Économie – Social

Déficit public : le scénario noir de la Cour des comptes

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 17 juin 2014 à 10:15

Didier Migaud, président de la Cour des comptes
Didier Migaud, président de la Cour des comptes © MaxPPP

La Cour des comptes se montre beaucoup moins optimiste que le gouvernement quant à l'avenir du déficit public, dans son rapport annuel sur les perspectives financières de la France publié mardi.

Le redressement des comptes publics annoncé par le gouvernement est lourdement remis en question mardi par la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques.

Déficit public à 4%

Selon les prévisions de la Cour des comptes, le déficit public de la France s'établira à 4% du produit intérieur brut, voire un peu plus, fin 2014. Bien plus que les 3,8% annoncés par le gouvernement dans sa course aux objectifs européens. "Si ce risque se concrétisait, la trajectoire des finances publiques pour les années 2015-2017 s'en trouverait fragilisée" , assure la Cour.

Économies "peu documentées"

La Cour des comptes déplore que 30 des 50 milliards d'économies sur la dépense publique annoncés d'ici 2017 soient "peu documentées". D'autres économies escomptées sont même incertaines, puisqu'elles dépendent d'administrations dont l'État ne maîtrise pas les dépenses. Par exemple, les régimes complémentaires d'assurance vieillesse, l'Unedic, et surtout les collectivités territoriales censées réaliser 11 milliards d'économies d'ici 2017.

Réduction du nombre de fonctionnaires

Pour redresser les finances publiques, la Cour des comptes répète certaines recommandations, et notamment le recours aux "leviers" d'économies. Parmi ces leviers : la réduction de la masse salariale, ou un allongement de la durée du temps de travail des fonctionnaires. La Cour des comptes réaffirme aussi sa certitude qu'un recours plus général à la chirurgie ambulatoire permettrait de réaliser jusqu'à 5 milliards d'euros d'économies, ou que les collectivités pourraient dépenser moins en réformant leur méthode d'achats publics.  

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