Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Coronavirus : mangez du maroilles pour sauver la filière

-
Par , France Bleu Nord

La région Hauts-de-France et le syndicat du maroilles lancent un appel aux consommateurs pour qu'ils achètent de ce fromage symbole du Nord. La filière est menacée par les conséquences du confinement.

maroilles
maroilles © Radio France - vincent schneider

"On a 70 000 fromages en stocks dans nos caves" souffle Claude Leduc, producteur des maroilles Leduc à Sommeron, près de La Capelle (Aisne), au cœur de la Thiérache et donc de l'appellation d'origine protégée (AOP) du maroilles.

Son exploitation produit quelques 800 tonnes de fromage par an et depuis le 18 mars, il l'a mise à l'arrêt. 90% de ses 45 salariés sont donc au chômage partiel, seuls ses affineurs continuent de travailler pour surveiller les fromages déjà fabriqués. "_On en a mis en congélation_, d'autres en chambre froide à 2 degrés pour essayer de les bloquer au niveau de l'affinage et puis on essaie de vendre tout ce qu'on peut".

Éviter de jeter 

C'est là tout l'enjeu : vendre pour éviter de jeter des tonnes de fromages arrivés à maturité. Car depuis le début du confinement les commandes ont drastiquement chuté. Claude Leduc vend essentiellement aux centrales d'achat pour la grande distribution, pour les cantines de collectivités ou d'entreprise mais aussi aux restaurateurs. Il ne lui reste plus que la grande distribution mais apparemment le maroilles ne fait pas partie de ses priorités de commandes. "En gros, on vend entre 5 et 8% de ce qu'on vendait avant" souligne-t-il.

Vers la vente directe et les circuits-courts

Il compte donc se tourner vers la vente directe aux consommateurs pour tenter d'écouler ses stocks sans trop de perte quitte à faire des opérations promotionnelles. 

Cela dit, la vente directe et les circuits-courts ne sont pas non plus la solution miracle. David Druesnes, l'unique producteur du village de Maroilles (ferme de Cerfmont), dans l'Avesnois (Nord) ne travaille que comme cela et lui aussi souffre de la baisse des ventes. "On est en gros à -20%" estime-t-il et à -70% dans son magasin de ferme qui représente 30% de son chiffre d'affaires.

Il a toutefois choisi de poursuivre sa production pour éviter le chômage partiel à ses 10 salariés même s'il a diminué ses volumes de production. Il a dû jeter près de 600 fromages qui n'ont pas trouvé preneur.

Appel aux consommateurs

"Le maroilles subit ce que beaucoup de produits alimentaires - frais en particulier - subissent" explique Marie-Sophie Lesne, la vice-présidente du conseil régional des Hauts-de-France en charge de l'agriculture. "Le maroilles fait partie des produits qui sont surtout consommés dans la restauration collective (cantines scolaires et d'entreprises)ou dans les restaurants et moins à la maison".

Il s'agit donc pour le conseil régional de faire la promotion de la filière pour inciter les consommateurs à acheter du maroilles. La région prévoit donc une campagne de communication à partir de la semaine prochaine pour sensibiliser les consommateurs mais aussi les grandes surfaces afin qu'elles s'engagent pour ce fromage qui est un symbole de la région.

"80% du maroilles consommé en France l'est au Nord de Paris" explique l'élue qui en conclut que "50% l'est dans la région Hauts-de-France". Pour elle, si on sensibilise les habitants à "leur" fromage "on peut sauver la filière".

La région compte également s'engager en augmentant ses propres commandes de fromage. Elle avait prévu 6 400kg de Maroilles en trois ans pour les cantines des 98 lycées dont elle a la charge. "On va certainement en acheter beaucoup plus en fonction de ce qui sera écoulé ou pas écoulé" précise la vice-présidente.

Le conseil régional compte aussi communiquer pour soutenir d'autres filières en difficultés : la fraise, l'asperge, les élevages bovin et ovin, notamment.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess