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Crise sanitaire : la filière nautique de Charente-Maritime s'enfonce dans la tempête

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Cette semaine aurait dû être celle du Grand pavois de La Rochelle, annulé pour cause de Covid. Les chantiers nautiques de Charente-Maritime ont su rebondir en organisant des journées privées, et en investissant dans le numérique. Mais l'effondrement d'une partie du marché a de quoi inquiéter.

En lieu et place du Grand pavois, annulé, une douzaine de chantiers ont uni leurs forces pour proposer à leurs clients des journées privées, pour voir des bateaux à flot, faire des sorties en mer.
En lieu et place du Grand pavois, annulé, une douzaine de chantiers ont uni leurs forces pour proposer à leurs clients des journées privées, pour voir des bateaux à flot, faire des sorties en mer. © Radio France - Julien Fleury

La Nouvelle Eco s'intéresse de nouveau à la filière nautique, et ses 5.000 emplois en Charente-Maritime. Cette semaine aurait dû être celle du Grand pavois de La Rochelle. Événement annulé pour cause de Covid. Même chose pour le Nautic, le salon prévu en décembre à Paris. Mais sans salon, comment toucher de nouveaux clients ? Comment vendre des bateaux ? C'est la grande question pour les professionnels du nautisme.

Une partie de la réponse, ce sont des portes ouvertes organisées cette fin de semaine sur le port des Minimes à La Rochelle. Une douzaine de chantiers unissent leurs forces pour présenter des bateaux à flot, organiser des sorties en mer. Une sorte de mini Grand pavois, accessible uniquement sur rendez-vous. Covid oblige. "On ne rencontrera pas la foule, regrette Luca Tessitore, patron du chantier RM Yachts à Périgny près de La Rochelle. Mais on invite des clients qui ont déjà un projet d'achat de bateau. La qualité compensera la quantité."

Vendre des bateaux par Internet

Quant au salon de Paris, le Nautic, en décembre, plusieurs chantiers avaient déjà prévu de ne pas y mettre les pieds. "C'est devenu un petit salon régional", ironise un dirigeant de chantier, beaucoup plus inquiet en revanche concernant le grand salon allemand de Düsseldorf, en janvier. Le rendez-vous est maintenu pour l'instant, et c'est tant mieux : ce salon est essentiel pour rencontrer la clientèle internationale sur laquelle compte beaucoup la filière nautique rochelaise, qui exporte plus de la moitié de sa production.

Cette période oblige à réinventer la commercialisation, et les chantiers investissent aussi beaucoup le numérique. "On a des gens qui sont prêts à acheter des bateaux simplement par des appels vidéo, s'étonne encore le patron de RM Yachts, Luca Tessitore. J'en ai eu la preuve juste avant l'été, avec un client étranger. C'est la preuve qu'avec les outils digitaux d'aujourd'hui, on peut vraiment se voir, avoir confiance en la personne qui est en face, même pour acheter un produit d'une valeur conséquente."

Le chantier RM Yachts, repris au mois de février par le groupe Grand Large avec une quarantaine de salariés, a de quoi être serein : le carnet de commandes est quasiment plein jusqu'au printemps. C'est ce qui arrive avec les chantiers ne travaillant qu'avec des propriétaires : des particuliers fortunés pour qui l'achat d'un bateau est un projet de vie, et que la crise sanitaire n'effraie pas.

Le marché de la location de bateaux en chute libre

En revanche, les chantiers qui vendent des bateaux à des sociétés de location sont beaucoup plus exposés, car ce marché de la location, le "charter", est très durement touché par la crise sanitaire. Conséquence : le report de nombreuses commandes de bateaux. Pour les chantiers touchés, l'urgence est de réinvestir le marché des "propriétaires".

Touchés également, les sous-traitants, comme Z Spar, toujours à Périgny. Ce groupe de PME compte une soixantaine de salariés entre la Charente-Maritime et les Deux-Sèvres, et vend des mats de voiliers partout sur la planète, de la Chine à l'Australie en passant par l'Afrique du sud ou le Mexique.

Mais de nombreux projets sont à l'arrêt, bloqués par la crise économique, ou tout simplement la difficulté à voyager. L'hiver s'annonce compliqué pour le directeur général de Z Spar, Rémi Gerbaud, qui s'en était plutôt bien tiré jusque là, en continuant à travailler malgré le confinement. "Depuis début septembre on a travaillé de façon continue, sauf cette semaine où une partie de la production a été mise en arrêt."

Chômage partiel chez les équipementiers

A la clé, du chômage partiel, qui pourrait bien durer durant les prochains mois. "Actuellement nos clients ont énormément de mal à définir des plannings. Et du coup, on a très peu de visibilité, précise Rémi Gerbaud. On a toujours la possibilité de faire du stock, alors qu'on n'a travaillé que sur commande jusqu'à présent. Mais nous attendons de nous enfoncer un peu plus dans l'hiver pour voir, et pas griller toutes nos cartouches dès maintenant."

Heureusement, Rémi Gerbaud peut s'appuyer sur les finances saines de son groupe, accumulés sur les dernières années, qui ont été très belles. "C'est le propre du nautisme, rappelle ce patron, que d'amplifier les mouvements de l'économie mondiale, à la hausse comme à la baisse. Et ce n'est pas la première crise que traverse le secteur."

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