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Crise à l'hôpital public : plus de 500 médecins chefs démissionnent de leurs fonctions administratives

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Par , France Bleu

Après avoir menacé de "démissionner collectivement" mi-janvier, plus de 500 médecins hospitaliers, dont des chefs de service, sont passés à l'acte et ont renoncé à leurs fonctions administratives. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a indiqué mercredi qu'elle recevrait leurs représentants "mi-mars".

Plus de 500 médecins ont renoncé à leurs fonctions administratives et d'encadrement depuis le 27 janvier
Plus de 500 médecins ont renoncé à leurs fonctions administratives et d'encadrement depuis le 27 janvier © AFP - Philippe Labrosse / Hans Lucas

À Paris, Marseille, Bordeaux, Avignon, Caen, Clermont-Ferrand, Pau, Limoges, Annecy, ou encore La Rochelle... selon un décompte du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) arrêté mardi 4 février, plus de 500 médecins ont renoncé à leurs fonctions administratives et d'encadrement - tout en continuant à assurer les soins - depuis le 27 janvier. Plus d'une centaine d'autres démissions étaient attendues ce mercredi, notamment en Seine-Saint-Denis. Une façon de dénoncer "l'insuffisance du plan d'urgence" dévoilé fin novembre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et le Premier ministre Édouard Philippe après huit mois de crise

"Une gestion purement économique" 

À Caen notamment, 37 hauts responsables du CHU sont passés à l'acte lundi. "Nous voulons être plus associés à la gouvernance de l’hôpital", a expliqué le professeur Thong Dao, chef du service gastro-entérologie, à France Bleu Normandie (Calvados - Orne). "On a un directeur tout puissant qui a une gestion purement économique de l’hôpital qu’il dirige comme une entreprise". Une logique comptable qui consiste à "multiplier les actes pour gagner de l’argent" au détriment de la qualité des soins selon lui. Un avis que partagent les cinq médecins "démissionnaires" du CHRU de Brest. Tous dénoncent une logique de rentabilité qui met à mal certains services. "On n'a pas pour habitude de démissionner", a insisté Michel Nonent, chef du service radiologie auprès de France Bleu Breizh Izel, "et ce n'est pas seulement symbolique. Il y a du concret avec la souffrance du personnel." 

Dénonçant "le risque d'effondrement imminent du système hospitalier public", les médecins de Clermont-Ferrand réclament, eux, un "Grenelle de l'hôpital public avec des réformes en profondeur de son financement et de sa gouvernance, permettant de remettre de l'humain et des humains dans nos services". Dans un courrier adressé à leur direction, ils suggèrent notamment la mise en place "d'une coordination entre l'hôpital public et la médecine extra-hospitalière pour répondre aux besoins de santé sur les territoires".

Les grandes villes ne sont pas les seules concernées, à Moulins dans l'Allier le chef des urgences s'est joint au mouvement. Même chose à Niort, où neuf médecins ont décidé de ne plus participer "aux réunions d'activité budgétaire".

Nouvelle journée de grève le 14 février

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui estime avoir déjà répondu aux exigences des médecins chefs avec son plan, a indiqué mercredi qu'elle recevrait leurs représentant "mi-mars", après le versement de nouvelles primes, pour "voir s'il y a d'autres mesures nécessaires", en particulier "autour de la gouvernance des hôpitaux". 

"Je veux d'abord qu'on fasse un état des lieux de la façon dont les réformes s'appliquent, notamment les primes pour les personnels", a-t-elle expliqué. Selon elle, "200.000 personnels hospitaliers vont recevoir une prime de 100 euros net par mois" en février, avec "un rattrapage sur le mois de janvier", et pourront ainsi constater "que les mesures sont effectives". Par ailleurs, une "enveloppe de 150 millions d'euros" a été "déléguée" aux établissements publics en début d'année "pour que les conditions de travail s'améliorent". "Il faut maintenant que les équipes s'en emparent et fassent remonter leurs demandes aux directeurs d'hôpitaux pour avoir le matériel dont ils ont besoin", a indiqué Agnès Buzyn.

Une nouvelle journée de grève et de manifestation est prévue le 14 février, à l'appel du CIH, du Collectif Inter-Urgences et de tous les syndicats de la fonction publique hospitalière.

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