Économie – Social

À Dax, Jon Palais le faucheur de chaises sort du tribunal sans risquer grand chose

Par Oanna Favennec et Christophe Van Veen, France Bleu Gascogne, France Bleu Pays Basque et France Bleu lundi 9 janvier 2017 à 14:39 Mis à jour le lundi 9 janvier 2017 à 17:35

Jon Palais, à sa sortie du tribunal de Dax.
Jon Palais, à sa sortie du tribunal de Dax. © Radio France - Oihana Larzabal

Jon Palais est sorti du tribunal correctionnel de Dax ce lundi après une audience expéditive. Il saura le 23 janvier ce qui l'attend. Le militant de Bizi qui a volé 14 chaises à une agence BNP de Paris en 2015 voulait faire de son procès une tribune médiatique contre l'évasion fiscale.

La BNP a joué la politique de la chaise vide. A l'ouverture du procès de Jon Palais, ce lundi après-midi au tribunal correctionnel de Dax, l'avocat de la banque n'était pas présent. L'établissement, dans lequel le militant de Bizi a volé 14 chaises, le 19 octobre 2015, demande un euro symbolique en réparation, et une dispense de peine. L'audience, expéditive, aura duré environ une heure, interrompue par une demie heure de suspension au cours de laquelle la présidente a examiné les demandes de nullité de la procédure.

►►► LIRE AUSSI | Procès de Jon Palais : à Dax, les banques aussi sont sur le banc des accusés

Le tribunal de Dax dira dans 15 jours si les poursuites étaient fondées, mais le procureur lui-même en a demandé l'annulation. Selon Jean-Luc Puyo, procureur de Dax, le vol n'est pas constitué, il n'y a pas eu d'intention de s'approprier les chaises. Elles ont d'ailleurs été restituées lors du procès Cahuzac.

Eva Joly, la véritable accusatrice du procès

Le parquet a simplement mis en garde le jeune militant : l'action était certes non violente, mais elle n'était pas à l'abri de déraper, par exemple si un client de la banque, apeuré, était victime d'un arrêt cardiaque. Jon Palais le rassure sur ce point : son collectif agit à visage découvert, en expliquant sa démarche. Il n'y a donc aucun risque de confusion avec un hold-up.

Eva Joly, l'avocate de la défense, était la véritable accusatrice de ce procès. Son naturel inquisiteur de juge prend le dessus lorsqu'elle pourfend les horreurs des pratiques de la BNP. Le militant de Bizi qui risque cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende voulait faire de ce procès une tribune médiatique pour parler de l'évasion fiscale.

Le reste des débats s'est déroulé hors du tribunal. Ce lundi matin, des candidats (de gauche) à la présidentielle étaient conviés aux Halles de Dax à exposer leur point de vue sur l'évasion fiscale. Une pratique qui coûte, selon l'association Bizi, entre 60 et 80 milliards d'euros chaque année à l'état.

Jon Palais avec son avocate, Eva Joly. - Radio France
Jon Palais avec son avocate, Eva Joly. © Radio France - Paul Nicolaï