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"De la chair à canon": à l'heure du confinement, les livreurs à domicile se sentent en danger

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Ils sont encore nombreux à arpenter les rues et les boulevards des villes pour livrer des repas à domicile. A Toulouse ou à Montpellier, des livreurs témoignent sur leur quotidien difficile et leur manque de protection face au coronavirus.

Le vélo d'un livreur Deliveroo à Toulouse
Le vélo d'un livreur Deliveroo à Toulouse © Radio France - Clemence Fulleda

"On est de la chair à canon, on envoie au front des personnes précaires livrer des repas et on leur fait courir des risques sanitaires par la même occasion". Mathias ne mâche pas ces mots. A l'heure du confinement, il a arrêté de livrer pour Deliveroo et Uber Eats à Montpellier, par peur du virus. 

Ce n'est pas une activité de première nécessité" - Mathias, livreur à Montpellier. 

Pour lui, la livraison "de nems, de pizzas, de sushis n'est pas une activité de première nécessité" durant la période de confinement. Les plateformes de livraison continuent pourtant de fonctionner, et ont pris en compte les risques sanitaires liés à l'épidémie de coronavirus. 

Aucun contact humain

Deliveroo et Uber Eats demandent maintenant à leurs livreurs de respecter les "zone dédiées" à la livraison et censés être ouvertes dans tous les restaurants encore ouverts en pleine épidémie de coronavirus. Désormais, les livreurs viennent récupérer leur commande dans cette zone, sans aucun contact avec les restaurateurs. Quant aux clients, ce sont eux qui viennent maintenant récupérer leur commande une fois le livreur arrivé devant leur domicile. 

On prend toujours des risques" - Yohann, livreur à Toulouse. 

Voilà pour la théorie. Dans les faits, c'est beaucoup plus difficile à appliquer selon Yohann, un livreur toulousain. "On est parfois une quinzaine de livreurs à attendre ensemble le long d'un trottoir, sans forcément respecter la distance d'un mètre. Et il arrive parfois que le restaurateur nous remette la commande en main propre. Le tout"sans compter les clients qui demandent à ce que l'on vienne directement à la porte de leur appartement. On touche donc les digicodes, les portes et on ne peut plus respecter les règles". 

Pas de gants, pas de masque

Deliveroo comme Uber Eats s'engagent aussi à rembourser les frais de protections sanitaires (gants, masques) pour les livreurs. Le problème, "c'est qu'on en trouve pas" selon Yohann. Tout est une question "de système D", où il lui arrive parfois de demander des gants de cuisine aux restaurateurs pour partir livrer. 

On peut être porteur du virus sans le savoir, et puisqu'on a pas de masques ni de gants, on fait clairement partie des personnes exposées et qui peuvent facilement le transmettre. J'en parle beaucoup par téléphone avec d'autres livreurs, et on est tous inquiets par rapport à cela" -Yohann, livreur à Toulouse. 

Certains, comme Hakim, ont donc décidé d'arrêter de livrer à Toulouse jusqu'à la fin du confinement. Hakim espère maintenant bénéficier du fonds de solidarité promis par le gouvernement le temps du coronavirus pour être indemnisé. Pour cela, il faut que le chiffre d'affaire des livreurs, considérés comme des auto-entrepreneurs, soit au moins inférieur de 50% par rapport à l'année dernière à la même époque. Ce qui n'est pas le cas pour beaucoup de travailleurs précaires, obligés de multiplier les courses pour subvenir à leurs besoins.

Indemnisés si contaminés

La plateforme Uber Eats prévoit une indemnisation de deux semaines pour les livreurs ayant contracté le coronavirus. A hauteur de 30 euros par jour, "ça fait 420 euros par mois, c'est trois fois rien" selon un livreur souhaitant rester anonyme. Comme Mathias et plusieurs collègues, il demande maintenant à ce que les plateformes de livraison cessent leurs activités le temps du confinement et indemnisent tous les coursiers, pour éviter de les exposer davantage face à l'épidémie. 

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