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Économie – Social

Cristallerie Baccarat : 260 salariés ou ex salariés espèrent à leur tour la reconnaissance d'un préjudice d'anxiété

jeudi 8 mars 2018 à 8:32 Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Exposés à des poussières d'amiante, 290 salariés ou ex salariés de la cristallerie Baccarat réclament la reconnaissance d'un préjudice d'anxiété. 32 ont déjà obtenu gain de cause en appel. 120 dossiers seront examinés en octobre. Mais des dossiers supplémentaires pourraient être constitués.

Environ 300 personnes se sont retrouvées à la salle des fêtes de Baccarat mercredi 7 mars pour faire le point sur le dossier de l'amiante
Environ 300 personnes se sont retrouvées à la salle des fêtes de Baccarat mercredi 7 mars pour faire le point sur le dossier de l'amiante © Radio France - Isabelle Baudriller

Baccarat, France

Il a commencé à travailler à la cristallerie Baccarat à l'âge de 15 ans et se souvient de ces poussières qu'il voyait virevolter dans l'air, en plein soleil. "Je ne pensais pas un jour arriver à un tel drame, il y a des gens qui ont perdu la vie à cause de ça", confie Daniel Mougin, 63 ans dont 43 ans et demi passés à la cristallerie. "Mon grand-père a travaillé à la manufacture, mon père. J'ai perdu mon père à l'âge de 66 ans. On nous a annoncé : "votre papa a trop fumé" et maintenant, avec l'amiante, je me pose énormément de questions : est-ce à cause de la cigarette ? Est-ce parce qu'il a fait 44 ans et demi à la manufacture comme chef de place ? Je n'aurai certainement jamais de réponse." 

"Des vies en jeu"

Daniel Mougin s'est aussi interrogé avant de constituer un dossier en reconnaissance d'un préjudice d'anxiété pour avoir été en contact avec les poussières d'amiante pendant plus de vingt ans. "Il y a des gens qui vous disent : vous allez pénaliser l'entreprise, vous allez la mettre en difficulté. J'estime que certaines personnes dans la manufacture étaient en droit de faire des choses pour ne pas en arriver là. Il y a des vies en jeu et on ne joue pas avec la vie des gens." 

Nous, notre espoir, c'est de ne pas y laisser notre vie ou celle d'un être cher" - Daniel Mougin, ancien salarié de la cristallerie

Le dossier de Daniel Mougin sera examiné au mois d'octobre par la cour d'appel de Nancy, comme 119 autres. 290 dossiers au total ont été présentés au conseil des prud'hommes et rejetés. Mais en appel, la justice a donné raison à une première vague de 32 dossiers le 16 février dernier avec une indemnisation à hauteur de 11 200€ pour chacune des victimes. Ceux dont le recours n'a pas encore été examiné nourrissent donc l'espoir de se voir, à leur tour, reconnus comme angoissés face à l'exposition à un produit cancérogène, interdit depuis 1997. 

290 dossiers constitués et peut-être plus encore

Des dossiers supplémentaire de reconnaissance d'un préjudice d'anxiété pourraient venir s'ajouter : le délai de prescription vient de passer de deux à cinq ans, selon l'Addeva 54 (association départementale de Défense des Victimes de l'Amiante) "Cela nous permet de lancer de nouvelles procédures", explique son président Bernard Leclerc. "Bien sûr, il faut apporter la preuve de son exposition dans l'entreprise, des témoignages, des attestations." Le délai de constitution des dossiers court désormais jusqu'au 17 janvier 2019.