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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : avions cloués au sol, à quoi peut-on s’attendre après le déconfinement ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Avec la crise sanitaire liée au Covid-19, les compagnies aériennes sont quasiment à l’arrêt. Air France n’exploite plus que 5% de son trafic habituel depuis Roissy. Les compagnies low-cost sont immobilisées. Beaucoup d’incertitudes planent sur la reprise des vols après le déconfinement.

Avions cloués au sol à Roissy
Avions cloués au sol à Roissy © AFP - THOMAS SAMSON

"Tout s’est effondré" indique Jean-François Dominiak le président du Scara, le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes. "Tout ce qui concerne les activités passagers, charters, tout est pare terre. Dans l’aviation d’affaires c’est compliqué, mais il y a encore de vols. Le fret ne s’en tire pas trop mal même si l’activité est surtout handicapée par le manque de ressources terrestres dans les centres de tri par exemple" poursuit le directeur général d’ASL Airlines France.

Des mesures pour le transport aérien

Ce que vivent les compagnies aériennes aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qui s’est passé au moment de l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull et son nuage de cendres en 2010 ou encore après les attentats du 11 septembre 2001.

Face à l'effondrement du trafic aérien, Air France a eu recours au chômage partiel pour 80% de ses effectifs. "Mais pour le personnel navigant, le chômage partiel est compliqué parce qu’il n’y avait pas de texte qui régissait ce genre de situation" précise Jean-François Dominiak.

"Aujourd’hui il faut commencer à penser l’après"

En France, le gouvernement a annoncé une série de mesures pour les entreprises en général et le transport aérien en particulier.

Concernant Air France, le groupe aérien "perd des milliards d'euros par mois (...) Ce n'est pas un coup de pouce" dont il va avoir besoin, "c'est un soutien massif de la part de l'Etat", a affirmé mercredi Bruno Le Maire. "Air France aura ce soutien massif de la part de l'Etat, nous voulons à tout prix préserver cette compagnie aérienne qui est un fleuron industriel français", a assuré le ministre de l’Economie

Repousser les charges que l’on doit payer à l’année prochaine comme le souhaite le gouvernement ce sont des "mesures en trompe-l’œil qui vont soulager temporairement le transport aérien mais qui ne suffisent pas à préparer la sortie de crise" estime le président du Scara.

Comment le secteur aérien envisage la reprise du trafic ?

Les syndicats, les patrons de compagnies aériennes réfléchissent à la gestion de l’après-confinement, même s’il y a encore beaucoup d’incertitudes reconnaît Jean-François Dominiak. "Nous allons transporter des passagers, comment va-t-on faire ? Il faudra mettre des masques ? Comment va-t-on accueillir les voyageurs dans les aéroports ? comment va-t-on les faire voyager ? Il va aussi falloir avaler le manque à gagner. Tout va aussi dépendre des pays de destination. Dans beaucoup de pays les frontières sont fermées"

Pour faire face à cette crise sans précédent, la DGAC, la direction générale de l’Aviation civile a étendu la durée des agréments pour les licences de vols des pilotes. "Avant de reprendre les vols, il faudra que nous repassions sur des simulateurs" raconte ce pilote français. Des simulateurs qui n’ont pas été arrêtés afin de permettre aux nouveaux pilotes d’être formés. 

Comment sont stockés les avions cloués au sol ? 

Sur les 224 avions de la flotte d'Air France, 180 sont à l'arrêt. Ils sont stockés principalement à Roissy mais aussi à Orly, l'aéroport du sud de Paris fermé depuis le 1er avril. D’autres avions sont au sol sur le tarmac de Toulouse où Air France dispose d'une base de maintenance.

En attendant de pouvoir à nouveau voler, "les avions sont dans un système de préservation. Les moteurs sont recouverts" indique Jean-François Dominiak. 

A Roissy, "ce sont 70 techniciens qui se relaient chaque jour, contre 190 en temps normal, pour inspecter les avions", explique Gery Mortreux, directeur général adjoint chargé de la direction industrielle d'Air France.

Selon le type d'avion, le moteur est protégé par une bâche orange ou simplement immobilisée par des attaches, notamment pour que les pales ne se mettent pas à tourner dans le vide.

Toutes les semaines, chaque réacteur est mis en route pendant un quart d'heure, pour assurer la lubrification du système et éviter tout risque de corrosion. 

Dans la cabine, l'humidité ambiante est vérifiée, si elle dépasse 60%, un redémarrage complet de l'avion est réalisé avec une mise en route des climatiseurs pour éviter la formation de moisissures. 

Tous les 30 jours, les roues de l'avion sont soulevées avec un cric et tournées pour éviter leur déformation sur le point bas.

Les opérations sont "essentiellement orientées vers la protection des avions, de leurs systèmes sensibles tels que les dispositifs aérodynamiques, les prises Pitot et les prises statiques, les sondes d'incidence et de températures", essentiels pour la sécurité des vols, précise Dominique Vialtet, responsable maintenance en ligne à Roissy.

Des avions cloués au sol à Roissy Charles de Gaulle le 24 mars
Des avions cloués au sol à Roissy Charles de Gaulle le 24 mars © AFP - THOMAS SAMSON

Le président du Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes s’interroge aussi sur la demande commerciale après le confinement. "Si on met à disposition des avions de ligne pour les faire voler à 30 ou 50% ça ne sert à rien. Ce qui fait le succès du low-cost, c’est quand les avions sont bien remplis, au-delà de 90 % en moyenne. Si on autorise uniquement les avions avec un siège sur deux d’occupés, personne ne le fera. On ne peut pas voler avec seulement 60 % de remplissage"

Aujourd’hui, Hop et Transavia sont entièrement à l’arrêt. Ryanair a réduit ses vols de 90 % et easyJet a immobilisé la totalité de sa flotte le 30 mars.

Le trafic aérien a chuté de 98% en France, Air France a par exemple assuré 18 vols mercredi contre un millier de liaisons quotidiennes en temps normal.

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