Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Dans l'Yonne, le succès d'une entreprise pionnière des visières de protection

-
Par , France Bleu Auxerre

L'entreprise JPJ Mousse à Aillant sur Tholon (Yonne) a su être réactive face au Covid-19. Cette PME spécialisée dans la découpe de mousse s'est lancée dans la fabrication de visières de protection il y a près de deux mois. Ses produits rencontrent plus que jamais un grand succès.

L'entreprise JPJ Mousse à Aillant Sur Tholon fabrique des visières anti-projection confortables sur la durée.
L'entreprise JPJ Mousse à Aillant Sur Tholon fabrique des visières anti-projection confortables sur la durée. © Radio France - Delphine Martin

Moins d'une semaine après le début du confinement, la société JPJ Mousse a lancé la fabrication de visières de protection anti-projection. Elle a d'ailleurs été la première entreprise, en France, sur ce marché. Depuis, la production n'a cessé de grandir.

Cette PME de 12 salariés est basée à Aillant Sur Tholon (un village qui appartient désormais à la commune nouvelle de Montholon). L'entreprise est spécialisée dans la découpe de mousse pour réaliser des protections pour les cosmétiques, le secteur du luxe ou de l'aéronautique.

Ecoutez le reportage de Delphine Martin dans l'usine JPJ Mousse à Aillant

L'entreprise de l'Yonne produit 40 à 45 000 visières par jour.
L'entreprise de l'Yonne produit 40 à 45 000 visières par jour. © Radio France - Delphine Martin

Pour maintenir l'activité et participer à l'effort sanitaire, Marion et Christophe Bechert, les  deux dirigeants, ont cherché un produit que leur expertise et les matériaux qu'ils avaient en stock leur permettraient de fabriquer. "Le point de départ, ça a été le discours du Président de la République. Il nous a presque noué l'estomac et nous a bousculé", se souvient Christophe Bechert. "Ensuite, on a entendu que l'Oréal allait se lancer dans la fabrication de gel. On s'est demandé s'il on pouvait faire quelque chose, sans trop y croire. Et puis il y a eu l'appel à compétence de la DGA (la direction générale des armées) via la Chambre de commerce. C'est là qu'on a vu le mot "visière". On a eu l'étincelle et on a développé un produit en urgence. On a eu rapidement une commande et en moins de 15 jours, on avait fait 15 000 pièces pour les forces de l'ordre", poursuit le chef d'entreprise.

"On a commencé en ULM et rapidement, il a fallu monter dans un Airbus." Christophe Bechert

"On produit 20 fois plus qu'au départ !" - Christophe Bechert

Face à l'urgence et à la pénurie de matériel de protection, leur produit rencontre immédiatement le succès. Conçues d'abord pour équiper les gendarmes, les visières de protection de JPJ Mousse intéressent désormais toute sorte de clients dans la grande distribution et l'industrie et même certaines mairies. La production est passé de 2 000 pièces par jour mi-mars à 40 000 voire 45 000 pièces par jour aujourd'hui. "On produit 20 fois plus qu'au départ", confirme Christophe Bechert. "On a commencé en ULM, comme on fait d'habitude : très agile avec beaucoup de souplesse, beaucoup de flexibilité. Et très rapidement, il a fallu monter dans un Airbus. Cela a été l'occasion pour chacun d'apprendre des choses nouvelles, et de découvrir qu'on peut faire autre chose, aussi".

La société va bientôt dépasser le million de pièces expédiées.
La société va bientôt dépasser le million de pièces expédiées. © Radio France - Delphine Martin

La production a été réorganisée, en tenant compte des nouvelles règles d'hygiène et de distanciation sociale. Les effectifs de l'usine ont été multipliés par trois, grâce au recours à de nombreux intérimaires. Et depuis près de deux mois maintenant, tout le monde travaille beaucoup. Certains salariés ont changé de poste pour répondre aux besoins de cette nouvelle production, comme Théo Peron, chef du bureau d'étude, qui s'est transformé en responsable de ligne de production : "A la base, mon métier c'est de concevoir des mousses pour caler tout sorte d'objets, du stylo au sac à main en passant par le matériel médical ou aéronautique. Là, j'ai du faire autre chose que mon métier : je prépare la matière et je fais tout sorte de choses pour que l'atelier tourne comme il doit tourner", explique le jeune homme. 

"On se dit qu'on est utile" - Théo, salarié

"On se dit qu'on est utile" - Théo Peron, responsable du bureau d'étude

"Pour tout le monde, ça a été une bonne chose. Mais on a tous du faire des efforts, faire beaucoup d'heures pour réussir à en produire autant", poursuit le salarié. "On a recruté énormément et pour l'instant, ça tourne très bien. On m'aurait dit il y a un mois que j'allais fabriquer autant de visières et qu'on allait faire autant d'heure, je ne l'aurais pas cru ! On fabrique énormément pour les supermarchés, pour les entreprises... et on se dit qu'on est utile. C'est bien", conclut Théo Peron.

"En ces temps sombres, on préférerait ne pas avoir à faire ce qu'on fait, mais industriellement, c'est inespéré. Ce qui est dommage, c'est que ça arrive en cette période là. Mais en même temps, c'est aussi la situation qui fait qu'on exploite ces capacités-là", ajoute Christophe Bechert. Les visières de la société JPJ Mousse sont vendues par cartons de 49 pièces. Le prix de vente est fixé à un peu moins de 6 euros l'unité.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess