Économie – Social

Landes : les cures thermales réservées aux plus aisés ?

Par Théo Hetsch, France Bleu Gascogne et France Bleu mercredi 12 octobre 2016 à 17:12

En 2015, les thermes de Dax et Saint-Paul-Lès-Dax ont accueilli plus de 73 000 personnes
En 2015, les thermes de Dax et Saint-Paul-Lès-Dax ont accueilli plus de 73 000 personnes © Radio France - Nelly Assénat

Les curistes sont de plus en plus âgés et aisés. Dans ce contexte, comment garder un thermalisme accessible à tous ? La fédération française des curistes médicalisés organisait un débat à Dax (Landes) ce mercredi 12 octobre sur le sujet.

Les cures vont-elles être réservées aux plus aisés ? C'est ce que craint la fédération française des curistes médicalisés. Elle organisait un débat ce mercredi 12 octobre à Dax sur le sujet. Car depuis plusieurs années, régulièrement, la question du remboursement des cures revient sur le tapis, avec la volonté de réduire le trou de la "sécu". Cela ne freine pas, pour l'instant, le flot des curistes : ils étaient plus de 73 000 l'an dernier à Dax et Saint-Paul-lès-Dax. Mais ils sont de plus en plus âgés et aisés.

Le reste à charge peut aller jusqu'à 350 euros

Aujourd'hui, quand vous allez en cure, la sécu rembourse 65% des frais. Le reste, le "ticket modérateur", peut aller jusqu'à 350 euros et n'est pas forcément pris en charge par votre complémentaire santé. En effet, depuis le 1er janvier 2016 et la généralisation des mutuelles d'entreprises, ces dernières n'ont pas l'obligation de prendre en charge les frais des cures. Certaines mutuelles le font - souvent les plus chères - mais d'autres pas. Il y a alors un risque d'inégalité devant la santé pour le président de la Fédération Française des Curistes Médicalisés, Jean-Pierre Grouzard :

"On veut que la médecine des rois reste accessible à tous"

En juin dernier, un rapport parlementaire préconisait d'ailleurs d'obliger les complémentaires à rembourser ce reste à charge. Les auteurs, les députés Dominique Dorb (LR) et Jeanine Dubié (PRG), y appelaient à "Introduire les cures thermales dans le panier de soins minimal pris en charge par les assurances complémentaires souscrites par les entreprises au profit de leurs salariés". Pour l'instant, ce rapport est resté lettre morte.

Certains curistes puisent dans leurs économies

Résultat: certains curistes puisent dans leurs économies pour se rendre dans des thermes. Le mois denrier, France Bleu vous racontait l'histoire d'Alain et de sa femme, 800 euros de retraite chacun. Leur mutuelle ne rembourse plus les cures thermales. "Alors on s'organise, on a décidé de ne plus partir en vacances, pour pouvoir partir en cure", raconte-t-il.

Pour la Fédération Française des Curistes médicalisés, ces attaques n'ont pas de sens : "Le thermalisme, ça marche, ça ne coûte pas cher" assène son président Jean-Pierre Grouzard," et puis ça fait vivre des régions, comme celle de Dax, où des milliers d'emplois découlent des cures thermales". En tout, l'an dernier, le coût du thermalisme pour la sécu a été de 275 millions d'euros. Un coût modéré: c'est moins de 0,2% des dépense du régime général.

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