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Creuse : las de ne pas pouvoir rallumer les fourneaux de son restaurant, un chef ouvre un foodtruck

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Par , France Bleu Creuse

Des hamburgers cuisinés par un chef en bord de route, c'est une des situations ubuesques engendrées par la crise de la Covid-19. Paul-Antoine Goigoux, chef d'un restaurant réputé à Genouillac, n'en pouvait plus de plus pouvoir cuisiner pour ses clients. Il a donc ouvert un foodtruck à sa sauce !

"Le 940 Street Food" stationne au pont de Genouillac pour la pause déjeuner du lundi au vendredi
"Le 940 Street Food" stationne au pont de Genouillac pour la pause déjeuner du lundi au vendredi © Radio France - Valérie Menut

Paul-Antoine Goigoux est un chef qui depuis des années attire à sa table, "La Table de mon grand-père", des clients bien au-delà de la petite commune de Genouillac (près de 800 habitants). Seulement voilà, depuis bientôt un an, exception faite des deux mois estivaux, les tables de son restaurant restent sans couverts à cause des restrictions sanitaires. Le chef a bien tenté de trouver une parade, en faisant des pizzas à emporter, mais le couvre-feu a rapidement mis un terme à cette initiative. Qu'à cela ne tienne, Paul-Antoine Goigoux était bien décidé à rallumer les fourneaux. C'est chose faite depuis ce lundi 22 février, en plein air !

Il a remis le tablier mais troqué sa cuisine pour un foodtruck. Une toute nouvelle expérience pour ce maître restaurateur plus habitué aux foies gras et ris de veau qu'aux snacks. Pas de quoi doucher sa bonne humeur, au contraire, "ici, les burgers sont faits avec du pain artisanal du boulanger de Genouillac, la viande de Charolaise vient de chez le boucher, et ce sont de vraies tomates, de vrais oignons, nous dit-il en montrant fièrement ses produits frais. Les frites, les desserts, tout est fait maison. Mais c'est presque un nouveau métier, il faut aller plus vite pour que les clients qui font la queue n'attendent pas, prévoir tout ce qu'il faut le matin, bien charger, ne pas en avoir de trop non plus, ne rien oublier, prévoir le packaging". 

Paul-Antoine et Julie Goigoux derrière les fourneaux de leur foodtruck
Paul-Antoine et Julie Goigoux derrière les fourneaux de leur foodtruck © Radio France - Valérie Menut

"ça fait un bien fou de revoir des clients et surtout de parler avec des clients"

Un changement d'habitudes qui se fait avec le sourire. Pourtant, le contexte économique ne s'y prête pas. "Financièrement, on attend toujours les aides de l'Etat. Pour l'instant, on a touché que celles de novembre. Mais ce n'est pas trop l'aspect financier qui nous a poussé à ouvrir ce foodtruck concède Paul-Antoine Goigoux. _C'est surtout l'aspect social_, parce que rester tout seul tout le temps c'est long. Et puis je travaille avec mon épouse, et les soirs, si on ne travaille plus, on n'a plus rien à se raconter !". Et les deux époux de rire de bon coeur, tout heureux de cuisiner à nouveau pour les autres, et insiste Julie Goigoux : "ça fait du bien de revoir des clients et surtout de parler avec des clients !

Des clients ravis

Des clients ravis de trouver ce foodtruck sur leur route. "C'est impeccable quand on n'a qu'une demi-heure comme moi pour déjeuner" nous confie l'un d'entre eux, "c'est très pratique parce qu'en ce moment c'est compliqué pour trouver à manger sur sa pause déjeuner" nous avoue encore un ouvrier d'un chantier tout proche. "C'est une très bonne initiative, se réjouit le maire de la commune, Jean-Claude Aurousseau, _les ouvriers peuvent bénéficier d'un repas chaud. Et puis il n'y a pas que l'aspect alimentaire qui est important, il y a aussi le lien social. D'ailleurs, ici, ce n'est pas la rue Sainte-Catherine à Bordeaux, ici on est en Creuse. Il faut trouver d'autres mesures pour les Creusois, parce qu'_ici, la distanciation on l'a malheureusement toute l'année. Il faut rouvrir des choses".

Ouverture du foodtruck "Le 940" à Genouillac - Reportage à écouter ici

Le foodtruck "Le 940" (du nom de la route départementale devant laquelle il est stationné) contribue donc à redonner un peu de vie et de lien social, en pied de nez à la pandémie. Et ce qui était un projet dans un coin de la tête de Paul-Antoine Goigoux, "pour les petits buffets du dimanche les week-ends de mariages, pour changer du traditionnel taboulé" a émergé dans d'autres conditions et sous un autre aspect. Peu importe, ce foodtruck est amené à perdurer puisque lorsque le chef pourra retourner derrière les fourneaux de son restaurant, il est déjà acté que son épouse elle, s'occupera du snack, avec un salarié que le couple espère recruter rapidement. 

L'interview de Paul-Antoine Goigoux

Prêt pour un burger maison avec le pain du boulanger du village ?
Prêt pour un burger maison avec le pain du boulanger du village ? © Radio France - Valérie Menut
L'emplacement et la borne électrique pour permettre l'installation de ce foodtruck sont gracieusement fournis par la mairie de Genouillac
L'emplacement et la borne électrique pour permettre l'installation de ce foodtruck sont gracieusement fournis par la mairie de Genouillac © Radio France - Valérie Menut
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