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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : les personnels des Ehpad Korian en grève dans les Alpes-Maritimes

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Par , France Bleu Azur

Les personnels des maisons de retraite du groupe Korian ont débrayé ce lundi à l'appel des syndicats CGT et FO Santé privée. Ils réclament le versement de primes, une revalorisation des salaires et davantage d'effectifs au sein des Ehpad pour s'occuper dignement des personnes âgées dépendantes.

Des personnels des Ehpad Korian en grève ce lundi pour réclamer de meilleures conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires
Des personnels des Ehpad Korian en grève ce lundi pour réclamer de meilleures conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires © Radio France - Marion Chantreau

Ils sont une vingtaine de salariés devant l'Ehpad La Riviera à Mougins. Des personnels des maisons de retraite Korian de Nice, Saint-Laurent du Var, Cannet et Mougins, en première ligne durant cette épidémie de Covid-19. Ils réclament le versement d'une prime de 1.000 euros promise par la direction de Korian à tous les personnels, ainsi que la prime promise par le gouvernement au secteur médico-social, qui variera entre 500 et 1.500 euros.

Ils sont là aussi "surtout pour demander plus de moyens humains au sein des Ehpad, avec l'obtention d'un ratio un agent pour un résident", insiste Stéphanie Maccarani, déléguée CGT santé privée dans les Alpes Maritimes. 

L'Ehpad Korian La Riviera "a entretenu l'omerta"

L'Ehpad La Riviera de Mougins a payé un lourd tribut dans cette crise sanitaire. Quarante patients détectés positifs au Covid-19 sont décédés. Si aucun salarié de cet Ehpad ne manifeste, "c'est peut-être par peur de la direction" s'interrogent leurs collègues de FO et de la CGT présents pour les soutenir : "Les médias ont révélé qu’il y avait eu un manque de moyens de l’État, de l’ARS, de Korian, pour protéger les résidents et les salariés, mais en aucun cas on ne peut incriminer les salariés sur leur travail, ils étaient en première ligne.

"Quarante décès dans une structure, psychologiquement cela doit être dur. Korian n'a pas su communiquer avec les familles et a entretenu une certaine omerta sur ce qu'il se passait à l'intérieur. Lors d'un CSE le 20 mars dernier, notre directeur régional ne nous a pas informé d'un premier décès au sein de l’Ehpad" expliqueStéphanie Maccarani, déléguée CGT Santé privée dans les Alpes-Maritimes.

Selon Yves Chanssel, secrétaire départementale Force Ouvrière Santé privée 06 : les dirigeants de l'Ehpad "ont mis très tardivement les moyens nécessaires pour stopper la propagation du virus : les masques, surblouses, charlottes n'étaient pas suffisants, et on a testé les patients et les salariés tardivement".  

Les salariés sont soutenus par les familles, comme cet homme qui rend visite à sa tante âgée de 97 ans : "Elle a été testée positive mais elle est maintenant guérie. Je peux aller la voir. On a eu peur que le téléphone sonne et qu'on nous apprenne une mauvaise nouvelle, je comprends les familles qui sont plus que révoltées et le personnel qui réclame plus de moyens humains". 

"Il faut davantage de moyens humains, arrêter les économies sur le personnel."

Les salariés souhaitent aussi la reconnaissance en "maladie professionnelle" pour tous leurs collègues qui ont contracté le Covid-19 dans le cadre de leur travail. Noria est aide-soignante et travaille de nuit pour un salaire de 1.600 euros net grâce à la prime de nuit "on vivote, on survit". 

Paroles de salariés

L'intersyndicale de Korian revendique "une prime grand âge de 100 euros dans le secteur privé, de véritables augmentations salariales conventionnelles de 300 euros net par mois et une majoration des heures supplémentaires".

Les salariés se disent "stressés", "fatigués" avec un climat anxiogène parce que l'épidémie n'est pas terminée. Ils ont peur d'attraper le virus, de le transmettre à leurs familles, aux résidents : 

"On a peur qu’il y ait un cas, on ressent une pression, dans notre vie privée on fait très attention. J'ai deux enfants qui ne sont pas sortis pendant deux mois pour que je ne ramène rien à l’Ehpad."  - Une salariée ASH (agent de service hôtelier chez Korian)

Renforcer les effectifs est la revendication première pour ces salariés qui pointent un ratio d'encadrement à 0,6, c'est-à-dire six salariés pour 10 résidents, en comptant les services administratifs, la restauration. L'un des plus bas ratios d'Europe. "On a eu des renforts d'infirmières encore étudiantes, qui ne savaient pas faire de toilettes, elles étaient livrées à elles-mêmes, payées 28 euros la semaine".

L'intersyndicale rappelle que les Ehpad privés lucratifs sont financés pour les salaires et les soins par les conseils départementaux et les ARS à hauteur de 50% de leur chiffre d'affaires. 

Les salariés en grève

Dans un communiqué, la direction de Korian s'engage à verser une prime de 1.500 euros aux salariés de ses Ehpad début juillet, en plus des primes qui seront versées par le gouvernement. La prime de Korian sera versée "aux salariés ayant eu une présence effective au cours de la crise et présents dans l’entreprise au moment du versement".

Par ailleurs l’entreprise rappelle qu’il sera "versé le 29 mai au titre de la participation de l’année 2019 un montant moyen par salarié de 585 euros."

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