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Coronavirus : le marché aux fleurs d'Hyères contraint de fermer, des millions de pivoines jetées

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Les horticulteurs perdent gros avec l'épidémie de coronavirus : ce devait être la plus grosse période de l'année pour eux. Ceux qui produisent des pivoines, notamment, ont tout perdu, car elles devaient être récoltées et vendues en ce moment.

Avec la fin du marché des anémones et des renoncules, les pivoines devaient prendre le relais au marché aux fleurs d'Hyères Avec la fin du marché des anémones et des renoncules, les pivoines devaient prendre le relais au marché aux fleurs d'Hyères
Avec la fin du marché des anémones et des renoncules, les pivoines devaient prendre le relais au marché aux fleurs d'Hyères © Radio France - Stéphanie Loth

C'est un coup dur pour les horticulteurs. En raison de l'épidémie de Covid-19, ils sont obligés de jeter tous leurs stocks, durant leur plus gros pic d'activité de l'année. Les marchés aux fleurs ont fermé, comme celui d'Hyères, le plus gros de France, qui rassemble 450 producteurs dont la plupart sont Varois.

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Dix millions d'euros de perte au marché aux fleurs d'Hyères

Habituellement, cinq jours par semaine, 300 acheteurs, grossistes, expéditeurs et fleuristes viennent s'approvisionner sur ce marché qui commercialise quelques 100 millions de tiges par an. En cette période, après les anémones et les renoncules, les pivoines devaient se vendre par millions, entre le 20 mars et le 10 mai. "Juste au marché d'Hyères, cela représente une perte de 10 millions d'euros !" déplore Gilles Rus, le directeur de développement du marché. 

"Ces derniers jours, ça a été la catastrophe. Depuis déjà la fin de semaine dernière, tous les circuits d'exportation se sont arrêtés car la situation est la même en Hollande, en Suisse, en Italie, en Allemagne. Maintenant il faut quand même ramasser ces fleurs pour les jeter... Donc, en plus, le temps de travail est le même. On est dans notre pic de production : entre mi-mars et début mai c'est pratiquement la moitié du chiffre d'affaires des producteurs du Var. C'est un coup dur, même si c'était la bonne décision de fermer les marchés."

"Pour nous, c'est 100% de perte." (Jean Marc Borgetto, horticulteur)

Pour les producteurs de pivoine, c'est encore pire : ils sont souvent en monoculture et réalisent la totalité de leur chiffre d'affaires à cette période. Jean Marc Borgetto est horticulteur depuis 35 ans. Il produit uniquement des pivoines : "Pour nous, c'est 100% de perte. C'est comme si vous demandiez à un viticulteur d'arrêter la récolte de ses vignes au mois de septembre... J'ai travaillé pendant une saison, donc dépensé de l'argent pour fertiliser, pour faire désherber, etc. C'est mon seul revenu, que je n'aurai plus jusqu'à l'année prochaine. Alors on monte des dossiers, on fait venir des huissiers pour constater que nos champs sont fleuris... Mais qui va payer ? On compte sur le gouvernement !" Jean Marc Borgetto doit maintenant récolter ses 250.000 pivoines, ce qui représente 200.000 euros... pour les jeter à la poubelle.

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