Économie – Social

Défense, impôts, déficit : ce qu'il faut retenir des annonces sur le budget 2018

Par Julien Baldacchino, France Bleu mercredi 27 septembre 2017 à 16:03

Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris
Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris © AFP - Manuel Cohen / MCOHEN

Le ministère de l'Economie a présenté ce mercredi les premières lignes de son projet de loi de finances pour 2018. Parmi les changements notables, une redistribution des crédits des ministères et des baisses d'impôts "inédites"

Les annonces du ministère de l'Economie et des Finances étaient très attendues, pour le premier projet de loi de Finances du quinquennat d'Emmanuel Macron : ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a présenté les grands axes de ce que devrait être le budget 2018 de l'Etat. Entre coupes budgétaires, baisses d'impôts et réduction du déficit, voici l'essentiel de ce qu'il faut retenir.

ISF, taxe d'habitation : des baisses d'impôts "inédites"

C'est le principal élément de ce budget 2018 : des réformes fiscales destinées à stimuler l'activité et la croissance : en premier lieu, une réforme de l'impôt sur la fortune (ISF), qui va devenir un impôt sur la fortune immobilière (IFI) et ne s'appliquera donc qu'aux patrimoines immobiliers. Celui-ci devrait rapporter 900 millions par an, soit 3,2 milliards de moins que l'ISF. Tous les revenus de capitaux mobiliers seront également soumis à une "flat tax" de 30% : jusqu'ici, ces revenus étaient soumis au même barême que l'impôt sur le revenu.

Autre baisse prévue, celle de l'impôt sur les sociétés, qui devrait baisser de 28% pour les entreprises qui font jusqu'à 500.000 euros de bénéfices. Le gouvernement a rappelé que l'objectif final était, d'ici à 2022, de faire passer le taux d'impôt sur les sociétés de 33,3% à 25%.

Mais le gros morceau fiscal pour le gouvernement, c'est la suppression partielle de la taxe d'habitation : en 2018, 17 millions de foyers verront leur taxe d'habitation baisser, avant de disparaître totalement d'ici trois ans. Le gouvernement s'est engagé à compenser le manque à gagner pour les collectivités, qui bénéficiaient de cet impôt.

CSG et cotisations sociales

Dès le 1er janvier, les cotisations d'assurance chômage et maladie seront réduites pour les salariés du privé. Leur disparition totale n'arrivera que dans un second temps, autour de septembre/octobre. Pour compenser cette baisse, la hausse de 1,7 point de CSG au 1er janvier rapportera un total de 20,7 milliards d'euros. Pour le gouvernement, ce changement va redonner "7 millions d'euros de pouvoir d'achat" aux actifs. Pour les fonctionnaires, le gouvernement s'est engagé à compenser la hausse de la CSG, et réserve 3 milliards d'euros à ce poste.

Finances publiques

Pour ce projet de loi de finances 2018, le gouvernement envisage de baisser de quelque 15 milliards d'euros les dépenses publiques, soit une baisse de 0,7 point du taux de dépense publique. Sur ces 15 milliards, sept milliards seront économisés au niveau de l'Etat et trois pour les collectivités locales.

Les dotations des ministères vont également être revues : si la dotation globale augmente un peu, passant de 236 à 240,5 milliards d'euros, ils sont redistribués pour favoriser les priorités du gouvernement. La Défense par exemple gagne 1,8 milliard d'euros (avec un objectif de gagner 8,6 milliards d'ici 2022), et l'Education 1,3 milliard. En revanche, les budgets du Logement et de l'Emploi sont largement amputés, respectivement de 1,7 et 1,5 milliard d'euros.

Pour économiser, l'Etat compte aussi supprimer 1.600 équivalents temps plein (ETP), dont 354 qu'il emploie directement et 1,276 pour ses opérateurs (publics ou privés, comme Pôle Emploi par exemple). Quelque 1.648 postes de fonctionnaires seront par ailleurs supprimés à Bercy, et 828 au ministère de la Transition écologique. En revanche, 1.870 postes seront créés dans les postes de sécurité, 1.000 à la Justice et 518 dans les armées.

Croissance et déficit

C'est un engagement pris par le gouvernement : continuer à faire baisser le déficit public. Après une année 2017 à 2,9% (donc en-dessous de la limite européenne de 3%), le déficit va reculer à 2,6%. Ce qui permettra à la dette publique de se stabiliser à 96,8% du PIB, avant un recul espéré à partir de 2019. La croissance, quant à elle, devrait atteindre 1,7% en 2018, soit la même estimation que pour 2017.

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