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Confinement face au coronavirus : les horticulteurs de la Loire en grande souffrance

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Les horticulteurs ont dû fermer leurs portes du jour au lendemain pour respecter les mesures du gouvernement face au coronavirus. Conséquence : ils sont nombreux à avoir des milliers de plants détruits ou de grandes quantités de fleurs invendues. Dans la Loire, ils sont particulièrement inquiets.

Avec la fermeture des fleuristes et des jardineries dans le cadre des mesures de confinement, plusieurs horticulteurs dans la Loire sont contraints de jeter des fleurs. Avec la fermeture des fleuristes et des jardineries dans le cadre des mesures de confinement, plusieurs horticulteurs dans la Loire sont contraints de jeter des fleurs.
Avec la fermeture des fleuristes et des jardineries dans le cadre des mesures de confinement, plusieurs horticulteurs dans la Loire sont contraints de jeter des fleurs. © Maxppp - Christian Watier

Le printemps a débuté et c'est habituellement une période clé pour les horticulteurs qui font une grosse partie de leur chiffre d'affaires annuel sur les seuls mois de mars, avril et mai. Mais mesures de confinement oblige, l'arrêt des ventes depuis le samedi 14 et la fermeture des jardineries et des fleuristes a donné un sérieux coup d'arrêt à la profession, en particulier les horticulteurs de la Loire qui ne cachent pas leur inquiétude. Christian Vernet est horticulteur à Saint-Jean-Bonnefonds, dans la Loire, avec 20 000 mètres carrés de production de serres. Son chiffre d'affaire est à zéro depuis plus de dix jours et il est très inquiet pour la suite.

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"Dix ans de galère pour récupérer tout ça si on s'en sort !"

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"On est complètement désemparés face à la situation : en temps normal, on a 18 salariés ; aujourd'hui, j'assure la permanence juste pour l'arrosage, je suis tout seul, tout le monde est en chômage technique. Je vais commander une benne pour la semaine prochaine pour commencer à jeter tous les produits destinés à la vente pour ces semaines-là ! On va perdre environ 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires. C'est une année de travail qui va disparaître pour nous mais aussi dix ans de galère pour récupérer tout ça si on s'en sort ! Aujourd'hui, l'Etat, et on peut le comprendre parce qu'ils ont certainement d'autres priorités, ne prend pas en compte la perte du stock, la perte d'exploitation. Si notre profession ne reçoit pas de l'aide de l'Etat, je pense que l'horticulture française, si elle ne disparaît pas, sera très touchée."

Même angoisse pour Camille Massacrier, horticulteur à La Talaudière, dans la Loire, avec plus de 8000 mètres carrés de production de serres au total. Les quinze premiers jours de fermeture avec le confinement et les quinze de plus qui débutent la semaine prochaine, c'est déjà 15% de son chiffre d'affaires en moins. Alors il essaie tant bien que mal de s'en sortir... mais il est très angoissé pour l'avenir de son entreprise.

"De la vente en ligne et des livraisons pour essayer de sauver les meubles."

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"On a dû faire des choix et le choix a été de se débarrasser des plantes bisannuelles : les primevères, les renoncules, les pensées... elles, elles sont passées à la trappe et ça a représentait environ 7 000 euros de plantes jetées. Et ça peut continuer si on ne rouvre pas la possibilité de vendre au public début mai et là, ce sera par contre beaucoup plus catastrophique. On essaie de trouver des solutions pour se dépatouiller et sauver les meubles : on va faire de la vente à domicile, préalablement commandée via notre adresse mail et livrée chez les particuliers devant leur domicile sans contact, c'est-à-dire que les commandes ont été au préalable réglées par virement. Ça peut être très faible mais tout ce qui rentre est bon à prendre : essayer de faire un tout petit peu de rentrées d'argent qui peut palier à régler des petites factures en attente mais aujourd'hui, nous sommes très inquiets". 

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