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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Dans la Loire et la Haute-Loire, les artisans font les comptes face à l'augmentation des carburants

jeudi 8 novembre 2018 à 3:54 Par Octavie Couchard, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Pour les artisans, le carburant représente une forte part du budget annuel. Pour certains, la facture s'élève à plusieurs centaines d'euros par semaine. Face à la montée en flèche des prix des carburants, les artisans s'interrogent mais veulent éviter de répercuter cette perte sur leurs clients.

Michel, paysagiste, dépense environ 3 000 euros par an pour le carburant.
Michel, paysagiste, dépense environ 3 000 euros par an pour le carburant. © Radio France - Octavie Couchard

Loire, France

Ce mardi 7 novembre, Adrien Dessailly, électricien basé à Monistrol-sur-Loire a fait les comptes : "Par véhicule, j'ai une augmentation de 1116 euros par rapport à l'an dernier", annonce-t-il. Un montant a multiplier par 5, pour tous les véhicules de son entreprise. Au total, il compte 5 000 euros de moins de marge son bilan annuel. 

"Déjà avoir 5 000 euros de bénéfices c'est pas évident, on se dit que ça va être compliquée de boucler les fins de mois", ajoute l'électricien. Depuis quelques années déjà, lui, son associé et ses salariés essayent d'éviter les trajets inutiles, pour perdre moins de temps et moins d'argent. 

Mais c'est parfois difficile selon les chantiers : en ce moment, l'entreprise d'Adrien Dessailly travaille aussi bien à Saint-Etienne, qu'à Saint-Chamond, Saint-Just-Saint-Rambert ou Monistrol-sur-Loire. "On se pose la question de savoir si on va pas réduire notre zone... Et dans le pire des cas, il faudrait augmenter la main d'œuvre. J'ai calculé, pour combler cette perte de 5 000 euros, il faudrait que j'augmente de 60 centimes par heure. Alors déjà qu'on a du mal à vendre nos heures, les particuliers trouvent qu'on est cher, si on rajoute 60 centimes ça va être encore plus difficile. Et puis sur des chantiers où on est présent plusieurs mois avec plusieurs employés, pour le client ça fait une sacrée facture à la fin..."

Passer à l'électrique...

Impossible pourtant pour les artisans de se passer de leur véhicules, véritable outil de travail pour eux. Et la facture est salée pour Michel Consentino, paysagiste à Saint-Just-Saint-Rambert. Tout son matériel fonctionne avec de l'essence. 

Selon lui, il a compté que chaque engin consommait environ cinq litres d'essence par semaines. "On dépense environ 3000 euros sur l'année pour les carburants. Et on a pas le choix", détaille le paysagiste. 

Et pour lui, il faut se poser la question de changer son matériel : "Il faut penser au matériel électrique, mais le problème c'est que ce n'est pas du matériel assez compétitif. La solution, c'est l'électrique, mais avec du matériel performant, j'insiste bien". 

Mais c'est justement cette question qui rebute Bruno Louison, plombier à la Fouillouse : "Dans notre profession, ça implique une deuxième voiture à côté, par ce qu'il va falloir tenir une comptabilité de la consommation de la voiture électrique qui va être compliquée à gérer. Il faut que quand on part en dépannage que la voiture ne soit pas à charger". Pour lui, impossible d'envisager de se passer des ces cinq voitures. "On consomme environ 700 litres de gazole par mois. On subit du temps qu'on le pourra...."

Pour Bruno Louison, plombier à La Fouillouse, impossible d'envisager de passer entièrement à l'électrique pour éviter le carburant. - Radio France
Pour Bruno Louison, plombier à La Fouillouse, impossible d'envisager de passer entièrement à l'électrique pour éviter le carburant. © Radio France - Octavie Couchard

Le débat sur le chèque-essence

Du côté de la Capeb Loire, le sujet du prix des carburants est une discussion de longue date. Les annonces faites par le gouvernement sont attendues et étudiées, comme celle de l'annonce du chèque-essence : "Si j'ai bien compris, ce serait le mêle principe que le chèque-déjeuner, donc ça veut dire que c'est l'entreprise qui payera l'équivalent d'un plein par mois à ses salariés. Il y aura du pouvoir d'achat pour les salariés, mais du côté de l'entreprise on est sur une triple peine, c'est-à-dire que la répercussion des ces frais va encore augmenter le coût pour les entreprises."

"C'est compliqué et n'oublions pas qu'au final ce sont les consommateurs qui payent les charges des entreprises, donc d'un côté ils gagneront 50 euros de carburants mais ils perdront la somme sur leurs travaux, donc ça n'a pas de sens", explique Gilles Gallet, secrétaire général de la Capeb de la Loire. 

Des manifestations pour protester contre la hausse des prix du carburants sont prévues le 17 novembre. Pour les artisans, il n'est pas encore d'y participer.