Économie – Social

Creuse : colère au Conseil départemental face au désengagement de l'Etat

Par Maxime Tellier, France Bleu Creuse vendredi 29 septembre 2017 à 18:36

L'intersyndicale des agents territoriaux de la Creuse a pris la parole en plénière du Conseil départemental à Guéret ce vendredi
L'intersyndicale des agents territoriaux de la Creuse a pris la parole en plénière du Conseil départemental à Guéret ce vendredi © Radio France - Maxime Tellier

La baisse des dotations de l'Etat et ses conséquences pour les territoires ont fait irruption à la rentrée du Conseil départemental ce vendredi à Guéret. Conséquences pour les agents territoriaux et pour les GM&S qui ont appelé les élus à faire bloc pour défendre la Creuse et les Creusois.

"Il serait grand temps qu'on se serre les coudes et qu'on se batte ensemble pour la Creuse", a lancé Yann Augras aux conseillers départementaux en ouverture de séance, "soit on se bat pour le département, soit on se laisse faire mais alors notre territoire va crever". Le délégué CGT de l'usine GM et S a rappelé aux élus que la restructuration de l'usine de la Souterraine avait des conséquences pour tout le territoire : "156 salariés licenciés, ce sont des familles qui ne s'en remettront pas ou qui quitteront la Creuse pour trouver un travail, ce sera des enfants en moins dans les écoles, des classes qui vont fermer".

Les élus locaux appelés à monter au créneau

"Quand on voit l'Etat qui se désengage et le département qui retire des agents, on s’inquiète aussi de la façon dont les salariés licenciés seront accompagnés... D'autant que les 120 qui ont conservé leur emploi pourraient se retrouver sur le carreau bientôt. La reprise telle que GMD la mène en ce moment n'est pas pérenne", a ajouté Yann Augras, liant le sort des ouvriers de La Souterraine à celui de la Creuse. "Aujourd'hui, le repreneur GMD a licencié la plupart des délégués syndicaux, nous ne sommes plus que 4 sur 16 et nous n'avons plus les moyens de nous battre seuls, on a besoin de votre aide".

Une sorte d'Union sacrée qui pourrait commencer mercredi prochain, le 4 octobre : les syndicats appellent tous les élus locaux de Creuse, de Haute-Vienne et de l'Indre à les rejoindre à Paris ou à Egletons en Corrèze où Emmanuel Macron fera un déplacement (la destination n'est pas encore arrêtée). Vendredi à Guéret, la plupart des élus du département ont annoncé qu'ils seraient présents le 4 octobre pour faire pression sur l'Etat et Valérie Simonet, la présidente du département, a ajouté qu'elle demanderait une audience à Emmanuel Macron.

L'inquiétude s'étend aussi aux agents territoriaux de la Creuse : ils avaient fait grève le 10 février contre la précarisation des emplois dans la collectivité et accusent Valérie Simonet d'anticiper sur les baisses de dotation en gelant les embauches de titulaires. Ils ont eux aussi interpellé les élus pour faire entendre leurs revendications. Ils feront grève à nouveau le 10 octobre à l'occasion d'une journée nationale de mobilisation dans la fonction publique.