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Économie – Social

Dans les Hauts-de-France, des gares surveillées par des postiers

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Nord, France Bleu

L'expérimentation est menée dans les Hauts-de-France depuis le mois d'octobre et pourrait être étendue à d'autres régions en 2019 : des postiers doivent effectuer la surveillance de certaines gares isolées.

Les facteurs pourraient bientôt vérifier l'état de petites gares pendant leur tournée.
Les facteurs pourraient bientôt vérifier l'état de petites gares pendant leur tournée. © Radio France - Willy Moreau

Lille, France

"Vigie Gare Halte". C'est le nom de cette expérimentation menée dans les Hauts de France depuis le 1er octobre dernier, un partenariat entre la Poste et la SNCF qui pourrait être étendu au reste de la France, s'il est concluant.

Concrètement, elle se déroule dans 19 gares des Hauts-de-France, des "points d'arrêt non gérés": ce sont  des gares qui accueillent toujours des voyageurs, mais où il n'y a plus de personnel. Les facteurs qui ont reçu une brève formation doivent s'assurer qu'il n'y a pas de dégradation, que l'affichage des trains fonctionne, tout comme les bornes automatiques, et doivent transmettre ces informations via Factéo, leur smartphone qui sert aussi à flasher les colis. Mais  David Szkudlarek de la CGT à la Poste du Pas de Calais, a du mal à comprendre pourquoi cette tâche incombe à des facteurs: "chacun son corps de métier, explique le syndicaliste, les gares pour les cheminots et le courrier pour la Poste. On nous impose un service de plus". 

Une crainte partagée par Frédéric Gransart, secrétaire départemental de la Poste dans le Pas-de-Calais. "On a pris contact avec nos collègues cheminots, ils sont inquiets pour notre sécurité. Eux apprennent par exemple à traverser les voies, à repérer le moindre problème, ils ont une expérience qu'on n'a pas. Ce n'est pas notre coeur de métier. D'autant qu'à la SNCF ce métier existe déjà. Il risque d'y avoir un impact pour l'emploi chez les cheminots. Et si ces surveillances venaient à se généraliser à toute la France, cela ne ferait que déshumaniser les gares". 

Après les relevés de compteurs EDF, la livraison des fleurs et la surveillance des personnes âgées, ça commence à faire beaucoup

Pour la Poste, il s'agit de compenser la baisse d'activité des postiers, due à la diminution du secteur courrier. La direction souligne que cette tâche n'alourdit pas leur temps de travail. Les syndicats sont perplexes. "On nous demande déjà de relever des compteurs électriques, veiller sur les personnes âgées, et même livrer des fleurs. On va bientôt aussi aider les personnes qui ont des difficultés avec internet à remplir leur déclaration de revenus en ligne. Ces nouveaux services ne sont pas valorisés  sur nos fiches de paie".  La CGT met aussi en avant les responsabilités qui pèsent sur les postiers. "On passe chez une personne âgée pour s'assurer qu'elle va bien. Nous le faisions déjà avant, mais sans pression, c'était par amitié. Aujourd'hui, si on apprend le lendemain qu'il est arrivée quelque chose à cette personne, imaginez notre culpabilité. Nous ne sommes pas médecins, avec nos 3 heures de formation médicale!", souligne Frédéric Gransart.

Des tournées minutées

"Tout est désormais minuté dans notre tournée", renchérit Pierre Lebon, lui aussi de la CGT. "C'est oublier le rôle social du facteur, surtout ici, dans l'ancien bassin minier. J'avais par exemple un client âgé qui me mettait une épingle sur sa boîte aux lettres. Je savais alors que je devais l'aider à enfiler ses bretelles, car il ne pouvait pas le faire tout seul. Idem, pour les relevés de compteur. Autrefois, nous le faisions volontiers. Aujourd'hui, c'est un devenu un service et c'est donc facturé par la Poste."