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Course landaise : l'appel des éleveurs aux pouvoirs publics

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Par , France Bleu Gascogne

Les éleveurs de vaches de course landaise seront ils encore là l'année prochaine ? Après une grève de plusieurs mois, cette fois l'épidémie de Covid-19 provoque des annulations de courses en cascade et les comptes des ganaderos sont dans le rouge. Michel Agruna demande l'aide des pouvoirs publics.

Une course landaise, qu'on espère revoir en 2021 (photo d'archives)
Une course landaise, qu'on espère revoir en 2021 (photo d'archives) © Radio France - Valérie Mosnier

Après une grève inédite de plusieurs mois qui a provoqué l'annulation de toutes les courses, la course landaise doit désormais faire face aux conséquences de l'épidémie de Covid-19. Les courses et les spectacles sont encore annulés, au moins jusqu'au 15 juillet, même déjà parfois jusqu'à la fin juillet. Et ce n'est peut peut être pas fini... 

Parmi les conséquences, on a parlé des comités de fêtes et du manque à gagner pour des commerces. Mais, les gañaderos, les éleveurs de vaches de course landaise, subissent eux aussi de plein fouet ces annulations en cascade. Pas de course, donc pas de recette mais il y a des animaux à nourrir. 

Lancée fin mars, par l’association des Jeunes Coursayres, une cagnotte en ligne a récolté plus de 17.000 euros. Une somme importante, mais peut être pas suffisante. 

Michel Agruna, de la ganaderia DAL, à Aire-sur-l'Adour, possède 300 têtes. Même s'il est de nature optimiste, il ne cache pas son inquiétude dans une vidéo postée sur Facebook. Il en appel aux pouvoirs publics. 

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France Bleu Gascogne : Comment ça va sur la gañaderia ? 

Michel Agruna : Elle va comme elle peut. Nous n'avons pas de recettes depuis le mois de septembre 2019, donc c'est compliqué. Mais le moral et bon et on va essayer de passer comme on peut ce cap difficile. Il est évident que sans une aide conséquente de la part de nos pouvoirs publics, le Conseil Régional, la Fédération, toutes les entités, on n'arrivera pas à joindre les deux bouts et à sauver nos vaches c'est certain. 

Pourquoi ? 

Sans recettes, on ne pourra pas nourrir nos troupeaux durant tout l'hiver et attendre le mois de mars et espérer avoir des courses landaises l'année prochaine. Je pense que pour cette année, malheureusement, ça me paraît excessivement compliqué. 

Est-ce que vous avez peur de la suite ? 

Bien sûr que j'ai peur. Je suis comme tout le monde. Je suis conscient que les restaurants, les hôtels, le tourisme... Tout ce qui faisait la beauté de nos Landes va être terriblement perturbé. On ne peut pas savoir ce qu'il se passer dans les mois et les années à venir. Ça laissera des traces profondes. La course landaise a toujours eu des hauts et des bas, il y a toujours eu des hommes pour la défendre. Des associations qui se montent, qui nous aident, comme les Jeunes Coursayres. Mais, là il est évident que nous sommes dans une situation tellement compliquée... Pas seulement nous, l'Europe et le monde entier sont confrontés à ce virus qui va détruire beaucoup de choses. Et nous autres, personnellement, je ne vois pas comment, très sincèrement, si nous ne sommes pas aidés par toutes les entités possibles, nous n'arriverons pas à passer l'hiver avec nos vaches landaises. Et sans vaches... il n'y aura plus de course landaise. 

Que faut-il faire ? Abattre des animaux ? 

Abattre, c'est évidemment toujours la solution ! Mais actuellement, rien ne fonctionne normalement. Même si on voulait faire partir les vaches à l'abattoir demain matin, on ne pourrait peut être pas le faire parce que la demande de viande n'est pas excessive, surtout pour ce genre de bétail. Alors... Tuer nos vaches que l'on élève avec passion, avec amour, ces vaches pour qui on fait beaucoup de sacrifices, tous les gañaderos landais... Je crois que ce qu'il faut faire, le Conseil Régional en a la possibilité, c'est comme en Camargue, où il y a beaucoup plus d'éleveurs, il y a eu une subvention particulièrement importante qui va leur permettre, je pense, de sortir la tête de l'eau, tant qu'ils n'auront pas de spectacles eux aussi. Il faut impérativement que le Conseil Régional qui nous concerne fasse l'effort , la Fédération fera aussi ce qu'elle a à faire, et peut être avec un peu de chance, en serrant les boulons comme on dit, en laissant passer l'orage, peut être qu'on arrivera à voir le printemps prochain en espérant qu'on sera encore et surtout nos vaches seront encore vivantes. 

