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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : à Toulouse, les travailleurs du sexe mis à l'écart durant le confinement

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Par , France Bleu Occitanie

C'est une économie qui tourne elle-aussi à l'arrêt. Les travailleurs du sexe, dans leur très grande majorité des femmes, ne sont presque plus sollicités depuis le début du confinement. A Toulouse, la situation est même devenue critique pour beaucoup d'entre eux.

Prostituée (illustration)
Prostituée (illustration) © Radio France - Benjamin Fontaine

Déjà mis à l'écart et marginalisés, les travailleurs du sexe et prostituées font maintenant face à une situation inédite. Plus de client ou presque depuis le début du confinement il y a trois semaines. Si l'on ajoute à cela la peur d'être contaminé par le coronavirus durant un acte sexuel, les clients comme les travailleurs sont inquiets. Même si les rapports tarifés restent légaux au regard de la loi, les clients sont pénalisés et risquent d'être verbalisés depuis la loi sur la prostitution datant de 2016.

Trop de risques

Pour Sandra, une prostituée transsexuelle toulousaine, "le risque est devenu bien trop grand depuis le début du confinement". Elle ne sort désormais plus de chez elle, sauf pour faire les courses et récupérer un bon alimentaire de 30 euros chaque semaine auprès de Grisélidis, une association de défense des prostituées.

Heureusement que j'ai mis un peu de côté pour payer mon loyer et manger, mais si la situation dure, je ne sais pas comment faire. Je suis une entrepreneure, mais en tant que prostituée, je ne touche aucune aide de l'Etat et franchement, je ne sais même pas si je pourrais retourner faire le trottoir dans les prochaines semaines."

Sandra a aussi un site d'escort en ligne pour appâter les clients. "Jusqu'à 600-700 visites par jour en ce moment, mais aucun appel" affirme t-elle. "Du jamais vu", qui s'explique selon elle par la crainte de contracter le coronavirus. 

Des femmes étrangères

A Toulouse, de nombreux travailleurs du sexe se retrouvent dans une situation encore plus préoccupante. Selon les associations, ils seraient près de 350 à travailler dans la rue à l'année, pour la très grande majorité des femmes étrangères (venues pour la plupart du Nigeria et d'Europe de l'Est), sans-papier et sans aucune autre source de revenu que le travail dans la rue. 

Le mouvement du Nid, une association de défense des travailleurs du sexe, a réussi à trouver des places dans des hébergements d'urgences pour une centaine de femmes grâce au 115. Mais la situation reste très provisoire, et toutes ces femmes se retrouveront de nouveau à la rue une fois le confinement terminé.

On a beaucoup d'appels de travailleurs, travailleuses désemparés" - June Charlot, médiateur santé à Grisélidis. 

L'inquiétude est la même pour toutes les autres associations, qui s'inquiètent du devenir de toutes ces personnes dans les semaines à venir. Depuis le début du confinement, l'association Grisélidis distribue une fois par semaine des bons alimentaires de 30 euros à une soixantaine de travailleurs du sexe, mais cette aide ne pourra non plus tenir très longtemps selon June Charlot, médiateur santé de l'association. 

Je m'inquiète pour toutes ces personnes qui n'ont pas de minima social et qui vont se retrouver sans rien à manger si ça continue. Et lorsqu'elles n'auront plus le choix, elles iront de nouveau dans la rue, quitte à contracter le virus".

Une demande de reconnaissance

Face à l'urgence sanitaire et sociale, les associations demandent la reconnaissance des travailleurs du sexe par l'Etat, afin d'être indemnisés au moins durant la période de confinement. De nombreuses cagnottes solidaires sont aussi mises en ligne pour soutenir la profession. 

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