Économie – Social

Dans l'Yonne, les mentalités évoluent sur le travail des salariés handicapés

Par Cyrille Ardaud, France Bleu Auxerre mercredi 15 novembre 2017 à 6:02

Les personnes en fauteuil roulant ne représente que 1% des salariés en situation de handicap.
Les personnes en fauteuil roulant ne représente que 1% des salariés en situation de handicap. © Maxppp - CLAUDE PRIGENT

Jusqu'au 20 novembre 2017, c'est la semaine Européenne pour l'Emploi des Personnes Handicapées. En France, 7% de la population active est concernée.

Un·e ingénieur·e en fauteuil roulant, un·e secrétaire avec des problèmes de dos ou encore un·e ouvrier·e malvoyant·e. Le handicap ne doit pas être un frein à une carrière professionnelle. C'est en substance le message de la semaine Européenne pour l'Emploi des Personnes Handicapées qui se tient jusqu'au 19 novembre 2017. En France, 2.7 millions de personnes sont dans cette situation, cela représente 7% de la population active.

Une obligation légale

Depuis 1987, la loi impose aux entreprises de plus de 20 salariés de recruter au minimum 6% de personnes handicapées. Certains chefs d'entreprises voient cette loi comme une contrainte et préfèrent s'acquitter d'amendes. Dans le secteur privé, il y a seulement 3% salariés handicapés. C'est un peu mieux dans le public mais la loi n'est toujours pas appliquée avec 5.3% de salariés en situation de handicap.

Il me fallait un mi-temps aménagé selon mes besoins, on a mis ça en place.

Heureusement, il y a des entreprises qui souhaitent donner sa chance à tout le monde, et la plupart du temps l'intégration des salariés handicapés se passe bien. C'est par exemple ce qu'a vécu l'Auxerroise Patricia Bodgge. Handicapée psychique, elle a longtemps enchainé les petits boulots saisonniers... Jusqu'à l'année dernière où elle effectue un stage dans une entreprise de transports de personnes en car. Son patron lui propose alors une formation pour passer son permis poids lourds : "Il m'a proposé de m'embaucher à la fin de ma formation. Il a tenu sa promesse et c'est ce qu'il a fait ! Il me fallait un mi-temps, aménagé selon mes besoins. Il y a eu une discussion avec mon employeur, et nous avons mis cela en place."

Dans l'entreprise icaunaise de Gwenaëlle Cuzon, même démarche d'intégration. Elle est DRH d'une société de relations clients dans laquelle 16 des 190 salariés sont en situation de handicap. Ici, handicapé ou non, on ne fait aucune différence : "Il ne faut pas s'arrêter à 'handicap', il faut penser 'compétences'. Dans 80% des cas, le handicap ne se voit pas. Il n'y a pas de personnes en fauteuil roulant dans l'entreprise, et on ne dit pas que telle ou telle personne est en situation de handicap."

Parfois, de l'incompréhension

Mais ça ne se passe pas toujours aussi facilement, il y a parfois de petites incompréhensions entre salariés handicapés et patrons. Pour faciliter le dialogue, dans l'Yonne il y a l'association Cithy. Marjorie Thevenot est la directrice : "On est là pour que chacun s'apprivoise. Mais on s'entoure aussi de partenaires comme la médecine du travail qui peut expliquer à l'employeur ce que le salarié peut faire ou ne pas faire selon le poste qu'il occupe."

Les employeurs ont besoin d'être rassuré

Dans les associations de défense des salariés handicapés, on semble dire que les choses évoluent dans le bon sens, comme en témoigne Marjorie Thevenot : "Les employeurs ont juste besoin d'être rassurés sur les travailleurs handicapés. Ils pensent qu'en embauchant un salarié handicapé, il y aura plus de congés maladie, plus d'absences. On est là pour leur dire que non. Les mentalités évoluent peu à peu."

Il reste malgré tout des progrès à faire : 19% des personnes handicapées sont au chômage, c'est deux fois plus que pour les valides.

Réécoutez l'invité de France Bleu Auxerre, Daniel Cartereau, président du Cithy.