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Déconfinement : "il y a une carte à jouer" pour Paul de Montclos, président de Vosges Terre Textile

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Alors que les entreprises du textile vosgien se sont investies dans la production de masques suite à l'épidémie de Covid-19, cette industrie est à la croisée des chemins. Doit-elle poursuivre la production ? Comment sera le "monde d'après" ? Entretien avec Paul de Montclos.

Paul de Montclos président de "Vosges terre textile"
Paul de Montclos président de "Vosges terre textile" © Radio France - Hervé Toutain

Près de 300.000 masques de protection sortent chaque semaine des ateliers des entreprises textiles des Vosges suite à l'épidémie de Covid-19. Doivent-elle se lancer durablement sur ce marché ? Quelle place pour le "fabriqué en France" au terme de cette crise ? Entretien avec Paul de Montclos, PDG de Garnier-Thiébaut et président du label Vosges Terre Textile qui regroupe les entreprises du territoire.

France Bleu Sud Lorraine : "les masques que vous fabriquez aujourd'hui rapportent-ils quelque chose aux entreprises vosgiennes ou bien cela ne compense pas les pertes ? "

Paul de Montclos : "Il y a eu un premier élan qui a mobilisé cette filière pour produire des masques. Ensuite, avec Vosges Terre Textile, on a essayé de fédérer cette organisation en lien avec la préfecture pour être capable de monter en puissance. On a plus que triplé la capacité de production. Ça a permis à certaines entreprises d'amortir le choc du confinement, pour certains de maintenir une activité, pour d'autres de réfléchir à des projets de développement. Il y aura l'avant et l'après Covid avec des pistes qui pourront être intéressantes à développer."

"Une entreprise comme Garnier-Thiébaut gagner de l'argent avec ces masques aujourd'hui ?"

"Il y a une partie de l'activité qui est arrêtée ou ralentie et une partie qui tourne à fond, qui est la confection pour faire des masques. La partie qui confectionne les masques est rentable et j'y tiens. C'est important de maintenir une activité rentable. Mais il est trop tôt pour savoir si ça va compenser l'arrêt de tout le reste. Toutes mes boutiques sont fermées et pour la partie essentielle de mon activité, qui consiste à livrer l'hôtellerie et la restauration, le souffle de l'explosion n'est pas encore retombé. Pour nous, c'est crucial. S'il n'y a pas de séminaires, pas de congrès, il n'y aura pas de commandes. Ça nous permet d'amortir cet arrêt. On est à peu près à 50% de notre capacité en terme d'emploi. Pour le reste, il y a encore beaucoup d'incertitudes. On se projette sur l'hiver."

On aura les mêmes difficultés sur les masques que sur le linge de lit ou le linge de table"

"Est-ce que certains veulent se lancer dans les masques à long terme?"

"Une partie du travail d'un chef d'entreprise, c'est d'anticiper ce que va être l'avenir. Ces questions, on se les pose mais on est dans le flou. 100% de la production ne suffirait pas à alimenter le marché français et donc si on veut équiper tout le monde, il faut faire appel à l'import. Et si on ouvre les frontières, on se retrouve en concurrence avec de gros écarts de prix puisque l'essentiel du coût du masque, c'est de la confection.

Il pourra y avoir des niches et du potentiel pour certaines entreprises. Des niches techniques, je pense à Innothéra qui est parfaitement capable de sortir un masque avec des qualités propres qui le rendront spécifiques. Je ne connais pas leur stratégie mais ça peut être une solution. Mais pour les marchés de gros volumes, on aura les mêmes difficultés sur les masques que sur le linge de lit ou le linge de table."

"Est-ce cette crise rebat les cartes concernant le made in France ?"

"Le monde qui vient sera global et local. On ne reviendra pas au 100% local, on ne reviendra pas au Moyen-Age. Par contre, on peut prendre plus en compte le local, le circuit court pour certains produits. Il y a une carte à jouer. Là, les deux acteurs, ce sont les consommateurs et l'Etat. Les consommateurs ont longtemps voulu acheter plus avec le même argent. Aujourd'hui, ils veulent acheter mieux. Il y a un mouvement que l'Etat doit accompagner en facilitant cette appropriation du produit local. Il est de notoriété publique que l'industrie textile est la plus polluante au monde. Je m'évertue à dire que l'industrie textile française est la plus propre au monde. Il faut le mettre en exergue. On a une énergie décarbonée, on n'utilise pas de produits cancérigènes, on est contrôlés sur l'eau et on a des conditions sociales correctes. Il faut encourager les industriels en leur garantissant un certain avenir.

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