Économie – Social

Dans la Drôme, les agents de la Maison départementale de l'Enfance en grève contre la réorganisation de leurs services

Par Florence Gotschaux, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 10 octobre 2017 à 6:37

Piquet de grève devant la Maison départementale de l'Enfance, le 12 septembre 2017.
Piquet de grève devant la Maison départementale de l'Enfance, le 12 septembre 2017. - DR

Ils manifestent à l'occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique, ce mardi. Les agents dénoncent des conditions de travail qui vont en se détériorant, et des décisions du Conseil départemental qui remettent en cause la qualité de l'accueil des enfants.

Les agents de la Maison Départementale de l'Enfance dans la Drôme sont appelés à débrayer, ce mardi, et à tenir un piquet de grève toute la matinée devant le bâtiment à Bourg-les-Valence. Ce n'est pas la première fois, une grève a déjà eu lieu le 12 septembre dernier. Les agents ne veulent pas de la réorganisation de leurs services.

Protection de l'enfance

La maison de l'enfance, c'est une structure du Département, qui compte plus 80 salariés, et accueille une quarantaine d'enfants 24h/24. Des mineurs de 0 à 18 ans, placés là dans le cadre de la protection de l'enfance, souvent après la décision d'un juge. Il peut s'agir d'enfants en danger car ils sont battus, parce qu'ils vivent dans une trop grande précarité avec leur famille, ou encore parce qu'ils filent un mauvais coton. Ils restent le temps, pour les éducateurs, de trouver la meilleure solution pour eux.

Colère et inquiétude

Les agents disent manquer de moyens. Et ça ne devrait pas s'améliorer, estiment-ils, avec le projet de réorganisation voulu par le Conseil départemental. D'après la CGT, le Département veut réduire le nombre d'agents (5 postes en moins) tout en augmentant la durée du travail. Une quinzaine de créneaux horaires différents pourraient être proposés aux employés. "Intenable" pour Odile Pinet, éducatrice et déléguée CGT. Les arrêts maladies se multiplient d'après le syndicat.

Mais ce manque de moyens est surtout très mauvais pour les enfants accueillis.

Odile Pinet, éducatrice à la Maison départementale de l'Enfance et déléguée CGT

"Le Conseil départemental fait appel parfois à des boîtes d’intérim. Les enfants ont besoin d'une équipe d'adultes qui les encadrent très stable. La multiplication des intervenants, c'est néfaste pour les enfants, et ça rallonge le temps d’observation et d'accueil des mineurs. Finalement, c'est une mauvaise opération pour le Conseil départemental, même financière". Odile Pinet.

Il y a un gros mal-être chez les éducateurs qui se rendent compte qu'ils ne peuvent pas faire du bon travail avec les enfants.

Embouteillage

D'autant que beaucoup restent sur le carreau. Les délais d'orientation des enfants placés à la maison de l'enfance s'allongent. Résultat, les places ne se libèrent plus aussi vite et de nombreux mineurs ne peuvent pas y être accueillis. C'est l'embouteillage. Béatrice Gerland, est assistante sociale à Romans et donc en première ligne. Elle est confrontée à ce problème tous les jours.

Béatrice Gerland, assistante sociale à Romans

"Le curseur de la maltraitance et de la notion de risque bouge. On classe le dossier des enfants dont on estime que les difficultés ne sont pas si importantes que ça au regard de ceux dont la situation est dramatique. Et ces situations de familles, si elles ne sont pas accompagnées, alors elles deviennent dramatiques.
On est très très inquiet de la politique départementale
". Béatrice Gerland.

Pour certains professionnels, ce n'est que repousser et aggraver le problème. La situation de certains enfants, s'ils ne sont pas pris en charge, est une véritable bombe à retardement.