Économie – Social

Crise du lait : actions prévues dans les supermarchés du Cher

Par Justine Dincher, France Bleu Berry mardi 30 août 2016 à 7:35

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Maxppp - Didier Crasnault

Dans le Cher, les éleveurs laitiers vont mener des actions de stickage dans les supermarchés ces prochains jours, pour soutenir leurs collègues de l'Ouest. Ils ne livrent pas la société Lactalis, mais se disent indirectement impactés par la crise du lait. Pareil dans l'Indre.

La crise du lait prend du volume ! Les syndicats d'agriculteurs laitiers, emmenés par la FNSEA, prévoient des sit-ins près des sites du groupe de Lactalis. Après plusieurs réunions de négociation infructieuses, les éleveurs continuent de réclamer une augmentation du prix d'achat de leur lait. Le géant industriel, dont le siège social est situé à Laval, achète la tonne de lait environ 257 euros aux agriculteurs, les syndicats demandent 300 à 320 euros minimum pour rentrer dans leurs frais.

Entre 300 et 310 euros la tonne dans le Cher

Dans le Cher, les laitiers se disent "plutôt bien lotis". Les deux sociétés qui collectent le lait paient en moyenne, sur l'année, entre 300 et 310 euros la tonne. "Nous reconnaissons que les laiteries qui collectent dans le département font des efforts. Elles, elles sont conscientes que si un tiers ou même la moitié des producteurs disparaît, elles n'auront plus de matière première pour faire vivre leur société", explique Jean-Michel Bisson, éleveur à Saint-George-sur-Moulon, responsable de la filière lait à la FDSEA du Cher. "L'entreprise Triballat (une des deux laiteries) fait même encore plus d'efforts sur les prix. En contrepartie, nous avons accepté de baisser nos volumes pour avoir un meilleur prix", renchérit le président de l'association des producteurs de lait de la région Centre.

"On se croirait au temps des seigneurs et de leurs serfs"

Par solidarité pour leurs collègues de l'Ouest, nos laitiers ont décidé de mener des "actions de stickage" dans les supermarchés du Cher ces prochains jours : "nous soutenons nos collègues qui livrent chez Lactalis. Aujourd'hui, tous les éleveurs sont très en colère. Lactalis a les moyens de mieux payer. Ils se moquent de tout le monde. Ils veulent avoir le monopole, on se croirait au temps des seigneurs ! Ils décident et les éleveurs sont des serfs qui travaillent sans ne rien dire !" .

Des conséquences dans le Cher ?

La FDSEA du Cher explique que les éleveurs du Centre souffrent également de cette crise, mais de manière indirecte. Jean-Michel Bisson est très remonté : "nous ne sommes pas livreurs chez Lactalis, mais nous subissons des retombées. Lactalis ne rémunère pas bien ses producteurs et se permet d'inonder les marchés en faisant baisser les prix. Nos laiteries dans le département sont ensuite directement mises en concurrence. Si le prix du lait baisse dans l'Ouest, il baissera chez nous. Il faut que nous nous protégions aussi !".

Mobilisation dans les supermarchés du Berry

Dans les prochains jours, ces agriculteurs ont prévu d'aller rencontrer certains patrons de supermarchés pour leur demander d'arrêter de référencer, de cesser de commander les produits de Lactalis. "Et nous irons vérifier après si ils l'ont fait !", prévient le patron de l'association des éleveurs laitiers du Centre.

Dans l'Indre, des actions sont également prévues dans la journée de mardi. Plusieurs supermarchés seront visités par les militants de la FDSEA 36.

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