Économie – Social

Crise du lait : des Drômois et des Ardéchois face à Lactalis

Par Emmanuel Champale et Mélanie Tournadre, France Bleu Drôme-Ardèche lundi 29 août 2016 à 21:12

Les appels au boycott des produits Lactalis se muliplient
Les appels au boycott des produits Lactalis se muliplient © Maxppp - Maxppp

Les producteurs laitiers ont démarré des actions ce lundi soir devant une quinzaine d'usines de Lactalis en France. Notamment à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire où sont attendus plusieurs producteurs de lait de Drôme et d'Ardèche

Les producteurs de lait ne lâchent rien ! Même si la reprise des négociations est annoncée pour ce mardi matin à Laval. La FNSEA, premier syndicat agricole, a lancé ce lundi soir des actions devant une quinzaine d'usines de Lactalis pour obtenir une augmentation du prix du lait payé par le géant industriel, jugé très insuffisant : 260 euros les mille litres. Thierry Ageron,  président de la Fédération des producteurs de lait de la Drôme, doit se rendre sur le barrage de l'usine Lactalis d'Andrézieux-Bouthéon dans la Loire. Son exploitation est à Oriol-en-Royans, il vend son lait à la fromagerie de l'Etoile du Vercors, propriété du groupe Lactalis :

Thierry Ageron, dépité par les méthodes de Lactalis

Un producteur sur cinq, en France, travaille pour Lactalis, soit près de 20 % de la collecte française. Lactalis achète du lait aux producteurs drômois du Royans, via sa fromagerie, l'Etoile du Vercors, à Saint-Just-de-Claix, en Isère. Cinq millions de litres de lait drômois sont achetés chaque année par an et c'est le géant industriel qui le paye le moins cher : 20 à 60 euros de moins les mille litres, par rapport aux concurrents comme la Fromagerie des Alpes, Vercors Lait, Danone, ou encore Sodiaal, principal collecteur dans le département.

Dans la Drôme, on ne compte plus que 90 producteurs de lait, alors qu'ils étaient près de 700 dans les années 80. En Ardèche, pas de Lactalis. La situation est assez différente. On compte près de 350 exploitations laitières. 70 millions de litres de lait vendus chaque l'année. La moitié à des entreprises agro-alimentaires locales : comme Carrier ou la fromagerie du Vivarais à Désaignes. L'autre moitié à Danone ou Sodiaal. Et même si ces producteurs ardéchois sont aussi touchés par la crise, ils avouent s'en sortir un peu mieux que leurs collègues drômois qui vendent à Lactalis.

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