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Coronavirus : à Marseille, la misère n'est pas moins pénible au soleil

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Provence

Dans une ville qui comptait déjà 200.000 pauvres avant l'épidémie de Covid-19, la crise sanitaire n'arrange rien : en 2021, la pauvreté et les inégalités, déjà endémiques, menacent d'exploser et de creuser encore davantage les écarts entre les quartiers et les différentes populations.

Dans le 3e arrondissement de Marseille, plus d'un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté.
Dans le 3e arrondissement de Marseille, plus d'un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté. © Radio France - Fred Chapuis

Après la crise sanitaire liée au Covid-19, la crise économique et sociale en 2021. À Marseille et en Provence, on mesure déjà les effets du coronavirus et de la mise à l'arrêt, totale ou partielle de l'économie. Hausse du chômage, plans sociaux et une précarité voire une pauvreté toujours plus criante. 

200.000 pauvres à Marseille avant la crise

Avant 2020, avec un taux moyen de pauvreté de 25% selon l'Insee, c'est-à-dire vivre avec moins de 1.000 euros par mois, Marseille se situait déjà parmi les villes les plus pauvres en France et même en Europe. Désormais cette précarité touche aussi des populations jusque là épargnées. Comme des retraités et les bas salaires, appelés travailleurs pauvres, ceux qui doivent souvent cumuler les boulots pour péniblement joindre les deux bouts. 

"Tout le monde en est arrivé à faire plusieurs boulots" - Patricia, commerçante à Marseille

Comme Patricia, 60 ans, une Marseillaise qui vit seule, sans enfant, ni conjoint. Commerçante, elle vend des bijoux sur le marché de la Belle de Mai dans le 3e arrondissement, mais depuis le premier confinement, elle cumule les boulots pour s'en sortir. "Même au début du mois c'est difficile, raconte la commerçante derrière son étal à bijoux. Je compte, je fais comme tout le monde, des fois je fais des ménages à gauche, à droite pour boucler mes fins de mois. Tout le monde en est arrivé à faire plusieurs boulots. Je travaille le matin, des fois le soir, faire des bureaux, des petits boulots".

Patricia cumule plusieurs boulots pour joindre les deux bouts.

À Marseille, ils sont désormais des milliers à vivre des fins de mois difficiles. Fred Chapuis a rencontré ces Marseillais pour France Bleu Provence.

Des retraités, bas salaires, travailleurs non déclarés, ils sont toujours plus nombreux à galérer à finir le mois.

"La fin du mois, c'est vers le 10 ou le 15 désormais." - Danielle, retraitée marseillaise

"La fin de mois, c'est vers le 10 ou le 15". Danielle, bientôt 72 ans, est propriétaire de son appartement dans le 3e arrondissement, mais avec sa petite retraite, elle ne fait aucun excès, surtout depuis qu'elle est veuve. "J'ai une vieille voiture de 23 ans, je prie tous les jours pour pas qu'elle tombe en panne parce qu'il faudrait la changer". Privée de théâtre et d'opéra, fermés à cause de la crise sanitaire, Danielle garde un tout petit plaisir : "Ma folie c'est le coiffeur et les couleurs". 

Comme Danielle, qu'il croise aux Restos du cœur de la Belle de Mai, Saïd, un bénévole de 78 ans vit avec moins de 500 euros de pension par mois. Une petite retraite car il a fait l'essentiel de sa carrière à l'étranger. Pourtant, l'homme ne se plaint pas : "J'ai pas de frais de loyer. On y arrive mais en faisant très attention." 

Au centre de la Belle de Mai, 2.200 Marseillais bénéficient de l'aide des Restos du coeur.
Au centre de la Belle de Mai, 2.200 Marseillais bénéficient de l'aide des Restos du coeur. © Radio France - Fred Chapuis

Des petits retraités toujours plus fragilisés par la crise. Ils sont d'ailleurs plus nombreux à pousser la porte des Restos du cœur. De nouveaux bénéficiaires à côté des habituels migrants, sans papiers, mères isolées, explique Fanette Guichard, bénévole responsable du centre de la Belle de Mai : "Des retraités oui, mais aussi des personnes au chômage ou qui travaillent au noir et qui n'arrivent plus à finir le mois. Le profil des bénéficiaires est vraiment diversifié"

Et le nombre de cesse de grimper. En ce début d'année 2021, quelque 2.200 inscrits soit plus de 600 familles, sans papiers, migrants, demandeurs d'asile, mères isolées, retraités et travailleurs pauvres, bénéficient de l'aide des Restos du cœur de la Belle de Mai. 

Chaque bénéficiaire des Restos du coeur reçoit un sac de nourriture et produits essentiels par semaine.
Chaque bénéficiaire des Restos du coeur reçoit un sac de nourriture et produits essentiels par semaine. © Radio France - Fred Chapuis
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