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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : "Dans un sous-marin vous êtes coupé du monde mais vous savez quand vous allez sortir"

Jean Edouard Nicolas est un ex-sous-marinier. Ce Cherbourgeois a servi dans les bâtiments de la Force océanique stratégique. L'une des principales différences entre le confinement lié au coronavirus et celui dans un sous-marin, c'est que le sous-marinier, lui, connaît la durée de son confinement.

Les sous-mariniers sont confrontés à la notion de confinement
Les sous-mariniers sont confrontés à la notion de confinement © Maxppp - Stéphane Geufroi

Jean Edouard Nicolas est un ancien sous-marinier cherbourgeois. Il a servi sur trois submersibles de la marine nationale (Le Redoutable, l'Indomptable et le Terrible). Il vit assez bien la période de confinement mise en place dans notre pays depuis trois semaines

"Personnellement, habitant à la campagne, je n'ai pas vraiment l'impression d'être confiné. J'ai un grand jardin, je peux sortir quand je veux profiter du soleil et m'aérer.

Je parlerai plutôt d'une restriction de liberté de circulation, peut-être sévère mais plus que nécessaire."

Invité sur notre antenne, il a comparé les différences entre le confinement que l'on connaît en raison de la Pandémie du coronavirus et celle qu'il a vécu dans les sous-marins.

Une fois que le bateau a plongé, il n'y a pas d'échappatoire. Il n'y a même pas de feuille de dérogation. On est enfermé

"Avec la vie en sous-marin, on peut vraiment parler de confinement puisqu'on est dans un espace vraiment clos. Par contre c'était un confinement librement consenti puisque pour être sous-marinier il faut d'abord être volontaire.

C'est vrai qu'une fois que le bateau a plongé, il n'y a pas d'échappatoire. Il n'y a même pas de feuille de dérogation. On est enfermé. 

Lorsque les sous-marins lance-engins (SNLE) plongent, on sait qu'on part pour environ 70 jours sans voir le soleil, sans voir la lune, sans voir ni le jour ni la nuit. C'est complètement clos."

Point commun du confinement en sous-marin et dans celui imposé par la Pandémie de coronavirus, Jean Edouard Nicolas a tendance à perdre la notion du temps.

La principale différence réside dans le fait que, contrairement à une mission en sous-marin, on ne connaît pas la durée du confinement lié à la pandémie du coronavirus. 

"Cela change beaucoup de chose psychologiquement.

"On s'en rend compte avec mon épouse. On perd cette notion et en mer c'était un peu similaire. On est rythmé par les quarts qui se suivent mais on ne fait plus le distinguo entre les jours." 

La principale différence réside dans le fait que, contrairement à une mission en sous-marin, on ne connaît pas la durée du confinement lié à la pandémie du coronavirus. 

"Cela change beaucoup de chose psychologiquement.  C'est là que se situe la grosse inquiétude pour la majorité des gens. On ne sait pas quand ni comment on va sortir. Nous, on quand même une date approximative même si jusqu’à la fin de la mission on ignorait la date précise. On savait grosso-modo quand on allait revenir.

Là, on ne sait pas aujourd'hui comment cela va se passer pour la pandémie. C'est le flou complet."

Les sous-marins nucléaires poursuivent leurs missions mais les équipages ne sont pas forcément informé de la situation à terre par rapport à cette pandémie du coronavirus. Cela dépend de la date de début de leur mission.

A bord, les mauvaise nouvelles ne sont pas souhaitées ne serait-ce que pour le moral de l'équipage. Quelque soit les informations, c'est le commandant qui juge s'il y a lieu de transmettre ou pas

"Je ne connait par le planning de la force océanique stratégique mais il y a au moins un sous-marin nucléaire lanceur d'engin en mer sans parler des sous-marins nucléaires d'attaque (SNA). Si le SNLE est parti avant le déclenchement de l'épidémie ici en France, l'équipage n'est pas à mon sens informé.

A bord, les mauvaise nouvelles ne sont pas souhaitées ne serait-ce que pour le moral de l'équipage. Quelque soit les informations, c'est le commandant qui juge s'il y a lieu de transmettre ou pas.

Dans le cas présent, je me mets à la place des membres de l'équipage. Les messages qui viennent de la famille sont tous filtrés avant d'arriver à bord. S'il y avait une mauvaise nouvelle, ils ne la connaîtraient qu'en arrivant à l'île longue (à Brest). On est vraiment coupé du monde." 

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