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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : les entreprises appelées à mettre en œuvre des "plans d'action" pour généraliser le télétravail

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Par , , France Bleu

La version actualisée du protocole sanitaire en entreprise, publiée mardi par le gouvernement, prévoit l'obligation pour les employeurs des départements soumis à de nouvelles restrictions de définir des "plans d'action" pour favoriser le télétravail. Un casse-tête pour certaines entreprises.

Le gouvernement veut obliger les employeurs des départements soumis à de nouvelles restrictions à définir des "plans d'action" pour favoriser le télétravail (illustration).
Le gouvernement veut obliger les employeurs des départements soumis à de nouvelles restrictions à définir des "plans d'action" pour favoriser le télétravail (illustration). © Maxppp - Cristiano Minichiello / Avalon/PHOTOSHOT

En déplacement à Valenciennes ce mardi, Emmanuel Macron a de nouveau exhorté les entreprises à renforcer le télétravail pour freiner la propagation du Covid-19. "Je le demande instamment à tous les employeurs, à toutes les entreprises, à toutes les personnes qui peuvent faire du télétravail, il faut au maximum s'y mettre parce que notre objectif, c'est de réduire les contacts", a martelé le chef de l'État. 

Malgré les consignes, trop de sociétés rechignent encore à recourir au travail à distance selon le gouvernement qui a présenté lundi aux partenaires sociaux une version actualisée du protocole sanitaire en entreprise. Le texte, dont l'AFP a obtenu la copie, prévoit l'obligation pour les employeurs des 16 départements soumis à des restrictions plus fermes de définir des "plans d'action" pour "réduire au maximum le temps de présence sur site des salariés" durant les prochaines semaines. Le document précise que ces plans d'action "dont les modalités seront adaptées à la taille de l'entreprise", doivent faire "l'objet d'échanges dans le cadre du dialogue social de proximité. En cas de contrôle, les actions mises en œuvre seront présentées à l'inspection du travail". Depuis octobre, 55 mises en demeure ont déjà été prononcées par l'inspection du travail. 

Il ne s'agit pas "d'incitation", mais de "la déclinaison opérationnelle des obligations en matière de protection de la santé des employés pour les employeurs", a précisé ce mardi sur franceinfo le secrétaire d'Etat chargé des retraites et de la santé au travail, Laurent Pietraszewski.

"Nul doute qu'une paperasse de plus à remplir constituera un barrage efficace contre l'épidémie", a réagi avec ironie la CPME dans un communiqué. "Les chefs d'entreprise à la tête d'une TPE-PME apprécieront qu'à défaut de leur proposer une date de vaccination, on leur impose une nouvelle obligation", a ajouté l'organisation patronale selon laquelle "la créativité administrative n'a décidément plus de limite".

Des télétravailleurs de moins en moins nombreux

Le télétravail est censé être la règle pour l'ensemble des activités qui le permettent a rappelé Jean Castex le 18 mars, avant de demander aux entreprises et administrations qui le peuvent de mettre en place "au moins quatre jours" par semaine de travail à distance, un objectif dont beaucoup d'entreprises "sont encore loin aujourd'hui", selon lui. 

D'après une enquête en ligne d'Harris Interactive réalisée auprès de 1.160 actifs en emploi au début du mois, 35% des actifs ont télétravaillé pendant la semaine du 8 au 14 mars (contre 36% mi-janvier et 41% début novembre) alors même que 58% disent que leur métier peut être exercé en télétravail. Seuls 13% l'ont fait à temps complet contre 14% en janvier et 20% en novembre. Et parmi les actifs pouvant télétravailler facilement, 35% étaient exclusivement en présentiel (comme en janvier). Autre enseignement de ce sondage, 24% des salariés du privé pouvant télétravailler affirmaient n'avoir reçu aucun encouragement au sein de leur entreprise à le faire, en dépit des consignes gouvernementales. Ces dernières sont connues de 87% des actifs et perçues comme "justifiées" et "claires" par plus de 80%. 

Entreprises et salariés pas toujours enclins au télétravail

En février dernier, sur France Bleu Paris, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, demandaient donc aux salariés et aux entreprises de "se remobiliser", précisant que les contrôles de l'Inspection du travail allaient être renforcés. La ministre constatait alors que "2.5 millions de télétravailleurs qui pourraient télétravailler ne le font pas".

Il y a deux explications à cela selon Benoît Serre, vice président de l'ANDRH (association nationale des directeurs-trices de ressources humaines). D'abord, une raison économique, "le télétravail ne nuit pas à la productivité individuelle, en revanche il nuit à la productivité collective". L'autre raison est psychologique : "Un problème psychologique est en train de monter très fort." Il alerte sur "une crise psychologique" chez les salariés.

Risques psychologiques et physiques

Pour certains, le télétravail est une aubaine et plus de huit salariés sur dix indiquaient en juin dernier vouloir poursuivre le travail à distance, d'après une étude réalisée par Malakoff Humanis. "En cette période de confinement le télétravail est une bénédiction et me permet de travailler dans une meilleure sérénité", "Je revis depuis six semaines, ce confinement supprime de fait mes 4 heures de transport journalier (2 h aller/2 h retour), la promiscuité dans le RER allant avec les odeurs nauséabondes, la saleté, les perturbations…", "Je découvre que le télétravail c’est vraiment agréable et surtout productif !", témoignent ainsi des auditeurs à la médiatrice de Radio France

Mais pour d'autres, le travail à la maison est un véritable calvaire. Certains se réfugient donc dans des espaces de coworking, ces bureaux partagés. "Depuis le confinement, les personnes ne souhaitent plus s'isoler. Elles souhaitent se faire un nouveau réseau et sortir de chez eux, indique par exemple Marion Micou, la responsable du 144 Cowork'In à Nantes au micro de France Bleu Loire Océan. Elles ne veulent plus travailler à côté de la famille, des enfants, des animaux de compagnie. Il y a tellement d'autres choses à faire que de travailler pour la plupart."

On a perdu en dynamique collective.

Les télétravailleurs déplorent aussi de perdre le lien avec leurs collègues. "Dans le travail d'une entreprise il y a aussi cette partie sociale qui est très importante pour la cohésion d'équipe et notre bon fonctionnement", explique à France Bleu Sud Lorraine Charles-Antoine Robert, président d'une start-up nancéienne, baptisée Anam'Note. "Le télétravail c'est bien mais pour dépanner", complète Paul, l'un des salariés. "On a perdu en dynamique collective, en co-construction. On ne fait plus de festif, on ne fête plus les anniversaires, les départs à la retraite, les médailles du travail. On n'a plus d'événements de cohésion. On perd l'envie, la motivation et le client est perdant aussi", constate également Valérie Creusot-Rivière, la présidente d'Expertis CFE à Villers-lès-Nancy.

Le télétravail a donc des conséquences sur la santé mentale mais aussi physique car les télétravailleurs adoptent de mauvaises postures. Les consultations de kinésithérapie et d'ostéopathie ont ainsi augmenté par endroit. "Majoritairement les patients viennent pour des lombalgies et cervicalgies (provoquant des migraines), note sur France Bleu Azur Benjamin Pradas, ostéopathe à Nice. J'ai l'impression de faire dix fois la même consultation, parce que les gens se plaignent des mêmes maux : ils ont une barre en bas du dos à force de rester assis. C'est une conséquence du télétravail car la plupart s'assoient sur une chaise peu ergonomique ou carrément sur le canapé." 

Faire du cas par cas

Les organisations patronales et syndicales s'accordent d'ailleurs sur la difficulté de renforcer le télétravail. "Ça n’est pas une solution durable. On dénature le sens et la vie de l'entreprise", indiquait début février Nicolas Dumas, président du Medef dans le Cher, sur France Bleu Berry. Le télétravail n'est d'ailleurs pas applicable partout de la même manière soulignait aussi son homologue dans l'Indre, Guy Pépin. 

De son côté, la CGT Loiret s'inquiète des conditions de travail des salariés en télétravail. Plus de télétravail oui, mais seulement si les entreprises investissent dans du matériel adapté pour les télétravailleurs. Pascal Sudre, secrétaire de l'union locale CGT Orléans, cite également le cas des salariés femmes qui ont eu parfois l'impression de faire une "double voire une triple journée" en restant à la maison tout en télétravaillant.

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