Économie – Social

Déficit et croissance : la France fixe ses objectifs jusqu'en 2017

France Bleu mercredi 23 avril 2014 à 8:43 Mis à jour le mercredi 23 avril 2014 à 12:20

Michel Sapin, le ministre des Finances
Michel Sapin, le ministre des Finances © Maxppp

Ce mercredi, le gouvernement a présenté son "programme de stabilité" jusqu'en 2017, c'est-à-dire à la fois ses prévisions de croissance et ses objectifs budgétaires. La France doit absolument atteindre un déficit de 3% du PIB d'ici 2015 - un seuil de tolérance européen - et devra pour cela mettre en place son plan de 50 milliards d'euros d'économies.

C'est désormais une obligation pour tous les pays membres de la zone Euro : présenter un "programme de stabilité", un ensemble de prévisions sur la croissance et le budget, pour plusieurs années . La France s'est pliée à l'exercice ce mercredi : Michel Sapin, ministre des Finances publiques, et son secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a présenté les prévisions de croissance jusqu'en 2017, ainsi que les projections pour la même période en termes de finances publiques.

Pour ce qui est de la croissance, le gouvernement, comme annoncé dès mardi dans les Echos , prévoit une croissance de 1% pour l'année 2014 , une prévision "réaliste" selon le Haut conseil. La projection de 1,7% pour 2015 , de son côté, n'est "pas hors d'atteinte" selon cette même institution. En revanche, le rapport du Haut conseil des finances publiques est plus réservé sur les prévisions de 2016 et 2017, qui parient sur un retour à 2,25% de croissance par an.

Objectif : 3% de déficit en 2015

Le véritable enjeu viendra des annonces sur le déficit public : pour se plier aux exigeances européennes, la France n'a pas d'autre choix que d'atteindre un déficit inférieur ou égal à 3% du PIB. Selon les prévisions qui doivent être annoncées ce mercredi, ce seuil de tolérance sera tout juste atteint en 2015, après une prévision de 3,8% pour 2014 . Des projections en baisse : jusqu'à présent le gouvernement tablait sur 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015 : la faute à un déficit plus élevé que prévu en 2013, à 4,3% au lieu des 4,1% attendus.

L'arme des pouvoirs publics pour ramener le déficit au seuil européen, ce sont les 50 milliards d'euros d'économies , qui devraient être à nouveau évoqués. Un chiffre qui fait débat, entre des députés de droite qui veulent faire jusqu'à 80 milliards d'économies, un groupe de députés PS qui veut ramener le montant à 35 milliards, et d'autres députés qui ont proposé un "parcours alternatif" pour éviter de toucher aux prestation sociales. Reçus mardi par Manuel Valls, ils ont jugé avoir "été entendus" , selon le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux.

L'augmentation des dépenses de santé limitée

Le pacte de responsabilité, quant à lui, devrait "générer 200.000 emplois supplémentaires " d'ici à 2017 , selon la présentation de Michel Sapin devant le Conseil des ministres. Ces allègements de cotisations fiscales et patronales doit "majorer la croissance de 0,5% " avant la fin du quinquennat, a annoncé le ministre. 

La hausse des dépenses de santé va être limitée à 2% en moyenne, par année , sur les trois années 2015, 2016 et 2017. A titre de comparaison, elle s'élevait en 2014 à 2,4%. C'est la première fois depuis 1997 que cette limite est égalée. Cela devrait représenter "environ trois milliards d'euros d'économies supplémentaires ", sur le total de 10 millions d'euros que doit économiser l'assurance maladie. 

Les effets négatifs vont-ils arriver plus vite que les effets positifs ?

Entre les prévisions de croissance à la hausse et celles de déficit à la baisse, le Haut conseil des finances publiques explique qu'il existe un risque de déséquilibre . En termes techniques, le rapport affirme qu'il "existe un risque que les effets positifs sur l'emploi et les salaires de la politique d'offre n'atténuent pas les effets négatifs sur l'activité de la consolidation budgétaire à la hauteur et au rythme de ce qui est prévu ". 

En clair, cela signifie que les baisses de dépenses publiques vont très rapidement faire sentir leurs effets sur la croissance de la France, alors qu'en contrepartie, les mesures incitatives - c'est-à-dire les baisses de cotisations et de fiscalité - n'auront un effet sur la relance de l'activité qu'à sur un plus long terme.