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"Daimler doit se montrer à la hauteur" : la ministre Pannier-Runacher en visite à l'usine Smart à Hambach

En se déplaçant ce jeudi à l'usine Smart à Hambach, la ministre Agnès Pannier-Runacher voulait rassurer et montrer qu'elle suivait le dossier de près. Le message est passé, mais visiblement cela n'a pas suffi à dissiper les craintes. L'avenir des 1.600 salariés reste toujours aussi incertain.

"Le groupe Daimler a une responsabilité envers l’ensemble des personnels du site" a déclaré la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher sur le site de l'usine Smart à Hambach
"Le groupe Daimler a une responsabilité envers l’ensemble des personnels du site" a déclaré la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher sur le site de l'usine Smart à Hambach © Radio France - Lucas Valdenaire

La ministre déléguée à l'Industrie se montre au chevet des Smart. Agnès Pannier-Runacher était en Moselle ce jeudi après-midi pour visiter les chaînes de montage à Hambach. Elle a rencontré les élus locaux et les représentants du personnel du constructeur automobile, toujours sous le choc de l'annonce, il y a quelques semaines, de la vente du site par Daimler, le propriétaire allemand.

La ministre s'est également entretenue avec les représentants du Britannique Inéos, seul repreneur annoncé pour le moment avec son projet de 4x4 thermique. Un projet désormais sous le coup d'une contre-expertise mandatée par le gouvernement.

« Personne sur le carreau »

Élus et syndicats attendaient cette journée avec impatience dans l'espoir d'être rassurés. Ils ne l'ont pas été. Certes la venue de la ministre a été saluée, certes les discussions avec Ineos semblent bien parties, mais pour le reste, les craintes sont loin d'être apaisées. « Non clairement, nous n'avons pas eu d'énormes avancées, déplore le maire de Hambach Daniel Muller. On nous a confirmé que le repreneur Ineos peut tenir la route mais on ne nous a pas rassuré sur les emplois. Pour l'instant, on reste au même point. Mais on voit que l’État est derrière nous et on espère qu'il y aura une issue favorable. Notre combat, c'est que personne ne reste sur le carreau. »

« L'état d'esprit reste très mitigé, déclare Emmanuel Benner, secrétaire adjoint du CSE et délégué syndical CFTC. On a rencontré des gens super motivés, on a discuté et on a décidé de collaborer avec eux, et là on parle d'Ineos. De son côté, la ministre nous apporte son soutien. Maintenant, on attend de voir si elle sera en capacité d'obliger Daimler de maintenir les garanties qu'ils avaient promis de mettre en place. »

En revanche, le ton est beaucoup plus sévère envers Daimler. Selon le syndicaliste, le problème ne vient pas du dossier du Britannique qui souhaite acheter, mais bien de l'attitude de l'Allemand qui veut vendre. « Le responsable de Daimler ferme les portes au fur et à mesure en disant qu'à partir de 2024, ce n'est plus son problème. Ça c'est très dur à entendre, on n'acceptera jamais cette réponse. S'il arrive une catastrophe, c'est à lui d'assumer, » lance Emmanuel Benner.

« De la casse, il va y en avoir »

A la CGT, le reproche est le même : sur le maintien des emplois, le compte n'y est pas. « Nous on parle de 1.600 emplois, mais eux non. On entend 1.314, on entend même 800, encore moins ! De la casse, il va y en avoir. Et si on en arrive à là, ça va mal se passer. Le combat continue, » prévient Thomas Di Francesco.

De la casse sociale, Agnès Pannier-Runacher s'y refuse. C'est pourquoi la ministre a tenu à rappeler Daimler à ses responsabilités, surtout envers les salariés qui avaient accepté il y a près de cinq ans de travailler plus sans gagner plus, en échange d'une promesse : celle de l'emploi.

En rappelant Daimler à ses responsabilités devant les médias, Agnès Pannier-Runacher souhaite mettre un coup de pression sur Daimler afin qu'il précise ses garanties de maintien de l'activité
En rappelant Daimler à ses responsabilités devant les médias, Agnès Pannier-Runacher souhaite mettre un coup de pression sur Daimler afin qu'il précise ses garanties de maintien de l'activité © Radio France - Lucas Valdenaire

« Si je suis venue à Hambach, c'est pour manifester ma solidarité non seulement aux salariés de Daimler mais aussi à l'ensemble des sous-traitants, déclare la ministre devant une foule de journalistes, à la sortie d'un entretien avec les syndicats. Je veux dire ici la surprise et la colère qu'a engendrés cette annonce de Daimler. Je ne perds pas de vue que le groupe a une responsabilité envers l’ensemble des personnels du site. »

Les sous-traitants représentent aujourd'hui près de 700 salariés sur les 1.600 qui sont en jeu à Hambach.  

Les dirigeants allemands « doivent à ces salariés qui ont su s'adapter et qui sont allés très vite pour réorganiser leurs lignes de production la même exigence que celle dont les salariés ont fait preuve quand ils ont réussi ce défi d'accueillir les premiers prototypes de Mercedes électrique, » ajoute Agnès Pannier-Runacher.

Vers une rentrée sociale agitée ?

La contre-expertise mandatée par le gouvernement est toujours en cours. Elle ne devrait pas rendre ses conclusions avant plusieurs semaines. La ministre déléguée à l'Industrie demande aujourd'hui à Daimler des précisions sur l'avenir prochain du site. Elle réclame notamment une montée en charge de l'activité pour assurer du travail pour tout le monde d'ici la fin de la production de la Smart annoncée pour mai 2024. Et encore sur ce point, rien n'est acté.

Enfin, si d'ici la fin du mois d’août (les vacances commencent ce vendredi soir avant une reprise le 24 août), le groupe allemand se refuse toujours à donner des garanties, les syndicats annoncent une rentrée sociale très agitée. « Quoi qu'il arrive, le combat continue, » concluent plusieurs représentants du personnel.

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