : "on aime ou on n'aime pas les éoliennes. On aime ou on n'aime pas les poteaux électriques ". 

"Ce n'est pas nous qui avons décidé de l'emplacement des éoliennes, mais l'opérateur"

  • Jean-Paul Billès, le maire de Pézilla-la-Rivière

Il précise que ce n'est pas la municipalité de Pézilla qui a choisi l'emplacement des éoliennes sur son territoire, mais l'opérateur du parc. Il ajoute qu'il n'y a pas eu de volonté délibérée de nuire aux intérêts de la commune voisine.

Les élus de Corneilla espèrent désormais que le vent tournera en leur faveur. La décision du tribunal administratif de Montpellier doit être connue dans une dizaine de jours.

René Parramon est adjoint au maire de Corneilla-la-Rivière, en charge de l'urbanisme