Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Déconfinement : le blues et la colère des patrons de discothèques des Pyrénées-Orientales

-
Par , France Bleu Roussillon

Le 19 mai, la quasi-totalité des lieux publics seront de nouveau ouverts. Mais, comme depuis 14 mois, les boîtes de nuit doivent toujours rester fermées. Entre colère, ironie et tristesse, les gérants de boîte de nuit des Pyrénées-Orientales sont à bout.

Comme toutes les discothèques, le Nova Club à Perpignan est fermé depuis plus d'un an.
Comme toutes les discothèques, le Nova Club à Perpignan est fermé depuis plus d'un an. © Radio France - Xavier Ponroy

Chaises rangées sur le bar, bouteilles d'alcool à leur place, sol qui reluit : la salle du Nova Club à Perpignan est en parfait état. Pourtant, cela fait plus de 14 mois qu’elle n’a pas accueilli de fêtards. 

"Je viens souvent, pour voir si tout va bien. C’est dur d’oublier comme ça, de rester à la maison" confie Sébastien, le patron des lieux. "Ici, les gens venaient s’amuser, c’étaient leurs soirées… Aujourd'hui, c’est vide."

"Comme des pestiférés"

Dans la voix de Sébastien, il y a une colère froide. Celle de ne pas se sentir respecté. Depuis le début de la crise sanitaire, les discothèques font partie des très rares lieux à n’avoir jamais rouvert. Et à ce jour, le cap reste encore flou. "On ne sait pas où on va, on ne sait pas ce que l’on va faire… Nous sommes comme des pestiférés."

Sentiment partagé par un autre directeur de boîte de nuit perpignanaise. “C’est comme si l’État croyait que les patrons de discothèques, les gens qui travaillent la nuit, nous étions responsables de tout ce qui se passe.

"Nous espérons simplement que le ministre de la Santé va bien réfléchir, et nous donner notre chance" ajoute Sébastien. 

La salle du Nova n'attend plus que les danseurs.
La salle du Nova n'attend plus que les danseurs. © Radio France - Xavier Ponroy

Des pertes financières conséquentes

Comme pour de nombreuses professions, un fonds a été mis en place pour les propriétaires de discothèques, à hauteur de 10.000 euros par mois. Mais il s’avère bien souvent insuffisant. "Entre les assurances, le loyer, la licence, le fonds de commerce… j’ai presque 13.000 euros de charges par mois" constate Sébastien. "Dernièrement, un de mes frigos a pété lorsque je l’ai remis en marche. Qui est-ce qui va le payer ? Il n’y aucune rentrée d’argent."

Cela fait 14 mois que je n’ai pas de salaire. Nous attendons une date pour travailler et nourrir nos familles” poursuit le directeur d'une autre discothèque. 

À l’absence d’entrée d’argent s’ajoutent des pertes sèches, celles de produits qui ont périmé depuis l’année dernière. Dans la réserve du Nova, les packs de soda et d’alcool remplissent les étagères. "800 bouteilles d’1.75L de Coca, 2.000 Desperados, 1.000 bières, environ 200 bouteilles de Perrier, du Red Bull… Tout est à jeter. Je n’ai même pas chiffré combien cela représente tellement je suis dégoûté."

L’absence d’activité depuis plus d’un an a déjà des conséquences sur de très nombreuses discothèques. Selon des chiffres transmis par le syndicat de la profession au journal Le Figaro, 134 boîtes de nuit sont en liquidation judiciaire et 243 en redressement, sur les 1.684 établissements recensés. 

La réouverture des clubs libertins, l’annonce qui ne passe pas

Parmi les établissements qui pourront à nouveau accueillir du public le 19 mai figurent les restaurants et bars de lieux dits libertins. Une incohérence selon les patrons de discothèques. Sébastien manie cette fois l’ironie pour pointer du doigt une annonce qu’il juge "surprenante".

"J'en rigole un peu, mais j'ai vraiment les nerfs. Peut-être que Monsieur Véran pense que si l’on va dans ces endroits, c’est pour jouer au tarot ou à la belote."

Une date d’ici le 15 juin ? 

Un référé a été déposé en Conseil d'État par des exploitants de discothèques pour demander leur réouverture le 30 juin, ces derniers s'estimant discriminés alors que restaurants et bars pourront rouvrir le 19 mai leur terrasse, puis leur salle sans aucune jauge le 30 juin. Face à la fronde montante, le gouvernement a promis que les boîtes de nuit seraient fixés d’ici le 15 juin sur leur sort. 

Le 10 mai, le ministre délégué aux PME, Alain Griset, a annoncé également que les discothèques seraient désormais éligibles au dispositif renforcé de prise en charge des coûts fixes des entreprises les plus pénalisées par la crise. Il permet une aide à hauteur de 70% des charges fixes des entreprises de plus de 50 salariés et de 90% pour les entreprises de moins de 50 salariés, dans la limite de 10 millions d'euros annuels.  

Au-delà du Fonds de solidarité, un "plan pour les discothèques" est à l'étude afin de les accompagner dans le long terme.  

Choix de la station

À venir dansDanssecondess