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Économie – Social

Crest : un "village des métiers" pour favoriser les recrutements

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Le Pôle Emploi de Crest a mis en place cette initiative originale pour susciter les vocations. Dans la région, il y a de nombreuses opportunités d'emploi dans plusieurs domaines, mais peu de candidats, pas toujours prêts à se reconvertir.

Le coin réservé aux métiers de bouche : boulangerie, boucherie et poissonnerie.
Le coin réservé aux métiers de bouche : boulangerie, boucherie et poissonnerie. © Radio France - Léo COrcos

Crest, France

"Il n'y a pas d'âge pour changer de branche, et changer de métier". Jawal ne veut pas dire son âge. Mais cet homme de taille moyenne, cheveux blancs, qui porte un tablier de poissonnier, n'a pas eu peur de se reconvertir. Il vient de se lancer dans la poissonnerie, et il est actuellement... en stage. "A la base, j'ai un CAP/BEP de soudeur, que j'ai arrêté il y a plusieurs années à cause de ma vue. Le Pôle Emploi de Romans m'a proposé de partir en poissonnerie. Moi qui aime bien tout ce qui est fruits de mer, je m'y suis lancé. Et là, je suis une formation en poissonnerie, pour, par la suite, monter ma boîte."

Le secteur de la poissonnerie s'inquiète du manque d'offre. - Radio France
Le secteur de la poissonnerie s'inquiète du manque d'offre. © Radio France - Léo Corcos

Pas évident, pourtant, de se reconvertir dans une branche totalement différente de celle dont on vient. On se dit que c'est trop tard, qu'on aurait dû faire une formation bien spécifique avant, qu'on ne réussira pas... Pourtant, c'est possible. Sans avoir à traverser la rue, on peut se lancer dans un nouveau cursus, intensif, de plusieurs mois (entre trois et huit pour la boulangerie, neuf pour la poissonnerie, par exemple), qui donne la part belle à l'immersion en entreprise, et se reconvertir. C'est pour cela que le Pôle Emploi de Crest a lancé ce Village des métiers : pour rapprocher les demandeurs d'emploi de la réalité effective du terrain."Ca ne me fait pas peur de me reconvertir. Je pense que se lancer sans être accompagné, c'est ça qui fait le plus peur. L'accompagnement peut rendre la reconversion accessible", lance Claire, demandeuse d'emploi depuis deux ans, et qui a effectué l'essentiel de sa carrière dans la petite enfance.

Le secteur de la boucherie s'inquiète aussi de la pénurie de candidats. - Radio France
Le secteur de la boucherie s'inquiète aussi de la pénurie de candidats. © Radio France - Léo Corcos

Car c'est presque un paradoxe : on croise des boulangers, des bouchers, des poissonniers tous les jours, on a une visibilité et une proximité immédiates sur ces métiers, mais jamais il ne nous viendrait à l'idée d'être autre chose que leurs clients. Pourtant, non seulement peut-on passer de l'autre côté du comptoir, mais en plus, ces secteurs recrutent. Et de manière urgente. Olivier Fournier, poissonnier depuis 25 ans, est venu au Village des métiers pour alerter. "Il faudra toujours quelqu'un pour découper la viande et le poisson. On arrive à une génération de gens, dans ces métiers-là, qui va _partir à la retraite_. Et non seulement il faut les remplacer, mais en plus on en aura toujours besoin. Et c'est pour cela qu'il faut le dire, car il y a une méconnaissance de ces métiers : ils sont accessibles. Je suis tombé un peu par hasard en poissonnerie et j'y suis resté'"

Il y a 450 entreprises de boulangerie en Drôme-Ardèche. - Radio France
Il y a 450 entreprises de boulangerie en Drôme-Ardèche. © Radio France - Léo Corcos

Alors bien sûr, on ne peut pas s'improviser boulanger, boucher ou poissonnier du jour au lendemain. Il n'en demeure pas moins que ces métiers sont accessibles. Pour cela, outre les réticences à la reconversion, il faut aussi combattre les idées reçues. Emmanuel Coquoin a co-fondé la boulangerie-école L'Aura pour rapprocher, justement, les professionnels des demandeurs d'emploi. "On croit encore que le boulanger attaque à une heure du matin. C'est faux. Aujourd'hui, les salariés ne commencent pas avant quatre ou cinq heures du matin. Le rythme a évolué, on n'est plus à 80 heures par semaine, mais plutôt à 35 ou 40 heures. Et on peut très bien y gagner sa vie !"

En tout, une trentaine de métiers ont été proposés aux visiteurs, parmi lesquels, donc les métiers de bouche, mais aussi les services à la personne, le BTP, le numérique, l'aéronautique, ou encore la métallurgie.

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