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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : l'inquiétude dans les centres d'appels de Poitiers, "nous sommes traités comme du bétail"

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Par , France Bleu Poitou

Devant la propagation de l'épidémie de coronavirus, l'inquiétude grandit à Poitiers parmi les quelques 2.000 salariés des centres d'appels situés sur la zone d'activité du Futuroscope. Certains de ces employés s'estiment insuffisamment protégés par leur direction.

Les plateformes téléphoniques de la zone d'activités de Chasseneuil-du-Poitou, en face du Futuroscope.
Les plateformes téléphoniques de la zone d'activités de Chasseneuil-du-Poitou, en face du Futuroscope. © Maxppp - Christophe Morin

EDF, Total, Sanofi ,Monoprix, CNP Asssurance, Suez, France Télévisions... La zone d'activité de Chasseneuil-du-Poitou, située en face du Futuroscope, concentre de nombreuses plateformes téléphoniques qui emploient près de 2.000 salariés. Certains de ces employés, ainsi que le syndicat CGT, tirent la sonnette d'alarme en raison des risques de contamination du Covid-19 alors que plusieurs cas contacts ont été détectés.

"Aujourd'hui nous sommes des agneaux sacrifiés sur l'autel du capitalisme"

"Lors des allocutions, le président de la République nous demande pas plus de cinq contacts par jour avec d'autres personnes, alors qu'ici nous sommes entre vingt et cent personnes par plateau", raconte Astrid Singarraud, déléguée syndicale CGT chez Armatis LC, le plus important pourvoyeur d'emplois parmi les centres d'appels. 

"On a vraiment l'impression d'être de la chair à canon"

Au centre d'appels d'EDF, Olivier n'est guère plus rassuré; "les salariés sont très inquiets, ils ont beaucoup de questions, mais il n'y aucune réponse de la part de la direction. On se demande quel est le besoin vital et l'intérêt que les centrales d'appels soient ouvertes, puisque nous ne pouvons rien faire, les entreprises dont nous sommes prestataires n'interviennent plus sur le terrain. On a l'impression que c'est pour le profit, et que la santé des salariés passe en deuxième."

"Notre employeur refuse de mettre en place le télétravail"

Craignant d'éventuelles sanctions ou représailles de la part de sa direction, une salariée d'un centre d'appels préfère témoigner sous couvert d'anonymat. "Nous avons des collègues malades, au moins une personne a été diagnostiquée positive au Covid-19, d'autres qui présentaient les symptômes ont été isolés. Il n'est pas possible d'avoir les distances réglementaires entre les personnes, le matériel est utilisé par plusieurs salariés, il y a eu un moment où l'on n'avait plus de savon, enfin c'est du grand n'importe quoi !"

Ce n'est pas qu'on ne veut plus travailler, c'est qu'on veut travailler de chez nous et notre employeur refuse ! Certains collègues ont peur d'utiliser leur droit de retrait car ils craignent qu'il y ait des conséquences. On est pris pour du bétail !"

"Nous avons plusieurs cas contacts de Covid-19 et l'entreprise reste muette"

Déléguée CGT chez EDF, Aurélie s'insurge sur la situation au sein de son centre d'appels. "Mon syndicat gère les crises d'angoisse des salariés. A ce jour on a trois suspicion de contamination, deux cas de contacts avec des personnes testées positives, et l'entreprise ne dit rien. Les donneurs d'ordre, les entreprises, veulent que les centres d'appels prestataires restent ouverts pour répondre au flux d'appels alors que leur centres internes sont fermés."

"On a le sentiment d'être sacrifiés au profit de leurs intérêts"

"Effectivement si on ne répond pas à nos clients on a un risque économique clair pour l'entreprise, mais en même temps, le risque sanitaire et notre santé n'est-elle pas plus importante ?", interroge Astrid Singarraud. Malgré plusieurs tentatives, nous n'avons pu joindre les directions d'Armatis LC et de EDF. 

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