Peut être... Il y a beaucoup d'incertitudes ?

Sur les spectacles, il y a toutes les incertitudes. Ce qui est certain, c'est qu'il n'y aura pratiquement pas de courses landaises jusqu'au 31 juillet. Il y a beaucoup de désistements, de fêtes annulées. Donc, il n'y aura pas de revenus tout le mois de juillet. Reste le mois d'août. Mais, le mois d'août, nous allons faire les courses landaises avec qui ? Est-ce qu'il y aura des spectateurs, est-ce que les gens auront envie de sortir ? Est-ce que les gens n'auront pas peur ? Nous, ce qui nous touche c'est le côté finances. Si nous n'avons pas d'aide, nous ne pourrons pas remplir nos hangars de foin, d'aliments, d'ensilage, et si nous ne pouvons pas nourrir nos vaches, il faudra trouver une solution. Mais laquelle ? Voilà le problème. Les quatre gañaderias de compétition représentent pratiquement 0% du troupeau actuel de course landaise, c'est à dire plus de 1.000 vaches et pour faire vivre ces vaches, il faut des revenus. Donc, la course landaise, elle pourra se poursuivre que si nous réussissons le miracle d'arriver au mois de mars 2021 avec une grosse partie de notre troupeau sauvé, de manière à ce que les courses landaises puissent reprendre.  C'est tout un patrimoine qui risque de s'écrouler. Un atout touristique important, un plus pour les Landes. 

Les prochains mois s'annoncent donc très difficiles ? 

Actuellement, nous sommes en train d'écouler les stocks de fourrage que nous avions, mais il va bien falloir les renouveler. Et pour ça, il faut de l'argent, mais comme nous n'avons pas de recettes, je ne sais pas sincèrement comment nous allons faire. Voilà. Nous attendons une échéance qui va arriver, inéluctablement, et face à laquelle, personnellement, et mes collègues aussi, je ne sais pas comment nous allons faire. Si nous ne sommes pas aidés, nous ferons comme beaucoup, on fera faillite et on mettra la clé sous la porte. Et, malheureusement, on ne remonte pas , même avec beaucoup d'argent, un troupeau de course de compétition comme ça du jour au lendemain. C'est un travail de longue haleine, qui se fait pratiquement de père en fils, et ma foi ce sera très compliqué voir quasiment impossible. 

Est-ce que par moment vous vous dites : c'est perdu ? 

Non, parce que je suis quelqu'un d'optimiste et qui ne baisse pas les bras comme ça Nous sommes Gascons, et Alexandre Dumas a plébiscité les mousquetaires, et je crois que nous avons un peu cet esprit mousquetaire, nous n'allons pas lâcher comme ça. Mais, il arrive un moment où il faut regarder les choses en face : aujourd'hui on est là, mais demain est-ce que je pourrais sauver mes vaches ? Car c'est là tout notre problème, qu'elles passent ce cap excessivement difficile et qu'elles soient vivantes l'année prochaine. Nous aimons ces bêtes, au-delà du raisonnable peut-être, et évidemment on va essayer de les sauver, faire tout ce qui est en notre pouvoir, quitte à les lâcher sur le bord de la route, les surveiller, pour qu'elles puissent manger. Il nous faut tenir ces quelques mois, c'est une question financière et si nous sommes aidés par toutes les entités qui peuvent le faire, j'oserais dire doivent le faire, alors peut-être qu'au mois de mars on sera encore là. 

Vous pouvez tenir encore combien de temps sans revenu ? 

Il y a des gens qui nous aident, qui nous donnent du foin, qui nous soutiennent moralement et un peu financièrement, de manière modeste, car évidemment on ne peut pas demander aux particuliers des aides aides trop conséquentes. Mais, je pense très sincèrement que ce qui se fait en Camargue, où on a aidé énormément les manadiers, doit se faire en Aquitaine. Je pense, j'espère, qu'on va tous tenir jusqu'au mois de septembre, octobre, novembre peut-être, mais après ? Le dur va être quand nous allons entrer dans l'hiver, il n'y a pas d'herbe et les vaches ont toujours besoin de manger. 

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