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Économie – Social

Décryptage : 3 questions sur la grève des pompiers dans les Landes

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Par , France Bleu Gascogne

Tout savoir, tout comprendre, on décrypte l'actualité tous les jours sur France Bleu Gascogne. Aujourd'hui, le mouvement de grève des pompiers. Cela fait plus de 2 mois que les pompiers sont en grève. Pourquoi font-ils grève et y a-t-il des conséquences ?

Les pompiers en intervention devant la gare de Dax.
Les pompiers en intervention devant la gare de Dax. © Radio France - Paul Ferrier

Département Landes, France

Après plus de deux mois de grève, les pompiers durcissent le ton parce qu'ils estiment ne pas être écoutés, n'avoir reçu aucune réponse à leurs revendications. Les pompiers sont en grève depuis le 26 juin dernier et ont reconduit le mouvement jusqu'à fin octobre. Une grève aussi longue, c'est déjà rare. Si en plus, on considère que les sept syndicats de pompiers, dont ceux des cadres, agissent de façon unitaire, c'est encore plus rare. Et là où cela devient quasi inédit, c'est que les pompiers volontaires se mobilisent avec leur collègues professionnels. A Dax, Capbreton, Tyrosse, Mimizan et Biscarrosse, de nombreux pompiers volontaires ont "déposé les bips". Ils ne se rendent plus disponibles pour intervenir en renfort ou pour prendre des gardes dans les casernes. 

Cela fait 15 ans que Bruno Wanegue est pompier volontaire sur la Côte Sud. C'est la première fois qu'il se mobilise.

Qu'elles sont les revendications ? 

D'abord, les pompiers demandent au gouvernement de reconnaître qu'ils font un métier à risque. Quand on fait un métier à risque, on a des primes plus importantes. Chez les pompiers, cela s'appelle la "prime feux". Ils demandent une revalorisation de cette prime.  Un pompier nous confiait à ce sujet :  "les banques et les assurances elles, elles savent qu'on fait un métier à risque. Parce qu'on paye plus cher. En revanche, l'Etat semble ne pas être au courant". 

Il y a également une revendication sur les retraites et sur le nombre d'années de cotisation qui donne accès à un départ anticipé. 

Il y a aussi des revendications qui s'adressent au département. Ce dernier est en charge des pompiers.  Il faudrait d'abord, selon les syndicats, embaucher des pompiers professionnels face à l’augmentation des interventions. Selon l'union CNT-CGT pompiers, dans les Landes dans les années 2000,  il y avait 12 000 à 15 000 interventions par an pour un peu plus de 300 pompiers professionnels. Aujourd’hui, 30 000 à 35 000 interventions par an. Deux fois plus donc, pour 272 pompiers professionnels.

Comment les interventions ont doublé en 20 ans ? 

C'est une autre revendication : mieux encadrer les missions des pompiers. Vous l'avez peut-être vu sur des camions de pompiers landais tagués par des grévistes. Un message qui dit : "pompiers, taxi du samu".  En fait, c'est toute la chaîne de soin et de secours qui est en question, notamment dans les zones rurales. S'il n'y a plus de médecin, plus  d'ambulance privée et que les services d'urgences sont sous tension,  ce sont les pompiers qu'on appelle. Ces derniers se plaignent de faire de plus en plus de transport de malade et non du secours. C'est cela qui ferait exploser le nombre d'interventions.  

Des pompiers en grève est-ce que ça fait moins de pompiers pour nous secourir ? 

La réponse est claire : oui.  Un exemple concret pour comprendre avec la caserne de Capbreton. Normalement, selon les besoins, ils sont entre 9 et 12 pompiers de garde par 24 heures. Selon les textes réglementaires, deux d'entre eux seulement peuvent faire effectivement grève, s'arrêter de travailler. Les autres sont réquisitionnés pour assurer le service. Il ne reste que 7 pompiers de garde. Si l'on enlève à cela les pompiers volontaires en grève, qui, face au manque d'effectif, viennent faire des gardes à la caserne, résultat : dimanche dernier, il n'y avait que quatre pompiers de garde à Capbreton. 

Que se passe-t-il alors en cas de pépin ?  Les pompiers appellent des renforts d'autres casernes avec comme conséquence l'allongement du temps d'interventions dans un métier où chaque minute compte. Pour l'instant, "coup de chance" disent les pompiers, il n'y a pas eu de drame.  Mais il y a eu des situations tendues cet été.  Comme le jour où les pompiers de Capbreton n'étaient que deux pour se rendre sur un incendie de maison. Heureusement, il n'y avait pas de victime à aller chercher et les renforts sont vite arrivés. 

La direction des pompiers landais demande aux grévistes de faire preuve de professionnalisme et d'être raisonnable. C'est pour cela que les syndicat n'appellent qu' à une heure de grève par jour entre 14 heures et 15 heures dans les casernes. Mais en même temps, les syndicat rappellent que si les revendications étaient écoutées, il n'y aurait pas de grève. 

Précisons que la direction du SDIS des Landes n'a pas souhaité s'exprimer quand nous les avons sollicité. Nous n'avons donc pas leur version, si ce n'est qu'ils expliquent travailler quotidiennement pour une sortie de crise. 

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