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Mondial de rugby 2023 : la candidature française plombée par les hôtels de Saint-Étienne ?

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 14 novembre 2017 à 20:46

Dans un rapport de la fédération internationale de rugby, l'offre hôtelière de Saint-Etienne est pointée du doigt.
Dans un rapport de la fédération internationale de rugby, l'offre hôtelière de Saint-Etienne est pointée du doigt. © Maxppp - IAN LANGSDON/EPA/Newscom/

Saint-Étienne accueillera-t-elle des matches de coupe du monde de rugby en 2023 ? Réponse ce mercredi 15 novembre avec la désignation du pays-hôte. Mais selon la fédération internationale : la candidature française ferait les frais, entre autres, d'un manque d'hébergements... à Saint-Étienne !

C'est le jour-J ce mercredi 15 novembre. En début d'après-midi, le pays-hôte du Mondial de rugby 2023 sera désigné. La France, l'Irlande et l'Afrique du Sud ont déposé leur candidature. Mais la fédération internationale World Rugby a déjà donné sa préférence aux Sud-Africains. Le dossier tricolore serait handicapé par plusieurs point noirs. Dans son dernier rapport, la fédération indique notamment que les calendriers de la Ligue 1 de football ne sont pas vraiment compatibles avec celui de la coupe du monde. Et, plus surprenant, les hôtels de Saint-Etienne poseraient problème.

"Je ne me fais pas trop de soucis"

Surligné en bas à droite : "les capacités d'hôtels (en France) sont suffisantes (...) excepté à Saint-Etienne" - Aucun(e)
Surligné en bas à droite : "les capacités d'hôtels (en France) sont suffisantes (...) excepté à Saint-Etienne" - Capture d'écran du rapport World Rugby

"Les capacités hôtelières sont suffisantes dans chaque ville, excepté à Saint-Etienne", peut-on lire à la page 41 du rapport. Et dans la Loire, le constat est partagé, en partie, par Serge Marsura, le président du comité de rugby de la Loire.

"Nous le constatons : on manque d'hôtels puisque des gens sont obligés d'aller un peu loin pour être hébergés. Il me semble que les choses n'ont pas trop changé depuis 2007 et la dernière coupe du monde de rugby"

"Mais je ne me fais pas trop de souci", explique-t-il. "Les équipes trouveront toujours un hébergement à côté d'un terrain pour s'entraîner. Certaines peuvent même être hébergées sur Lyon."

"Les supporters devront certainement s'éloigner de la ville", selon Serge Marsura, président du comité de rugby de la Loire.

"En revanche, les supporters devront certainement s'éloigner de la ville. Mais rassurez-vous, ils y restent le soir. Les commerçants savent qu'ils doivent faire des réserves de bières parce que le soir, ce sera festif"

"De gros efforts ont été faits"

Gérard Octroy, le responsable de l'observatoire régional du tourisme Auvergne-Rhône-Alpes, se veut plus mesuré : "l'hôtellerie à Saint-Etienne est un problème relativement récurrent mais, ces dernières années, de gros efforts ont été faits par les professionnels en terme de rénovation et d'ouverture."

"Dire que l'échec de l'obtention de la coupe du monde repose sur le manque d’hôtellerie à Saint-Etienne ? Il ne faut pas exagérer !"

Lui, se souvient très bien de la dernière coupe du monde de rugby à Saint-Etienne en 2007. Alex, patron de pub irlandais et grand fan de rugby : "on avait des équipes qui venaient du monde entier et on a eu de quoi les accueillir. Je crois qu'elles n'ont pas été déçues."

"Et puis aujourd'hui, avec le développement des Airbnb et compagnie, il n'y a plus de souci d'hébergements"

"L'an dernier pour l'Euro de foot, il n'y a eu aucun problème !"

De son côté, l'UMIH 42 (l'Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de la Loire) rappelle que, pour l'Euro de foot 2016, les professionnels n'ont eu aucune difficulté pour accueillir les supporters étrangers. Certains en ont même largement profité.

Le responsable de la branche hôtellerie de l'UMIH 42, Jacques Stribick, rappelle également qu'en moyenne le taux d'occupation des chambres à Saint-Etienne est de 50% : "ce qui prouve qu'on est nettement en surcapacité hôtelière."

"Nous n'avons eu aucune difficultés pour l'Euro de foot de l'an dernier", affirme Jacques Stribick de l'UMIH 42

"Les spectateurs ne viennent pas de l'autre bout de la planète pour n'assister qu'à un seul match : ils en profitent aussi pour visiter. Il y a un arbitrage entre Lyon et Saint Etienne, et cet arbitrage se fait souvent au profit de Lyon"

En tout, neuf villes françaises figurent dans le dossier français pour l'attribution du Mondial de rugby 2023 : Saint-Etienne mais aussi Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice, Lyon, et Saint-Denis.