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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : ces usines du nord Franche-Comté qui maintiennent leur activité

Au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, certains ouvriers doivent encore travailler sur les lignes de production ce mardi et pour plusieurs jours sur ordre de la direction, d'autres ont brandi la menace d'un droit de retrait pour obtenir la fermeture des ateliers.

L'entreprise Flex N Gate compte plus de 1000 salariés à Audincourt
L'entreprise Flex N Gate compte plus de 1000 salariés à Audincourt © Maxppp - MaxPPP

"Emmanuel Macron a annoncé que la France était en guerre, nous les ouvriers sommes sous les bombes" résume, amer, Christian Gaillard. Il est délégué syndical central CGT chez le sous-traitant automobile Flex N Gate à Audincourt. Près de 1200 salariés travaillent pour ce fournisseur de Peugeot et Renault, mais environ une centaine d'ouvriers vont continuer à travailler jusqu'à la fin de la semaine, voire jusque la semaine prochaine selon le syndicaliste. "La direction nous a expliqué que certains de nos clients ont des besoins en pièces de rechanges. C'est également l'occasion de récupérer le retard de certaines commandes" poursuit le représentant du personnel, qui s'inquiète : "nous allons travailler dans un climat anxiogène".

La santé des salariés mise en danger?

Toujours chez Flex N Gate, Christian Gaillard, représentant syndical CGT observe avec consternation les contradictions entre le discours d'Emmanuel Macron, et celui de sa direction : "Les salariés sont sommés de venir travailler, alors même que le gouvernement explique qu'il faut rester chez soi. Le corps médical ne cesse de dire de mettre tout le monde en confinement et on fait tout l’inverse. On se moque de notre santé, la priorité c’est de produire"

La direction se justifie 

De son côté, la direction de Flex N Gate justifie sa décision. En effet selon le directeur de l'usine doubienne, le maintien des activités est essentielle pour assurer la continuité du service public : "Contrairement à ce que l'on peut lire, certains de nos clients travaillent encore comme PSA ou Renault à Villeroy qui réalisent des pièces de rechange. En cas d'accident, les pompiers, les ambulanciers, les policiers, tous les particuliers ont besoin de ces pièces. Les garages automobiles, et par conséquent les pièces de rechanges sont une activité considérée comme prioritaire de la part du gouvernement. 115 personnes travailleront mercredi dans l'usine d'Audincourt, 59 jeudi et zéro vendredi". Pour ce qui est de la mise en sécurité du personnel, elle est assurée assure Jean-François Frette : "nous rappelons sans cesse les règles de distance, nous appelons les salariés à se laver les mains, nous mettons à disposition des masques".

General Electric suspend ses activités ... pour quelques heures 

A General Electric, à Bourogne, plus d'une centaine de salariés ont exercé leur droit de retrait ce mardi, estimant que leur sécurité n'était pas assuré dans les usines : manques de masques, absences de gel hydroalcoolique. Après un CSE, la direction a annoncé aux syndicats qu'elle souhaitait que les ouvriers de la filière gaz reprennent le chemin de l'usine jeudi matin à 4h. La direction estime qu'il est nécessaire de faire tourner les lignes de productions pour ses clients dont les centrales sont à l'arrêt, afin de ne pas déstabiliser la production d'énergie. La journée de mercredi sera ainsi consacrée à la réorganisation des services pour "assurer au mieux la sécurité des salariés". 

Cyril Caritey, représentant de la CGT estime cette décision "incompréhensible et irresponsable. _L'entreprise joue avec la vie des salariés_, imaginez si demain des personnes sont mortes de leur faute?". Le syndicat considère que la protection des salariés n'est pas assurée, et parle de "scandale sanitaire". Pa

Alstom Transport à Belfort fait marche arrière

Le maintien des activités à Belfort dans les usines a été envisagé par la direction assure la CGT : "Ils avaient l'intention de faire comme si de rien n'était. On nous a même assuré qu'en Italie les usines étaient ouvertes et que par conséquent on pouvait bien travailler en France. On voit le résultat en Italie : il y a 2000 morts" s'emporte Barbarino Augello, délégué CGT Alstom-Belfort. "Il a fallu se battre et brandir la menace du droit de retrait pour inciter la direction à reflechir. Il est vital de se mettre en sécurité, et c'est lourd de se devoir se battre contre une direction pour se preserver de l'épidèmie. Nous n'avions en plus ni masques, et des suspicions de cas de coronavirus au sein de nos équipes". Les quelques 200 ouvriers qui travaillent sur les lignes de production ont eu pour instruction mardi 14h de rentrer chez eux. Ils bénéficieront du chômage partiel.

Les pouvoirs publics interpellés

Dans un communiqué, la CGT du Territoire de Belfort s'interroge sur les décisions prises par certaines directions de ne pas cesser la production : "nous comprenons les difficultés liées à l'urgence, mais la santé des travailleu - r - se - s et la santé publique ne sauraient souffrir de manque de prise en compte de la gravité de la situation". Interrogé, Damien Pagnoncelli, secrétaire général de l'union départementale de la CGT 90 estime que les pouvoirs publics et le gouvernement doivent "trancher, il faut une boussole claire car on va se retrouver face à un système à deux vitesses entre les entreprises qui auront eu raison de maintenir et celles qui auront eu tort, entre celles qui auront protégé leurs salariés, et celles qui les auront mis en danger". 

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