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Dossier : Confinement - Coronavirus : 100% solidaire

Déconfinement : les groupes Emmaüs en suspens, en attendant de pouvoir reprendre les ventes

Pour la première fois depuis l’appel de l’Abbé Pierre en 1954, Emmaüs France a lancé un appel national aux dons. Toutes les activités de récupération, réparation et revente sont à l’arrêt, privant les communautés et les associations d’insertion de leurs ressources. Illustration en Rhône-Alpes.

Emmaüs réfléchit à l'organisation de ses boutiques pour la reprise des ventes en assurant les "mesures barrière", sans doute avec ses allées plus larges.
Emmaüs réfléchit à l'organisation de ses boutiques pour la reprise des ventes en assurant les "mesures barrière", sans doute avec ses allées plus larges. © Maxppp - Stéphane Guiochon

D'Annemasse à Valence, en passant par Chambéry, Bourgoin-Jallieu, Vienne, Saint-Paul-les-Romans, les 20 structures d'Emmaüs en Rhône-Alpes sont figées comme partout en France, et dans les pays qui appliquent le confinement, face à la pandémie du coronavirus. Plus de ramassage de textiles, livres, meubles, objets divers. Or la particularité d’Emmaüs c’est leur autonomie financière, grâce à leur activité de récupération, tri, réparation et revente. 

La solidarité entre les communautés, avant l’appel national aux dons

La solidarité s'organise entre les groupes. Mathilde Caplier, l’une des responsables de la communauté de Chambéry, qui compte 47 compagnes, compagnons et deux enfants, explique : "On a gardé ce dont on avait besoin pour le fonctionnement, en imaginant qu’on resterait fermé jusqu’à fin juin, et on a donné le surplus de notre trésorerie à des communautés qui sont vraiment en difficulté", qu’elles soient en France ou à l’étranger. 

Les sites en milieu rural plus fragiles

Certains groupes ont aussi renoncé à leurs projets de voyage humanitaire ou reporté des travaux prévus sur leur site. Le délégué d’Emmaüs en Rhône-Alpes, Gwenaël Jarillot, souligne l’attention particulière qu’il faudra porter après le déconfinement aux sites de petite taille. "On pense aux groupes en milieu rural où la population est moins importante, où il y a moins de dons. Déjà, quand tout va bien, la vie y est un peu plus compliquée que dans une communauté comme Grenoble." Parmi ces communautés plus fragiles, il cite Bogy (Ardèche), Saint-Paul-sur-Romans (Drôme), Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). 

Pas d’inquiétude à la reprise pour le retour de la "matière première"

Les groupes attendent la reprise des collectes et la réouverture de leurs boutiques. Ils n’ont pas d’inquiétude sur l’approvisionnement. À Etoile-sur-Rhône au sud de Valence, Xavier Hubert, le responsable de la communauté, sait que les particuliers ont profité de ces semaines confinés chez eux pour vider et trier leur cave, grenier, garage. Ils vont arriver avec leurs coffres et leurs remorques pleines. Et pas question de refuser : "On ne peut pas dire 'halte là, on va être encombré, n’en jetez plus la cour est pleine', c’est important d’accueillir la solidarité des personnes." 

Les acheteurs d’objets et de vêtements d’occasion seront-ils au rendez-vous du déconfinement ? 

À Chambéry, l’association l’insertion Emmaüs Vêtements, qui emploie 60 personnes en temps normal dont 45 personnes en contrat d’insertion, n’a pas non plus d’inquiétude sur l’approvisionnement. D’ailleurs depuis le début du confinement les points d’apport volontaire sont scotchés avec une petite affiche invitant à tout conserver chez soi. Mais certains déposent quand même des sacs entiers de vêtements, chaussures, draps, etc.  

Ce qui préoccupe plus la responsable Lydie Peyssin, c’est le retour des acheteurs : "Quelle sera la réaction des gens à la réouverture des boutiques, avec l’histoire du virus, est-ce que les vêtements de seconde main vont les intéresser, est-ce qu’ils vont avoir peur ? Je ne sais pas, ça créé des angoisses pour certaines personnes." 

Même réflexion du responsable de la communauté Emmaüs de Grenoble (63 compagnons), Jean-Pierre Polidori : "C’est important que les gens reviennent dans nos salles pour acheter, on a besoin d’eux. Les achats de tout ce qu’on a récupéré et réparé, c’est notre seule source de revenus." En attendant les réponses à ces questions, les responsables des boutiques Emmaüs réfléchissent à toutes les mesures pour garantir la distance réglementaire entre acheteurs et avec les vendeurs.

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