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Dossier : Coronavirus Covid-19

L'appel au secours d'une éleveuse de brebis puydômoise, "désemparée" de ne pas vendre ses agneaux

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Le confinement et la fermeture des restaurants impactent lourdement la vente des agneaux de Pâques : l'ensemble de la filière subit un effondrement des commandes. C'est pourtant la période de l'année où les ventes sont les plus importantes.

Sophie Vermandère éleveuse de brebis à Orcines ( Puy-de-Dôme)
Sophie Vermandère éleveuse de brebis à Orcines ( Puy-de-Dôme) © Radio France - Jean-Pierre de Mongelas

Gestation puis engraissement, c'est huit mois de travail pour amener l'agneau à maturité pour les fêtes de Pâques. Mais cette année, le confinement interdit les rassemblements familiaux, où le gigot d'agneau trône souvent en bonne place sur la table. Et si les frigos des coopératives sont pleins, les ventes ont chuté de 75%. 

Si les agneaux label rouge que produit le GAEC "des Sonnailles" ne sont pas vendus dans les jours qui viennent, ce sera trop tard. _"Il y a un instant T où l'agneau est bon à vendre, ce n'est pas une série Netflix sur laquelle on peut mettre pause"_, explique Sophie Vermandère, qui tient, avec son compagnon Mathieu Brunel, un cheptel de 600 brebis à Orcines, au pied du Puy-de-Dôme. 

Un appel lancé sur Facebook

Cette jeune éleveuse auvergnate est désemparée de ne pas vendre ses agneaux, au point de lancer un cri d'alarme sur les réseaux sociaux. Sur sa page Facebook, elle appelle les consommateurs au secours pour qu'ils achètent sa production, et, plus généralement, de l'agneau français, alors que le marché est inondé par la viande d'agneau en provenance de Nouvelle Zélande. 

C'est une question de survie pour ce jeune couple installé depuis deux ans. L'activité est encore en cours de lancement et les travaux de la fromagerie ont été stoppés. "Si on rate cette période de Pâques, qui constitue un des pics de vente de l'année, ce sera compliqué de se rattraper niveau trésorerie, sur les années suivantes", alerte Sophie Vermandère. 

La fédération nationale ovine a bien compris l'urgence de la situation. Elle vient de lancer, avec sa présidente Michèle Boudoin, elle aussi éleveuse de brebis dans le Puy-de-Dôme, une campagne de communication pour acheter de l'agneau français. Elle invite aussi les grandes surfaces à promouvoir la production hexagonale et à faire don des agneaux néo-zélandais en rayons aux associations caritatives.  

Sophie Vermandère élève 600 brebis dans sa bergerie
Sophie Vermandère élève 600 brebis dans sa bergerie © Radio France - Jean-Pierre de Mongelas

Pour amortir les pertes, il reste la solution des circuits courts. Ce que la coopérative ne lui achète plus, Sophie et Mathieu espèrent le vendre aux consommateurs près de chez eux, pour sauver ce qui peut encore l'être. La solidarité n'est pas un vain mot : depuis qu'elle a lancé son appel sur Facebook, le téléphone sonne sans arrêt. Sophie, contrainte et forcée, a abandonné pour un temps le métier d'éleveuse pour celui de secrétaire. Elle se dit toutefois heureuse de constater "qu'il y a autant de gens pour aider et participer à maintenir les fermes du territoire"

Solidarité du monde agricole

Solidarité des consommateurs mais aussi solidarité paysanne. Pour ramener ses agneaux de l'abattoir de Brioude (Haute-Loire) puis les stocker en attendant d'être vendus, un ami éleveur leur a prêté sa remorque-frigo. Et comme l'union fait la force, Sophie a contacté d'autres producteurs qui ont du mal à écouler leurs productions saisonnières, en raison de l'épidémie et du confinement. Ensemble, ils vont constituer des paniers garnis destinés à la vente en circuit court. Fromagers et maraîchers, entre autres, ont répondu à l'appel. 

Dans ces paniers garnis, outre le gigot d'agneau, les clients pourront retrouver du fromage, des asperges ou encore des fraises et d'autres produits de la ferme. C'est une restauratrice d'Orcines qui leur prête sa crêperie, actuellement fermée, pour en faire un point retrait. Les clients qui auront commandé un panier par téléphone pourront venir le retirer certains jours de la semaine, en prenant rendez-vous pour ne pas se croiser. 

La première vente est prévue le 10 avril. Toutes les infos sont sur la page Facebook du GAEC.

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