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Dossier : Coronavirus Covid-19

De la Formule 1 aux masques en tissu : le nouveau défi de l'entreprise STWM à Capavenir Vosges

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Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu

A Capavenir dans les Vosges, l’entreprise STWM spécialisée dans la construction mécanique, notamment pour Formule 1, a une nouvelle mission : fabriquer des masques de haute précision. Les commandes se succèdent et le patron recrute. "Je ne m'attendais pas à un tel engouement" dit-il.

L'entreprise vosgienne STWM espère produire jusqu'à 3.000 masques par jour
L'entreprise vosgienne STWM espère produire jusqu'à 3.000 masques par jour - Stéphane Wagner

De la mécanique de Formule 1 à la fabrication de masques en tissu, le fossé peut sembler gigantesque. Et pourtant, le Vosgien Stéphane Wagner a décidé de l'enjamber en quelques semaines. Il gère la société STWM et ses sept salariés. L'entreprise, basée à Capavenir, est spécialisée dans le tournage, le fraisage, l'usinage et la mécanique de précision pour l'agroalimentaire ou encore l'écurie Renault F1.

Des soudures par ultrasons

Après avoir réduit la voilure au début du confinement, après avoir honoré les dernières commandes automobiles en quelques jours, après avoir arrêté toute production une semaine plus tard, le patron a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure : la conception de masques de protection.

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Gérer mes choix

"A un moment, tout s’est arrêté, déclare Stéphane Wagner. On avait encore un mois et demi de travail au planning, mais la dynamique et les clients n’étaient plus là. Quelque part, j’avais le sentiment de m’ennuyer. Alors, j’ai pris la décision de me consacrer à 100% à la fabrication des masques."

D’habitude, les becs de canards, ils ne sont pas en tissu. Et bien nous, on arrive à le faire !

Le gérant a étudié plusieurs prototypes avant de lancer la production il y a trois semaines. Bénévoles et salariés, ils sont aujourd'hui une quinzaine à participer à la conception. Le tissu est transformé dans le département. Pour la fabrication, on est loin de la bonne vieille machine à coudre. A STWM, on utilise une technique inédite pour des masques : la soudure par ultrasons.

"On utilise du polyester synthétique, du plastique en réalité. C'est pourquoi l’ultrason est très bien adapté, explique Stéphane Wagner. De par notre métier, on côtoie des gens dans la grande production automobile. Il y a beaucoup de pièces qui sont soudées par ultrasons dans les voitures, comme des tableaux de bord ou des phares par exemples. Grâce à leurs conseils, on a pu faire des essais avec le tissu."

3.000 masques par jour

La technique est de haute précision. Il y a un nombre très précis de pressions à respecter pour souder un tissu : 20.000 vibrations à la seconde, exactement. Pour cela, il faut des engins ultra sophistiqués. Stéphane Wagner est allé jusqu'à Annemasse en Haute-Savoie, avec l'autorisation de la préfecture, pour rapporter la machine et les conseils qui vont avec.

"Cette production de masques "becs de canards", c’est presque une première mondiale," lance le Vosgien. D’habitude, les becs de canards, ils ne sont pas en tissu. Et bien nous, on arrive à le faire. C’était ça la difficulté : rigidifier un masque en tissu !"

Je n'avais pas du tout envisagé que cela prenne une telle proportion

Au début, l'entreprise parvenait à confectionner 500 masques par jour. Désormais, le patron vise 3.000 unités quotidiennes. Ce rythme doit être atteint d'ici la fin de cette semaine. Tant mieux, car le carnet de commandes se remplit à une vitesse folle.

Après avoir fait un don de 1.500 masques aux habitants de la commune de plus de 70 ans, Stéphane Wagner s’attelle désormais à fournir plusieurs entreprises locales, des laboratoires, des gendarmeries, des collectivités et des particuliers. La préfecture des Vosges lui a même demandé en début de semaine de lui livrer 2.500 masques par jour ! Comptez 12 euros l'unité, mais le patron espère diminuer son prix au plus vite.

Besoin de main d’œuvre

Pour tenir la cadence, l'ancien pilote du Paris-Dakar a décidé d'embaucher deux CDD. Il prévoit d'en recruter six de plus dans les prochains jours. "Je n'avais pas du tout envisagé que cela prenne une telle proportion. Au départ, c’était pour ne pas avoir le sentiment de culpabilité de n’avoir rien fait."

J’avais envie de faire quelque chose, mais je n’avais pas l’intention de créer des emplois et d’avoir un tel succès.

"Maintenant que la demande est là, je ne peux pas baisser les bras. On va continuer ! Jusqu’à quand ? Je ne le sais pas. Vraiment, je ne m’attendais pas du tout à un tel engouement de la part des gens, des communes, des administrations," conclut Stéphane Wagner.

En Formule 1, c'est compliqué. Ce sont des challenges permanents. Là, pour les masques, c'est pareil, c'est un nouveau défi à relever. Je n'ai pas le droit de décevoir.

Les masques de l'entreprise STWM sont homologués en catégorie 1 depuis vendredi dernier par la Direction générale de l'armement. Ils sont donc classés juste en-dessous du masque chirurgical FFP2.

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