Économie – Social

D'anciens salariés d'Inergy contestent leur licenciement économique devant les prud'hommes

Par Romain Dézèque, France Bleu Mayenne vendredi 7 octobre 2016 à 5:00

Maître Vrillac devant quelques uns des anciens salariés d'Inergy
Maître Vrillac devant quelques uns des anciens salariés d'Inergy © Radio France - Romain Dézèque

Vingt-six ex-employés d'Inergy (appartenant à Plastic Omnium) à Laval avaient rendez-vous aux prud'hommes jeudi. Ils attaquent leur ancienne direction après la délocalisation du site lavallois à Compiègne et contestent les termes de "licenciement économique". Décision rendue les 17 et 19 janvier.

Une quinzaine d'anciens salariés sont venus faire le déplacement pour assister à l'audience au conseil des prud'hommes ce jeudi à Laval. Ils font partie d'un collectif d'ex-Inergy (équipementier automobile) licenciés pour ne pas avoir accepté la mutation que leur proposait leur ancienne direction. Une mutation qui devait les emmener à Compiègne, dans l'Oise. Une fois l'annonce faite, en 2012, Les 128 salariés d'Inergy avaient le choix : soit ils continuaient à Compiègne, soit ils étaient licenciés. Seules 23 personnes optèrent pour le déménagement. Les autres reçurent leur lettre de licenciement "pour raisons économiques". Or, c'est bien ce terme que conteste le collectif d'anciens salariés.

"C'est de la tarte à la crème !" selon l'avocate des anciens salariés

La direction a toujours affirmé que ces mutations étaient nécessaires pour sauvegarder la compétitivité. Argument rejeté par l'avocate des salariés : "c'est de la tarte à la crème" assène Maître Vrillac lors de l'audience avec pour preuve le rapport des experts-comptables. "Et il est très bon" explique l'avocate : "la société, en 2012; se porte bien et résiste à la crise qui frappe le secteur automobile".

Pour Maître Vrillac, les difficultés futures de l'entreprise n'étaient pas démontrées

L'avocat de l'ancienne direction remet en cause l'objectivité de ce rapport, pourtant validé en comité d'entreprise, et insiste sur le contexte économique. En 2012, "le marché européen et français se rétrécit, la compétition est plus forte..." Certes rétorque Maître Vrillac, "mais le PDG lui-même affirme en 2013 que Plastic Omnium (propriétaire d'Inergy, ndlr) se porte bien ! Il l'affirme publiquement, un an après l'annonce de la fermeture du site lavallois !" Un document officiel qui vient soutenir la démonstration des demandeurs.

Le conseil des prud'hommes rendra ses décisions les 17 (pour les cadres) et 19 (pour les salariés) janvier prochains. Leur avocate demande un an de salaire pour dédommagement.

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