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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : à Perpignan, la métamorphose d'une entreprise d'insertion pour produire des masques

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Père Pigne, une entreprise d'insertion du quartier Saint-Jacques à Perpignan, vient de décrocher un contrat avec le gouvernement. La ville de Thuir a aussi commandé plusieurs milliers de masques.

Une des couturières de Père Pigne, à Perpignan
Une des couturières de Père Pigne, à Perpignan © Radio France -

Au téléphone, le président de l'entreprise Père Pigne a du soleil dans la voix ce mardi matin. "Nous venons de décrocher le marché avec l'État pour produire 36.000 masques par semaine, s’enthousiasme Mickaël Marras. Ça signifie plusieurs chaines de production en plus et, surtout, 22 employé(e)s supplémentaires !"

"Montrer que le quartier Saint-Jacques peut aussi être une terre de solutions."

Avant le confinement, Père Pigne était une petite entreprise d'insertion spécialisée dans la fabrication de vêtements, au cœur du très pauvre quartier Saint-Jacques, dans le centre historique de Perpignan. Ce quartier, où vit la communauté gitane et une partie de la communauté maghrébine de la ville, est aussi l'un des quartiers le plus durement touché par le Covid-19.

"Dès le début de l'épidémie, nous avons dû stopper notre production de t-shirts. D'abord parce que vendre des t-shirts en cette période n'avait plus de sens mais surtout parce que plusieurs de nos salariées ont été malades et d'autres ont été de facto confinées chez elles. Mais face à la pénurie de matériel pour les soignants, nous avons très vite décidé de nous tourner vers la fabrication de masques." (Mickaël Marras, président de Père Pigne)

Père Pigne a d'abord dû déménager du quartier Saint-Jacques vers l'avenue Julien-Panchot, chez LCS, une entreprise associée. Après avoir réfléchi à l'élaboration des masques, "grâce au patron diffusé par le CHU de Grenoble", les deux couturières encore en capacité de travailler se sont mises à la tâche. "Au début nous produisions 300 masques par semaine et puis, comme nos salariées sont peu à peu sorties de leur période de confinement strict, nous avons dépassé les 500 masques par semaine", raconte le dirigeant Mickaël Marras. 

Il s'agit de masques en tissu et donc lavables. "Tous ont été offerts aux soignants du département. L'idée était de les aider et aussi de montrer que, s'il se passe parfois des choses intolérables dans le quartier, Saint-Jacques peut aussi être une terre de solutions. Ses habitants disposent d'une énergie et d'une solidarité très fortes."

La ville de Thuir passe commande, de nombreuses mairies intéressées 

Les machines ne manquent pas, la détermination non plus. Père Pigne est donc candidate, avec le soutien des collectivités locales, pour produire davantage de masques. Le gouvernement valide et commande 36.000 exemplaires par semaine. "L'État nous fournit toute la matière première. Nous réalisons les masques et nous les revendons à l'État. Pour tenir le rythme, il va nous falloir deux lignes de production supplémentaires avec à chaque fois deux équipes de six personnes. Une première équipe travaillera de 8h à 15h et la seconde de 15h à 22h. En tout, nous serons 34 salariés."

Ces emplois seront-ils pérennisés ? Mickael Marras croise les doigts : "Sur les documents que nous avons reçus, il est indiqué qu'il s'agit de répondre à l'urgence mais en même temps, il est aussi écrit l'objectif de créer une filière. Et franchement, une filière, ça dure plus que deux ou trois mois non ?

En plus des 36.000 masques hebdomadaires à fournir à l'Etat, Père Pigne a aussi signé une commande de 7.000 exemplaires avec la ville de Thuir. De nombreuses autres collectivités se renseignent. 

La chambre de commerce et d'industrie a elle aussi contacté la (plus si) petite entreprise après avoir lancé une plateforme pour recenser les besoins en masques pour les sociétés des Pyrénées-Orientales.

"_Ça prouve que notre projet de fabriquer ici a un sens. Nous allons continuer à recruter dans le quartier Saint-Jacqu_es, avance Mickaël Marras. Il est très important pour nous de revaloriser leur travail. Il faut savoir que dans ce quartier, pour sortir, les femmes doivent souvent être accompagné par un membre de leur famille. Or en cette période de confinement, plusieurs de nos salariées viennent seules jusqu'à cet atelier de l'avenue Julien-Panchot. Les choses avancent petit à petit aussi de ce point de vue." 

Chez Père Pigne, la dimension sociale est toujours associée à l'économie. L'entreprise cherche, par ailleurs, à revenir très vite quartier Saint-Jacques, dans le centre de Perpignan : une demande de mise à disposition d'un entrepôt a été déposée auprès de la mairie.

Les salariées de Père Pigne sont dans leur grande majorité des habitantes de St Jacques
Les salariées de Père Pigne sont dans leur grande majorité des habitantes de St Jacques © Radio France -
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