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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : malgré le confinement, des artisans dans la rue à Belfort pour le 1er Mai

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Par , France Bleu Belfort-Montbéliard

Plusieurs dizaines d'entrepreneurs du Nord Franche-Comté ont manifesté ce vendredi 1er Mai devant les grilles de la Préfecture de Belfort, à l'initiative d'un collectif d'artisans en colère, pour dire leurs difficultés en raison de l'épidémie de coronavirus.

Plusieurs dizaines d'entrepreneurs du Nord Franche-Comté ont manifesté ce vendredi 1er Mai à Belfort.
Plusieurs dizaines d'entrepreneurs du Nord Franche-Comté ont manifesté ce vendredi 1er Mai à Belfort. - Yann Robin

"Soit on se fait entendre, soit ce sera la mort". Une quarantaine d'entrepreneurs, selon les organisateurs, ont manifesté ce vendredi 1er Mai devant les grilles de la Préfecture de Belfort. Touchés de plein fouet par la crise du coronavirus, ces artisans en difficulté ont peur de l'avenir et réclament des mesures supplémentaires de la part du gouvernement.

Les aides actuelles ? "C'est des miettes"

"Les aides actuelles ne permettent pas d'anticiper l'avenir, c'est des miettes" assure Yann Robin, restaurateur à Joncherey, l'un des artisans à l'origine du collectif (voir encadré en bas de page). "A la reprise de notre activité, le 11 mai, la clientèle ne sera pas au rendez-vous, mais nous, on aura toujours les charges à payer". "On sait qu'on ne va pas tenir jusqu'à la fin de l'année, et le seul levier qu'on aura pour tenir, ce sont les licenciements", a-t-il expliqué à France Bleu Belfort Montbéliard.

Commerces endettés, maisons hypothéquées...

Ce restaurateur dit avoir perdu "75% de son chiffre d'affaires" depuis le début de la crise, et il n'a pas pu se verser de salaire depuis le mois de mars. Si lui a touché les 1.500 euros du fonds de solidarité, il assure que "certains n'ont rien eu du tout", et beaucoup ont peur "de tout perdre". "Les commerces sont endettés, les maisons sont hypothéquées, on a des enfants à nourrir... si on en arrive là, c'est vraiment qu'on a plus le choix".

Trois revendications principales

Le collectif réclame trois mesures principales :

  1. La possibilité pour les artisans qui ne retrouveraient pas de clientèle d'avoir accès au chômage partiel jusqu'à fin décembre;
  2. L'annulation de toutes les charges depuis le 1er mars jusqu'à la fin de l'année pour les entreprises qui peuvent faire revenir leurs salariés;
  3. Le remboursement "total et sans conditions" des pertes d'activités.

"Si les assureurs ne peuvent pas tout prendre en charge, il faut que l'Etat paye le complément, pour nous permettre de retrouver le niveau de trésorerie qu'on avait avant la crise", demande le collectif.

Garagiste, tatoueur, restaurateur, carreleur...

Parmi les artisans venus manifester se trouvaient plusieurs restaurateurs de Belfort (90) ou d'Héricourt (70), un tatoueur d'Audincourt (25), un garagiste de Colombier-Fontaine (25), le gérant d'une entreprise de BTP de Suarce (90), un artisan-carreleur de Besançon (25) ou encore la gérante d'un magasin de vêtements de Dannemarie (68).  

La manifestation n'avait pas été autorisée

Le cortège d'artisans, parti vers 9h30 du parking du Cora d'Andelnans, est arrivé vers 10h devant la Préfecture du Territoire de Belfort, où a eu lieu "une cérémonie d'enterrement des entreprises". Les artisans, un par un, sont venus symboliquement déposer dans un cercueil leur Kbis, la carte d'identité de leur entreprise. Deux couronnes de fleurs avaient été offertes par des fleuristes de Grandvillars et Pont-de-Roide.

Les artisans ont déposé dans un cercueil leur Kbis, la carte d'identité de leur entreprise.
Les artisans ont déposé dans un cercueil leur Kbis, la carte d'identité de leur entreprise. - Yann Robin

La manifestation, qui n'avait pas été autorisée, s'est déroulée dans le calme. Les organisateurs assurent avoir respecté les gestes barrière. Le collectif avait déjà été reçu "plus de 2 heures" mercredi par le Préfet du Territoire de Belfort, David Philot. Le Préfet était d'ailleurs présent ce 1er Mai pour accueillir les manifestants, il a même pris la parole au micro et la séquence a été filmée. "On va garder contact avec le Préfet et continuer de travailler pour l'avenir", s'est félicité le collectif à l'issue du rassemblement.

Le Préfet David Philot a pris la parole au micro
Le Préfet David Philot a pris la parole au micro - Yann Robin

Un groupe facebook très actif

  • Le collectif "Compteur officiel des entreprises et des salariés en difficulté", à l'origine de ce rassemblement, a été créé le 12 avril dernier par trois entrepreneurs du Nord Franche-Comté : Yann Robin, gérant d'une boulangerie et d'un restaurant américain à Joncherey (Territoire de Belfort), Cédric Voisinet, gérant d'un snack sur la presqu'île du Malsaucy (Territoire de Belfort), et Gilles Zozzoli, dirigeant d'une salle de sport à Vieux-Charmont (Doubs). Début mai, la page facebook du collectif comptait plus de 1.300 membres : des artisans et commerçants de toute la région mais aussi des salariés. "Ce groupe facebook sert à faire remonter les témoignages", notamment auprès des élus locaux et des parlementaires, pour les alerter sur la situation, explique le collectif.
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