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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : ces commerces confrontés aux refus de prêts par leurs banques

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Depuis le 14 mars à minuit, les restaurants et les bars ont dû fermer leurs portes face au coronavirus. Pour les aider, l'Etat a multiplié les mesures économiques. Mais certains patrons de bars par exemple signalent des refus par leurs banques de prêts garantis par l'Etat et redoutent de fermer.

Fermés depuis le 14 mars à minuit, les bars, comme le Before 4-Bar à Saint-Etienne, ne rouvriront pas le 11 mai.
Fermés depuis le 14 mars à minuit, les bars, comme le Before 4-Bar à Saint-Etienne, ne rouvriront pas le 11 mai. © Radio France - Julien Gonzalez

Le risque de l'hécatombe des bars, c'est ce que beaucoup de patrons et gérants redoutent depuis la fermeture de leurs commerces le 14 mars à minuit pour lutter contre la propagation du coronavirus. D'autant que le gouvernement a déjà prévenu : ils ne rouvriront pas le 11 mai.

L'Etat a assuré qu'il fera le nécessaire pour s'assurer que les banques prêtent aux entreprises ce dont elles ont besoin en terme de trésorerie mais beaucoup de gérants de bars ont peur de mettre la clé sous la porte. C'est le cas d'Haim Latreche, patron du bar "Le Before 4-bar" à Saint-Etienne. Quand il a demandé un prêt garanti par l'Etat pour son bar, c'était pour lui l'espoir d'une bouffée d'oxygène pour passer l'épreuve du coronavirus. La réponse de sa banque a été un vraie coup de massue.

"J'ai pas demandé 15 000 euros pour partir en vacances !"

Le patron du Before 4-Bar s'est vu refuser par sa banque un prêt garanti par l'Etat pour assurer la trésorerie de son bar

« Ma conseillère m'a appelé pour me dire qu'elle avait une mauvaise nouvelle, qu'ils ne m'octroyaient pas le crédit. Je lui ai demandé pourquoi, elle m'a expliqué parce que rentabilité et compagnie ! Sur le coup, j'ai pleuré, moi je me suis dit ça y est, c'est mort ! Je suis un commerce qui paie ses factures, qui est à jour de tout, des cotisations Urssaf, crédits, ... Qu'on me dise « on ne peut pas vous prêter 15 000, 20 000 ou 30 000 euros mais on peut vous prêter peut-être 10000 euros ». Là, c'est même pas ça : ''c'est non, vous avez pas droit au crédit, et basta !'' J'ai pas demandé 15 000 euros pour partir en vacances. On savait qu'on serait les derniers à rouvrir. Donc dans cette hypothèse, j'avais dit, moi j'ai besoin d'au moins 3000 euros par mois pour payer les factures, me comprenant un salaire dedans, comme ça au moins pendant trois ou quatre mois, je respire. Eh bien non ! »

Pourtant, après vingt ans dans l'hôtellerie de luxe, un restaurant pendant plusieurs années dans le Pilat et puis le Before à Saint-Etienne depuis près de deux ans... Haim Latreche pensait vraiment obtenir ce prêt de trésorerie pour son bar. Et les mauvaises nouvelles ne s'arrêtent pas là car son compte bancaire est maintenant débiteur depuis plusieurs jours et les agios s'accumulent.   

"Ça ne me donne plus envie d'être entrepreneur en France"

Haim Latreche dénonce le manque de compréhension de sa banque qui multiplie les commissions d'interventions sur le compte bancaire de son bar

« Je regarde mon compte en ligne : les 18 dernières opérations c'est frais de commissions d'interventions, 15 euros, frais impayés, 8 euros. Et 20 euros, et 8 euros, et 15 euros. Alors, ils vont vous dire « c'est normal, le compte n'est pas approvisionné » ! Je l'entends bien... mais c'est pas de mon fait ! Je suis en colère, et je suis dégoûté : ça ne me donne plus envie d'être entrepreneur en France !»

Et il n'est pas le seul commerçant sans prêt accordé parce que toutes les banques ont refusé des prêts à des entreprises. Serge Maître peut en témoigner : il est secrétaire général de l'Association française des usagers des banques. L'AFUB qui a reçu des milliers de coup de fil de commerçants, d'artisans et d'entreprises, et notamment à Saint-Etienne.

"Le mécanisme de sélection des entreprises par les banques est hyper sélectif"

Pour Serge Maître, secrétaire général de l'AFUB, les banques traînent les pieds pour octroyer aux entreprises des prêts garantis par l'Etat.

« Le mécanisme de sélection des entreprises par les banques pour savoir si elles accordent le crédit ou non est un mécanisme hyper restrictif. Elles ne prêtent qu'à des entreprises, disent-elles, qui sont en état de marche, qui n'ont pas eu de difficultés dans le passé. ''Mais les difficultés peuvent être anciennes, il y a trois ans... Ah oui, mais il y a une difficulté et là aujourd'hui on en tient compte !'' C'est une attitude totalement inquiétante puisqu'elle vient à freiner le développement d'un dispositif mis en place par l'Etat ».

Serge Maître craint que ces refus de prêts bancaires ne menacent l'existence même d'entreprises et de commerces, comme celui d'Haim Latreche. Sa banque, contactée par France Bleu Saint-Etienne Loire, assure avoir octroyé 30 millions d'euros de prêts dans le secteur Loire Drôme Ardèche à des entreprises mais explique que le patron du Before 4-Bar ne répond pas aux critères, notamment en matière de capacité de remboursement. Lui, a saisi le médiateur du crédit de la Banque de France pour trouver une solution ; certains clients proposent quant à eux de lancer une cagnotte en ligne pour tenter de l'aider.  

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