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Coup de force des salariés de MoryGlobal à Orléans ce vendredi

France Bleu Orléans jeudi 19 mars 2015 à 19:39

Le piquet de grève ddevant le site MoryGlobal d'Artenay ce jeudi.
Le piquet de grève ddevant le site MoryGlobal d'Artenay ce jeudi. © Radio France-Sébastien Ponchelet

Les syndicats ont décidé comme tous leurs collègues du reste du pays de manifester leur colère ce vendredi matin. Cela fait suite à l'annonce de l'administrateur judiciaire du transporteur qui a annoncé son intention de demander le placement de l'entreprise en liquidation judiciaire au 31 mars. L'entreprise emploie en France 2.200 salariés, 220 dans le Loiret.

Dans le Loiret, 220 emplois sont menacés sur trois sites : Amilly, Ormes et Artenay . Ce vendredi matin, les salariés vont mener une opération escargot entre le centre commercial Cap Saran et la préfecture de région à Orléans. Le départ est prévu vers 8h30. Des difficultés de circulation sont à prévoir. Il y aura une vingtaine de camions en plein centre d'Orléans, ils seront suivis par les véhicules personnels des salariés. Une manifestation de colère du personnel du transporteur MoryGlobal alors que l'administrateur judiciaire a annoncé qu'il allait demander le placement en liquidation judicaire de l'entreprise le 31 mars .

Huit offres de reprise ont été déposées

Cette liquidation judiciaire intervient à peine un an après la reprise de l'ancien Mory Ducros. Huit offres ont été déposées devant le tribunal de commerce de Pontoise. Mais la meilleure ne conserverait que 126 emplois sur les 2.200 du groupe . Eric Jahier, le représentant syndical CFDT à Ormes en a gros sur le coeur : "j'ai 26 ans d'ancienneté, je suis dégoûté par tous ces financiers qui se succèdent depuis des années et qui ont dézingué l'entreprise. L'État doit nous aider, il doit demander des comptes aux actionnaires et s'il ne ne nous aide pas, ça va aller mal. On va distribuer des tracts devant les bureaux de vote ce dimanche au premier tour des élections départementales. Je ne suis pas sûr que le 29 mars pour le deuxième tour que les copains soient dans le même état d'esprit."

"Ce qu'on veut c'est partit la tête haute, dignement"**

Les salariés ne combattent plus pour sauver l'entreprise. Ils se doutent que l'histoire est terminée même si un repreneur peut encore se présenter d'ici le 31 mars . L'important, c'est d'avoir d'aussi bonnes indemnités de départ que ses collègues licenciés l'année dernière , voire plus. C'est l'espoir de David qui travaille sur le site d'Artenay : "y'à des gens qu'ont cassé leur dos pour l'entreprise, qui ont les genoux pétés. Ce qu'on veut, c'est partir la tête haute, dignement. 2.200 personnes vont se retrouver sur le carreau et je n'oublie pas les sous-traitants. Tous ces gens là que vont-ils devenir ? Que vont-ils manger ? Il n'y a pas de travail et j'ai des collègues qui ont des crédits pour la maison. Ils comptaient sur Maury. On se disait, Maury fermera jamais, c'est une bonne boîte! Mais non" . Ce jeudi, les salariés ont cessé le travail sur les trois sites loirétains. A Artenay, le plus gros site, il y a 113 employés et les trois sites resteront fermés jusqu'à la décision du tribunal de Pontoise le 31 mars .

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