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Dossier : Coronavirus

Déconfinement : "Les Pyrénées ont une carte à jouer" avec les vacances d'été

Selon le président de la Confédération pyrénéenne du tourisme, Jean-Henri Mir, le massif a des atouts forts pour attirer les vacanciers, qui devraient majoritairement rester en France cet été, à cause des contraintes liées au coronavirus.

Le cirque de Gavarnie, dans les Hautes-Pyrénées.
Le cirque de Gavarnie, dans les Hautes-Pyrénées. © Radio France - Mathieu Ferri

Après une saison d'hiver où les stations de ski des Pyrénées ont sauvé les meubles, face à une météo aléatoire et l'épidémie de coronavirus, le massif se projette désormais sur l'été, après deux mois de confinement. Les Français rêvant de grands espaces, la montagne pourrait en profiter selon Jean-Henri Mir, maire sortant de Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées), et président de la Confédération pyrénéenne du tourisme. Interview.

France Bleu Occitanie : Avec la méteo capricieuse et le Covid-19, quel bilan tirez-vous de la saison hivernale 2019-2020, pour les stations de ski des Pyrénées ?

Jean-Henri Mir : Les résultats sont globalement inférieurs à la saison précédente, mais pas catastrophiques. Après, département par département, station par station, c'est très différent. D'une manière générale, la neige de début de saison a permis à presque toutes les stations d'ouvrir très tôt, et d'avoir jusqu'au 12 mars un hiver à peu près convenable, avant l'arrêt brutal du mois de mars [NDLR : lié à l'épidémie de coronavirus]. Tout ça a amené une baisse de chiffre d'affaires des remontées mécaniques de 10 à 15%. Sachant que certaines stations, notamment celles des Pyrénées-Orientales, ont bénéficié d'un enneigement très important, et ont un chiffre d'affaires supérieur à l'année dernière. Mais globalement, vu tous ces aléas, cette saison d'hiver a permis de sauvegarder l'activité économique [sur l'ensemble de la chaîne]. Les saisonniers ont pu aller jusqu'à la fin de leur contrat, ce qui fait une saison, économiquement et socialement, convenable.   

Mais certaines stations ont beaucoup souffert, non ?

La Haute-Garonne et l'Ariège ont été les deux départements les plus touchés par le manque de neige, et ça se ressent sur le chiffre d'affaires. Par endroits, ça a été des baisses significatives. Certaines petites stations, deux ou trois, n'ont carrément pas ouvert. Ca fait des chiffres d'affaires équivalents à zéro.

L'épidémie de Covid-19, avec le confinement décrété à la mi-mars, a aussi eu un impact fort sur l'activité ?

Le 10 mars, tout s'est arrêté. Il y a eu un impact sur les stations qui avaient prévu de fermer le 13 ou le 20 avril. Puisque là, il a manqué un mois ! Et un mois, pour certaines stations, ça peut être jusqu'à 20% de leurs chiffres d'affaires. C'est une des conséquences du coronavirus.

Comment les acteurs touristiques des Pyrénées se préparent à l'été, avec le déconfinement ?

Les Pyrénées ont clairement une carte à jouer, avec leur offre nature. C'est d'ailleurs ce que nous essayons de développer, de promouvoir depuis des années, avec aujourd'hui des arguments qui sont forts. Tout ce qui est lié à la nature, au vélo, au bien-être. Nous essaierons de relancer tout ça au mois de juin, dans la mesure où ce virus est vaincu. Il y aura une campagne télévisée nationale, au travers de France Montagnes, qui associe tous les massifs français, et puis ensuite des campagnes spécifiques aux Pyrénées, via les départements et les stations. Mais aujourd'hui c'est encore un peu flou, sur qui seront nos clients, avec un rayon de déplacement de 100 km ou non. On espère qu'il y aura une ouverture un peu plus large au niveau national.

Il reste aussi une inconnue sur les stations thermales, qui sont aujourd'hui fermées. Si elles ouvrent de nouveau, c'est probablement mi-juillet. Là, on perd une offre qui est importante pour certaines stations des Pyrénées, alors que la saison thermale démarre d'habitude en mars, jusqu'à fin octobre. On pense que ça pourra rouvrir, mais on n'en est pas du tout sûrs.

Qui allez-vous viser ? Les clientèles de proximité ?

Il y a quinze jours, on était plus porté sur des clientèles locales, près du massif : Bordeaux, Toulouse, Montpellier, etc. Mais on voit s'ouvrir un petit peu des possibilités de déplacement [à partir de début juin]. Avec la campagne France Montagnes, on va donc vers un public national, c'est un objectif. Par contre, on a laissé tomber l'international.

On a repris nos budgets, et on en a réorienté certains, pour pouvoir communiquer un peu plus cet été. Avec des campagnes beaucoup plus fortes et beaucoup plus incitatives, des séjours intéressants financièrement, et des notions de gratuité, pour donner envie aux gens de revenir en vacances. Mais on peut se poser la question : les gens auront-ils les moyens de partir ? La volonté, ils l'auront sûrement, pour sortir de leur situation antérieure. Mais auront-ils les moyens ? Nous, nous pouvons proposer une offre importante, mais il faut que les clients soient là.

Vous espérez que la situation inédite de cet été peut déboucher sur un mouvement de long terme ?

Ce positionnement sur l'été, on l'a toujours eu. Il ne faut pas oublier que les Pyrénées ont d'abord été des stations climatiques avant d'être des stations de sports d'hiver.

Dans tous les cas, réorienter notre communication sur l'été ça aura le mérite peut-être de faire découvrir notre destination à des publics qui allaient systématiquement ailleurs, à la mer par exemple. Il y a une carte à jouer pour intéresser un public nouveau, et consolider notre clientèle qui allait déjà la montagne l'été.

Vous sentez un frémissement ces derniers temps ? 

On a quelques données, notamment une étude menée par les villages vacances VVF. On y voit que la destination montagne est demandée beaucoup plus que par le passé. Presque autant que la mer, c'est significatif par rapport aux intentions. On sent bien que les gens s'expriment par rapport à ceux qu'ils ont enduré avec le confinement. Le besoin d'espace, de nature. La montagne peut proposer ça, particulièrement les Pyrénées.

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