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Coronavirus - "Je me demande si je ne vais pas tout arrêter" : la détresse d'un petit entrepreneur alsacien

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Gérald Metz songe sérieusement à mettre la clé sous la porte. Il avait monté sa petite entreprise de terrassement il y a sept ans dans la Haute-Vallée de la Bruche, elle est aujourd'hui en sommeil confiné. L'entrepreneur se sent lâché par les pouvoirs publics.

Gérald Metz, le patron de G Terrassement Gérald Metz, le patron de G Terrassement
Gérald Metz, le patron de G Terrassement - Louisa Metz

G Terrassement est basée à Wildersbach (Bas-Rhin), un petit village de montagne dans la Haute-Vallée de la Bruche. L'entreprise est spécialisée dans les travaux publics chez les particuliers, assainissement, pavage ou aménagement paysager. Au début du confinement, son patron, Gérald Metz, l'a placée en sommeil. Il ne voulait pas mettre ses deux salariés en danger, ils sont depuis en chômage partiel. Mais aujourd'hui la question de la reprise est plus qu'épineuse : l'entrepreneur explique que c'est un tel flou qu'il se sent complètement perdu.

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"Un jour le gouvernement nous dit qu'il ne faut pas de masques, le lendemain on nous dit qu'il faut des masques. On n'aide pas les gens à voir l'avenir", explique Gérald Metz à France Bleu. Et c'est la même chose dans tous les domaines, poursuit l'entrepreneur, qui a tenté de savoir auprès de la chambre des métiers d'Alsace quelles seraient pour lui les conditions de la reprise, sans résultat.

"On se retrouve comme des cons"

L'entrepreneur passe en revue la pénurie de masques, de tests de dépistage, la fragilité des petites structures face au rouleau compresseur du Medef : "On se retrouve comme des cons, parce qu'on est vraiment comme des cons. Et on arrive à nous dire que ce sont nous, les petites gens, qui allons payer la pandémie".

Gérald Metz et la question de la survie de sa petite entreprise - Louisa Metz

Tout arrêter ?

Il y a aussi les traites et les assurances qu'il faut continuer à payer, les charges qui vont finir par lui tomber dessus et le carnet de commandes. Car Gérald pense qu'après le confinement les clients auront peut-être d'autres priorités financières que de refaire le pavage de leur maison. L'Alsacien enrage aussi d'entendre qu'il va falloir travailler plus, rogner sur les congés : "J'ai dû expliquer à mes employés que je leur prenais des congés d'office. Mais eux la pandémie ils ne sont pas fautifs non plus, et s'ils n'ont pas de vacances ils vont se mettre en arrêt maladie comme beaucoup vont le faire et je les comprendrai".

"A l'heure actuelle, conclut Gérald Metz, je me demande si je ne vais pas tout arrêter parce que déjà avoir une société en France c'est le parcours du combattant, j'ai 44 ans et je suis en train de me poser la question de rester en France".

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