Économie – Social

Crise des hôteliers béarnais : "Je ne pensais pas finir comme ça", raconte un patron

Par Jeanne-Marie Marco, France Bleu Béarn dimanche 29 janvier 2017 à 23:21

Jean-Pierre Gonalons devant son hôtel Le Castel de Larralde à Assat
Jean-Pierre Gonalons devant son hôtel Le Castel de Larralde à Assat © Radio France - Jeanne marie Marco

L'an dernier, l'activité des hôteliers béarnais a baissé d'environ 20%. La faute aux attentats, à la crise mais surtout à AirBnB. Certains hôteliers comme Jean-Pierre Gonalons se demandent comment il vont finir l'année.

Comme au niveau national, les hôteliers béarnais n'ont pas passé une bonne année 2016. La baisse moyenne d'activité est de 20% l'an dernier et le mois de janvier n'a pas bien commencé. La faute aux attentats, à la crise mais surtout à la concurrence jugée déloyale d'AirBnB. Un hôtelier béarnais raconte son quotidien.

Un hôtelier désespéré

Jean-Pierre Gonalons, le patron du Castel de Larralde à Assat, a de plus en plus de mal à parler de son activité : "ça fait 4 ans que ça devient grave". Depuis cinq ans le maître-restaurateur et son épouse n'ont pas pris un seul jour de congé. "On donne tout et on gagne presque rien" raconte Jean-Pierre. Leur hôtel-restaurant est composé de 11 chambres, "aujourd'hui on est à 40-45% de remplissage maximum". Le couple hôtelier a eu jusqu'à trois salariés, aujourd'hui ils ne sont plus que deux pour tout gérer.

Les gens ne consomment pas, les apéritifs on ne connait pas — Jean-Pierre Gonalons

Depuis quelques années l'hôtelier restaurateur raconte que le mode de consommation a complètement changé. Avec ses formules VRP, Jean-Pierre Gonalons travaille essentiellement avec les entreprises, avec Turbomeca notamment. Sauf qu'aujourd'hui les salariés ne font plus de folie, raconte le patron. "Les gens ne consomment pas, les apéritifs on ne connait pas, les digestifs on les fait flamber dans les desserts. Vous avez un prix élaboré dès le départ et les gens se tiennent à ce prix là".

La durée des séjours a aussi beaucoup baissé : "c'est très rare que les gens passent une semaine" explique le patron. "Ils restent la nuit et si on a de la chance c'est deux jours".

Jean-Pierre Ganalons explique qu'il fait tout pour améliorer son offre

AirBnB qui fait si mal

Alors bien sûr il y a la crise, il y a les attentats mais il y a surtout la concurrence déloyale, comme l'appelle les hôteliers. On parle notamment d'AirBnB. Le site de réservations entre particuliers cartonne et est bien implanté en Béarn. Rien qu'à Pau et son agglomération "il y a 400 lits disponibles, ça équivaut à 10 hôtels, soit entre 70 et 100 emplois qui disparaissent à travers ces économies collaboratives" explique le vice-président de l'Union des Métiers de l'Industrie Hôtelière du 64.

L'Etat a préféré faire des compromis plutôt que de faire appliquer la loi — David Renier

Très remonté, David Renier aimerait que les élus et la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques fassent appliquer la loi : "c'est de l'activité grise ou du travail au noir, c'est non déclaré et aujourd'hui l'Etat a préféré faire des compromis plutôt que de faire appliquer la loi".