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Dossier : Coronavirus Covid-19

Crise du coronavirus : ne pouvant plus payer son loyer, une coiffeuse niçoise emménage dans son salon

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Par , France Bleu Azur, France Bleu

Très fragilisée par la crise du coronavirus, Virginia Begnis a été contrainte de quitter son appartement dont elle ne pouvait plus payer le loyer. Elle s'est installée dans son salon de coiffure barbier, situé rue Bonarparte à Nice.

La crise du coronavirus a placé Virginia Begnis en grande difficulté financière. Elle a dû quitter son appartement et s'installer dans son salon de coiffure à Nice (Alpes-Maritimes)
La crise du coronavirus a placé Virginia Begnis en grande difficulté financière. Elle a dû quitter son appartement et s'installer dans son salon de coiffure à Nice (Alpes-Maritimes) © Radio France - Sonia Ghobri

Vivre dans son salon de coiffure barbier pour ne pas être sans-abri, Virginia Begnis n'imaginait arriver à un telle situation il y a dix ans lorsqu'elle ouvert "Wax & Cut", rue Bonaparte à Nice (Alpes-Martimes). Le projet d'une vie. "Ce salon n'est pas prêt de fermer, il y a de la résistance. Je ne veux pas aller bosser pour les rêves de quelqu'un d'autre, je veux bosser pour les miens". 

Une priorité : sauver son salon de la faillite

Mais comme de nombreux commerçants, elle est touchée par la crise du coronavirus. Avec plus de trois mois de fermeture, elle a vu ses comptes en banque se vider. "Ce n'est pas crescendo mais glissando, ça descend, ça descend, ça descend..." Sa trésorerie a fondu comme neige au soleil, Virginia a obtenu des aides de l'État. "Elles sont les bienvenues, mais ça ne suffit pas à payer les charges, les loyers. Puis quand mon salon est fermé je n'ai pas de chômage partiel."

"Je n'ai pas de voiture, alors je dors dans mon commerce. C'est une chance inouïe."

Alors, la commerçante a réduit ses dépenses, vendu sa Harley Davidson, emprunté de l'argent a son père, mais cela n'a pas suffit. "Je ne pouvais plus payer mon loyer. Alors j'ai voulu changer d'appartement, tenter d'en trouver un plus petit mais je me suis dit que ça ne servait à rien. Je n'ai pas de voiture alors je dors dans mon commerce, c'est une chance inouïe". Un lieu chaleureux dans le style loft new-yorkais. Comme dans tout salon de coiffure, il y a un bac à shampoing, des fauteuils, les ciseaux, sèche-cheveux, tondeuses... 

Et c'est derrière un paravent que Virginia s'est aménagé un petit studio pour y vivre. "Il n'y a plus de salon d'attente, mes clients patientaient ici en feuilletant des magazines, des BD sur le canapé.  Ça me permet d'avoir un espace un peu plus grand". Virginia a accroché des tableaux, et installé un vrai lit. "Des copains m'ont aidée à tout mettre en place, de manière à avoir une vraie chambre". Ses deux chats ont pris leurs marques.

Elle dispose d'une salle de bains avec une douche, mais elle n'a pas cuisine, seulement un micro-onde et un frigo. Des amis lui apportent quand ils peuvent des plats chauds et la barbière peut aussi compter sur la solidarité des commerçants de la rue Bonaparte. "Le légumier me dit 'tu passes quand tu veux, tu prends ce que tu veux, c'est pour moi tu ne dépenses rien'. Le boucher à côté me donne des tranches de jambon, le pâtissier le boulanger, ma rue c'est aussi ma famille". 

Des clients viennent la saluer en passant, certains en profitent pour une coupe ou se faire tailler la barbe. La coiffeuse barbière sait qu'elle n'a pas le droit pendant le confinement mais cela permet de mettre un peu de beurre dans les épinards. Mais elle insiste : "j'ai toujours respecté les gestes barrières, les commerçants sont responsables, nous ne voulons pas contaminer nos clients, et nous nous protégeons aussi".

"Franchement c'était la grosse déprime. Mais je n'ai pas eu le choix. Je me suis dit, c'est ça ou c'est terminé : tout fermer et me retrouver à 50 ans sans rien."

Ce soutien de ses amis, de sa famille, de ses voisins, de ses clients fidèles aide Virginia a garder son sourire, son dynamisme, son énergie, mais ce n'est pas toujours simple. Elle se souvient de sa première nuit dans son salon de coiffure. "Ce n'était pas encore aménagé, douillet et franchement c'était la grosse déprime.

Mais je n'ai pas eu le choix. Je me suis dit c'est ça ou c'est terminé : tout fermer et me retrouver à 50 ans sans rien. C'est vite vu, je préfère vivre dans mon commerce. Mon entreprise, c'est ma fierté et c'est aussi ma raison de vivre. C'est du partage avec les clients".

"Vous avez investi votre vie et on vous prend tout. Financièrement les coups sont durs, mais moralement aussi."

Le deuxième confinement a été plus difficile à accepter. Selon elle, le gouvernement n'a ni anticipé, ni préparé, ni accompagné cette nouvelle fermeture des commerces dits "non-essentiels". "C'est aberrant et injuste. Nous sommes de bons élèves. On a tout investi dans un projet, et on nous prend tout. Il y a une forme de cynisme derrière."

Vous avez investi votre vie et on vous prend tout. Financièrement les coups sont durs mais moralement on prend aussi des coups. Il faut passer ce choc et aller de l'avant : de la résilience et de la résistance !"  

C'est dans cet état d'esprit que Virginia Begnis rouvrira son salon de coiffure barbier, ce samedi 28 novembre, après un mois de confinement. 

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